jeudi 28 décembre 2017

Le voleur d’un soir de lune

« Le voleur parti
N’a oublié qu’une chose
La lune à la fenêtre. »

– Ryôkan, extrait du livre : Contes Zen : Ryôkan, le moine au coeur d’enfant, traduction du japonais et composition par Claire S. Fontaine, Paris : Le Courrier du Livre, 2001, p. 182

mardi 26 décembre 2017

À la gloire d’un éventail blanc

« C’est dans la partie blanche de l’éventail
Là où rien n’est inscrit
Que gît le véritable sens
Les touches de rouge, de vert n’ont pas de signification
Là où rien n’est dessiné, tout est révélé
La fleur, la lune, et même une magnifique demeure. »

– Ryôkan, extrait du livre : Contes Zen : Ryôkan, le moine au coeur d’enfant, traduction du japonais et composition par Claire S. Fontaine, Paris : Le Courrier du Livre, 2001, p. 159

Commentaire : Pétri de l’esprit du Zen, ce poème nous dit que c’est à l’instant où il n’y a plus « rien », où tout objet d’attachement a disparu, que tout peut se révéler.

jeudi 21 décembre 2017

Paroles d’amour

« Quand l'on dit des paroles d'amour en présence d'êtres vivants, ce qui est le plus important, c'est de laisser surgir les mots d'amour qui se sont réfléchis au fond d'un coeur de compassion, vaste et généreux.

Les paroles d'amour peuvent augmenter si l'on aime les prononcer. Alors surgiront des mots d'amour inattendus et inconnus de nous. »

– Dôgen, Shôbôgenzô, extrait du livre : Contes Zen : Ryôkan, le moine au coeur d’enfant, traduction du japonais et composition par Claire S. Fontaine, Paris : Le Courrier du Livre, 2001, p. 55

mardi 19 décembre 2017

Les quatre états d’esprit zen

« Les quatre états fondamentaux de l'esprit zen dans sa perception des instants sans but de la vie.

Sabi, c’est la solitude dans le sens bouddhique du détachement, la conception des choses selon laquelle elles s’accomplissent « d’elles-mêmes » dans une miraculeuse spontanéité. Il s’y mêle la sensation de quiétude profonde et infinie qui accompagne une chute de neige durable, engloutissant tous les bruits dans des couches répétées de douceur.

Neige fondue qui tombe;
Insondable, infinie
Solitude.


Wabi, c’est le fait de reconnaître soudainement la fidèle « naturalité » des choses très ordinaires, en particulier lorsque l’incertitude du futur a momentanément freiné notre ambition, c’est peut-être l’état d’esprit exprimé par :

Désolation de l’hiver;
Dans la cuve d’eau de pluie,
Les moineaux se promènent.


Aware n’est ni exactement chagrin, ni exactement nostalgie dans le sens d’aspiration au retour d’un passé bien-aimé. C’est le moment critique entre l’instant où l’on perçoit avec tristesse et regret le caractère transitoire du monde, et l’instant où il apparaît comme la vraie forme du Grand Vide :

Le torrent se cache
dans les herbes
De l’automne qui s’en va.

Les feuilles qui tombent
S’amoncellent les unes sur les autres;
La pluie cingle la pluie.


Yugen est une sorte de mystère, le plus délicat à expliquer, et seuls les poèmes peuvent le traduire :

La mer s’assombrit;
Les voix des canards sauvages
Sont légèrement blanches.

Dans le brouillard épais,
Que crie-t-on
Entre colline et navire?

Une truite saute;
Des nuages passent
Dans le lit du torrent. »

– Extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 205-207

jeudi 14 décembre 2017

L’esprit mortifère

« L’esprit est le grand assassin du réel. »
maître tibétain

Commentaire d’Edgar Morin :

« Cette formule me semble très forte parce que je pense que l’esprit trahit toujours la réalité, la dénature, la transmute. C’est l’esprit qui nous sert à communiquer avec la réalité; mais en vérité, c’est ce qui nous empêche de la voir. Les idées trahissent ce qu’elles traitent, et, pourtant, nous en avons besoin. La formulation est forte parce qu’« assassin du réel », pour moi, c’est beau et c’est fort, cela va beaucoup plus loin que trahir la réalité : ça la tue. Je pense qu’il y a quelque chose de mortifère dans l’esprit. S’il se fait un système d’idées qu’il prend pour le monde, alors il mutile le monde sans savoir ce qu’il fait. »

– Edgar Morin, « L’Orient, notre refoulé : entretien avec Edgar Morin », dans L’Orient intérieur : la sagesse importée, sous la direction de Marc de Smedt, Paris : Éditions Autrement, 1985, p. 29-30

mardi 12 décembre 2017

Rien n’est à faire, tout est à défaire

« Quelque chose doit être vu et connu, une erreur dissipée, une « torche apportée dans les ténèbres ». Il faut que le monde illusoire contemplé dans le rêve s’écroule. »

– Alexandra Davie-Néel, « Attention ! », dans L’Orient intérieur : la sagesse importée, sous la direction de Marc de Smedt, Paris : Éditions Autrement, 1985, p. 75

jeudi 7 décembre 2017

Laisser aller l'esprit

« Au lieu de tenter de purifier ou de vider son esprit, il faut simplement le laisser aller, car l’esprit n’est pas un objet pouvant être saisi. Laisser aller l’esprit, c’est aussi donner libre cours aux séquences de pensées et d’impressions qui vont et viennent, sans les entraver, sans les retenir ni les orienter. »

– Hui-neng (637-713), Sixième Patriarche du Zen, extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 109

mardi 5 décembre 2017

Rien de spécial

« Avant d’étudier le Zen pendant trente années, je voyais les montagnes comme des montagnes et les eaux comme des eaux. Lorsque je parvins à une connaissance plus intime, je n’arrivais plus à voir les montagnes comme des montagnes et les eaux comme des eaux. Mais maintenant que j’ai pénétré la vraie substance, je suis en paix. Je recommence à voir les montagnes comme des montagnes et les eaux comme des eaux. »
– Ch’ing-yüan

« Je n’ai pas obtenu la moindre chose de l’Éveil incomparable, parfait, et c’est précisément pour cette raison qu’on l’appelle « Éveil incomparable, parfait ». »
– Bouddha dans Vajracchedika

– Extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 141

jeudi 30 novembre 2017

Puer le Zen

« Lorsqu’on étudie ou lorsqu’on pratique le Zen, il n’est pas besoin de songer à la doctrine. Comme le vieux maître le dit, être pris dans le filet des notions et des termes zen, c’est « puer le Zen ». C’est pourquoi les maîtres en parlent aussi peu que possible, préférant jeter la réalité concrète directement devant nous. »

– Extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 142

mardi 28 novembre 2017

Le non-agir

« Les choses sont mues par les propriétés inhérentes à la substance qui les composent. Le monde et les êtres qui le constituent se meuvent, aussi, selon leurs lois propres et celui qui croit diriger leur organisation et leur mouvement s’abuse, ne voyant pas que lui-même est pris dans le jeu inéluctable des éléments divers formant le monde parce que lui-même est un de ces éléments. Le sage sait cela et « en se mouvant, il reste immobile; en agissant, il n’agit pas. »

– Extrait du livre d’Alexandra David-Néel et du Lama Yongden, La puissance du néant (roman tibétain), Librairie Plon, 1978, p. 154

jeudi 23 novembre 2017

Anecdotes zen

« La plus grande part de la littérature Zen consiste en anecdotes (…). Elles visent toujours à mettre brusquement le questionneur dans un état de conscience particulier ou à éprouver la profondeur de son entendement. C’est pourquoi elles peuvent difficilement être « expliquées » sans risque de gâter leur effet. Elles ont à certains égards une analogie avec les mots d’esprit qui manquent leur effet lorsque le trait d’humour qu’ils comportent requiert une explication. Il faut le saisir immédiatement, ou pas du tout. »

« Je n’ai pas la paix de l’esprit, dit Hui-ko, pacifiez, je vous en conjure, mon esprit!
Apporte ton esprit ici devant moi, répliqua Bodhidharma, et je le pacifierai!
Mais lorsque je le cherche, dit Hui-ko, je ne le trouve pas.
Ça y est! rétorqua Bodhidharma, j’ai pacifié votre esprit. »

– Extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 102-103

mardi 21 novembre 2017

Les termes absurdes dans le zen

« Le rôle de ces termes absurdes est d’attirer notre attention sur le fait que la logique et la signification, par leur inhérente dualité, sont une propriété de la pensée et du langage, mais non du monde réel. Le monde concret, non-verbal, ne comporte ni classe, ni symbole ayant une signification autre que la leur propre. En conséquence, il ne comporte pas de dualité puisque la dualité n’apparaît que lorsqu’on classifie, que lorsque nous rangeons nos expériences dans des cases mentales, et une case n’est une case que si elle possède un intérieur et un extérieur.  »

– Extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 88

jeudi 16 novembre 2017

Résumé célèbre de la doctrine du Bouddha

« Seule existe la souffrance et non celui qui souffre;
Il y a l’action, mais non pas son auteur;
Le nirvana est, mais non celui qui le poursuit;
Il y a le Chemin, mais non le voyageur. »

– Cité dans le Visuddhimagga, extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 70

mardi 14 novembre 2017

Juste tel qu’il est

« Une vive attention dirigée vers l’expérience personnelle directe, vers le monde tel qu’il est perçu immédiatement, de manière à ne pas se laisser induire en erreur par les noms et les classifications. »

– Cité dans le Visuddhimagga, extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 66

jeudi 9 novembre 2017

Fameuse définition du Zen

« Lorsque tu as faim, mange; lorsque tu es fatigué, dors.  »

– Po-chang, extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 115

mardi 7 novembre 2017

Même lorsqu'elles tombent
Les feuilles ne semblent pas tristes


Photo : Chartrand Saint-Louis

Printemps –
Le vent montagnard m'est pénible.
Même lorsqu'elles tombent
Les fleurs ne semblent pas tristes.

– Musô (1275-1351), poème extrait du livre Zen: images, textes et enseignements, Sélection des textes : Miriam Levering et Maryse et Masumi Shibata, Éditions Gründ, 2002, p. 60

jeudi 2 novembre 2017

Vase clos

« Toutes nos explorations physiques et mentales s’effectuent en vase clos, ce vase clos étant notre individu matériel et spirituel. Nous ne sortons jamais de nous-mêmes. Pensées, perceptions, sensations sont conditionnées par la substance matérielle et spirituelle dont nous sommes faits, il ne peut y avoir d’évasion hors de soi-même ni d’évasion hors du monde où l’on vit, car ce monde n’est pas hors de nous, il est en nous. »

– Alexandra David-Néel, Le sortilège du mystère, Librairie Plon, 1972, p. 134

mardi 31 octobre 2017

Parabole tibétaine concernant la personne

« Une "personne" ressemble à une assemblée composée d’une quantité de membres. Dans cette assemblée, la discussion ne cesse jamais. Parfois, un de ses membres se lève, prononce un discours, préconise une action; ses collègues l’approuvent et il est décidé qu’il sera fait suivant ce qu’il a proposé. D’autres fois, plusieurs membres de l’assemblée se lèvent ensemble, proposent des choses différentes et chacun d’eux appuie ses propositions sur des raisons particulières. Il arrive que ces divergences d’opinions et la passion que chacun des orateurs apporte dans le débat, suscitent des querelles, de violentes querelles, même, au sein de l’assemblée. On en vient à se battre entre collègues.

Il advient, aussi, que certains membres de l’assemblée la quittent d'eux-mêmes; d’autres sont graduellement poussés au-dehors et d’autres, encore, sont expulsés, de force, par leurs collègues. Pendant ce temps, de nouveaux venus s’introduisent dans l’assemblée, soit en s’y glissant doucement, soit en enfonçant les portes.

On remarque, encore, que certains membres de l’assemblée dépérissent lentement; leur voix devient faible, on finit par ne plus l’entendre. Au contraire, d’autres qui étaient débiles et timides se fortifient et s’enhardissent; ils deviennent violents, vocifèrent leurs motions d’une voix tonitruante, ils font trembler leurs collègues, les dominent et finissent par s’instituer dictateurs.

Les membres de cette assemblée, ce sont les éléments physiques et mentaux qui constituent la "personne": ce sont nos instincts, nos tendances, nos idées, nos croyances, nos désirs, etc. Chacun de ceux-ci se trouve être, de par les causes qui l’ont engendré, le descendant et l’héritier de multiples lignes de causes, de multiples séries de phénomènes remontant loin dans le passé et dont les traces se perdent dans les profondeurs de l’éternité. »

C’est ainsi que les psychologues du Tibet expliquent les tendances contradictoires que nous éprouvons et, aussi, nos changements, graduels ou soudains, d’opinion et de conduite. »

– Extrait du livre d'Alexandra David-Néel, Le Bouddhisme du Bouddha, Éditions du Rocher, 1977, 1989, p. 316-317

jeudi 26 octobre 2017

Qu’est-ce que Zen?

« Ce n’est ni simplement une religion ni une philosophie : c’est quelque chose de plus : la Vie elle-même. Zen est une transmission spéciale (de conceptions et de méthodes) en dehors des Écritures canoniques, qui ne dépend point de textes. Ainsi que Bodhidharma l’a déclaré, Zen ne se soucie pas de disserter sur des notions abstraites telles que Dieu, la Vérité; ce que Zen demande au disciple, c’est de voir sa propre physionomie. »

– Extrait du livre d’Alexandra David-Néel, Le Bouddhisme du Bouddha, Éditions du Rocher, 1977, 1989, p. 306

« Il est à remarquer que le terme "zen", qui signifie "méditation" est devenu, dans l’usage courant, la dénomination de la doctrine professée par les disciples de Bodhidharma, un philosophe bouddhiste hindou qui se rendit en Chine vers l’an 520. »

mardi 24 octobre 2017

L’impermanence

« Le caractère transitoire n’est déprimant qu’à l’esprit qui s’entête à vouloir « saisir », mais pour celui qui se laisse aller au gré du courant, comme une balle dans un torrent de montagne, pour employer une métaphore du bouddhisme zen, la notion de l’éphémère ou de la vacuité devient une sorte d’extase. C’est peut-être pourquoi aussi, en Orient comme en Occident, l’impermanence est si souvent le thème de la poésie la plus profonde et la plus émouvante, si profonde et si émouvante que la splendeur du changement transparaît même lorsque le poète semble le regretter le plus vivement :

Demain, demain et encore demain,
Jour après jour sournoisement se faufile,
Jusqu’au dernier jour du temps irréversible,
Et tous nos jours enfuis montrèrent aux insensés
Le chemin de la mort. Éteinte, cette brève chandelle!
La vie n’est qu’une ombre éphémère, un pauvre acteur
Qui s’agite un moment sur la scène du temps
Pour disparaître ensuite : c’est une fable
Contée par un idiot, plein de verve et de rage,
Et qui ne signifie rien. »

– Extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 56-57

jeudi 19 octobre 2017

Credo bouddhique

« Toutes les formations (les agrégats) sont impermanentes. Il n’existe pas d’ego dans l’individu, il n’en existe en aucune chose. »

– Alexandra David-Néel, Le Bouddhisme du Bouddha, Éditions du Rocher, 1977, 1989, p. 290

mardi 17 octobre 2017

Assis paisiblement, sans rien faire

« Assis paisiblement, sans rien faire,
Le printemps vient, et l’herbe croît d’elle-même.

Ce « d’elle-même » est la façon d’agir naturelle de l’esprit et du monde, comme les yeux voient par eux-mêmes, comme les oreilles entendent par elles-mêmes, comme la bouche s’ouvre d’elle-même, sans que l’on ait à écarter les mâchoires de force. »

– Poème du Zenrin Kushu et commentaire d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 149-150

jeudi 12 octobre 2017

Clair-obscur



Photo : Chartrand Saint-Louis

mardi 10 octobre 2017

Devises d’Alexandra David-Néel

« Marche comme ton coeur te mène et selon le regard de tes yeux. »
(verset de la Bible)

« Soyez à vous-même votre propre lumière, soyez à vous-même votre propre refuge. »
(Dhammapada)

– Extrait du livre de Jean Chalon, Le lumineux destin d’Alexandra David-Néel, Paris : Librairie Académique Perrin, 1985, p. 28 et 64

jeudi 5 octobre 2017

L’esprit socialiste du bouddhisme

« L’esprit du bouddhisme est essentiellement socialiste, c’est-à-dire qu’il enseigne l’union d’actions combinées en vue d’une fin sociale. Il est totalement opposé à cet industrialisme avec sa lutte sans rémission, sans scrupule et sans pitié pour la richesse considérée comme l’objet suprême de l’effort humain, qui ronge les nations soi-disant à la tête du progrès… L’accumulation du capital entre les mains d’un petit nombre ne peut avoir aucune justification morale. »

– Lakshmi Narasu, L’Essence du bouddhisme, extrait du livre de Jean Chalon, Le lumineux destin d’Alexandra David-Néel, Paris : Librairie Académique Perrin, 1985, p. 184

mardi 3 octobre 2017

La connaissance de soi

« Refaites connaissance avec vous-même, apprenez à connaître ce que vous êtes réellement et abandonnez vos efforts hypocrites, votre manie insensée d’être autre chose que ce que vous êtes. »

– Max Stirner, L’Unique et sa propriété, extrait du livre de Jean Chalon, Le lumineux destin d’Alexandra David-Néel, Paris : Librairie Académique Perrin, 1985, p. 125

jeudi 28 septembre 2017

L’idée primordiale du bouddhisme

« Le bouddhisme dit au malheureux étreint par la douleur : « Combats la souffrance, cesse d’être la victime de ta propre stupidité. Tes erreurs, tes préjugés sont les divinités des ténèbres sur l’autel de qui tu immoles le meilleur de ta vie. Apprends à connaître la nature des choses qui t’environnent, à te connaître toi-même. Rends-toi intelligent et la connaissance te fera « libre et heureux ». »

– Alexandra David-Néel, extrait du le livre de Jean Chalon, Le lumineux destin d’Alexandra David-Néel, Paris : Librairie Académique Perrin, 1985, p. 88

mardi 26 septembre 2017

La non-réalité de l’ego

« Parce que nous nous abusons nous-mêmes en croyant à la réalité de notre ego, nous vivons inévitablement dans l’aliénation et le conflit. C’est par suite de cette aliénation que nous voyons les forts vaincre les faibles et les faibles préférer l’esclavage à la mort. Pourtant, lorsqu’ils sont délivrés de l’erreur, les êtres humains tendent naturellement à se rapprocher. »

– Yasutani-roshi, extrait du livre de Philip Kapleau, Les trois piliers du zen, Paris : Éditions Almora, 2006, p. 206

jeudi 21 septembre 2017

Le vent mauvais de l’injustice et de la haine

« Lorsque le vent froid de l’hiver glace les lacs et dessèche l’herbe qui nourrit les troupeaux, lorsqu’il se déchaîne en rafales amenant les tourmentes de neige, hommes et bêtes ressentent ses effets. De même, lorsque souffle le vent mauvais de l’injustice et de la haine, nul ne peut se dire à l’abri de ses effets. »

– Alexandra David-Néel, Le Lama aux cinq sagesses, Plon, Presses Pocket, 1977, p. 340

mardi 19 septembre 2017

La figure de l’avenir

« Sais-tu quelle figure a l’avenir lorsqu’on le regarde?

Elle ressemble à la danse des poussières dans l’air, le long des routes, par les jours de sécheresse. Elles sont là au repos sur la route, elles existent, prêtes à répondre à l’incitation qui les mettra en mouvement. Le vent passe et les voilà qui se soulèvent, voyagent et dansent, se rapprochant, se heurtant, formant des groupes, des dessins imprécis qui se défont avant qu’on ait eu le temps de reconnaître à quoi ils ressemblaient. »

– Alexandra David-Néel, Le Lama aux cinq sagesses, Plon, Presses Pocket, 1977, p. 212

jeudi 14 septembre 2017

L’amour est dans les prés



Photo : Chartrand Saint-Louis
(photo prise à la ferme Cassis et Mélisse,
Saint-Damien-de-Buckland (Chaudière-Appalaches))

mardi 12 septembre 2017

Un vent de fraîcheur

« Dans le cercle du quotidien, dans les tâches réitérées chaque jour mais chaque jour différentes, doit souffler un vent de fraîcheur, fraîcheur qui naît de la découverte, de l'approfondissement de ce que l'on considère trop souvent comme acquis. »

– Taisen Deshimaru, maître zen, extrait du livre Le trésor du zen, textes de Maître Dôgen (XIIIe siècle), traduits et commentés par Taisen Deshimaru et présentés par Evelyn de Smedt, Paris : Albin Michel, 2003, p. 239

jeudi 7 septembre 2017

La faculté de discerner le vrai du faux

« Chez la plupart des gens, la faculté de discerner le vrai du faux est une vertu rare; à un sourire, à une gentillesse, on répond aussitôt, sans être capable de discerner l’authentique amabilité de l’hypocrisie. Comment comprendre, par-delà les paroles, le fond de la pensée qui se dissimule? Comment pénétrer l’authentique visage qui se masque d’un sourire? Ce manque de discernement est une faiblesse par rapport à soi-même; on préfère chercher le contentement et se satisfaire de superficialité plutôt que de pénétrer plus loin dans l’authenticité, dont la révélation n’est pas toujours pour conforter l’ego.

Pour apercevoir la vraie réalité, il ne faut pas avoir la faiblesse de choisir entre le plaisir et le déplaisir; il faut être hishiryo, sans notion d’agrément ou de désagrément. »

– Taisen Deshimaru, maître zen, extrait du livre Le trésor du zen, textes de Maître Dôgen (XIIIe siècle), traduits et commentés par Taisen Deshimaru et présentés par Evelyn de Smedt, Paris : Albin Michel, 2003, p. 171

mardi 5 septembre 2017

jeudi 31 août 2017

Les traductions du mot « zen »

« Zen » est la prononciation du mot chinois « chan », qui est lui-même une transcription phonétique du mot prakrit « jhana ». L’équivalent sanskrit de « jhana » est « dhyana » qui signifie « penser ». (…) Le mot « zen » apparaît pour la première fois dans la Chandogya Upanishad. Dans les premières traductions du sanskrit en chinois, le mot fut rendu par « pensée et pratique ». Les traductions plus tardives adoptèrent le terme « réflexion paisible ». La première expression signifie concentrer l’esprit sur un objet unique, y réfléchir profondément puis mettre cette réflexion en pratique. La seconde expression faisait référence à la pratique qui consiste à mettre son esprit au repos de manière à voir les choses avec plus de clarté. « Zen » a également été traduit par «  », c’est-à-dire fixe, stable. Ce terme renvoyait au fait de fixer son esprit sur un objet unique de façon à le libérer de toute distraction. »

– Kohô Chisan, Le bouddhisme zen Sôtô, Vannes : Sully, 2006, p. 39-40

mardi 29 août 2017

L’origine du zen

« Le zen, comme le bouddhisme lui-même, est un produit de l’Inde. Cependant, son ancienneté est bien plus grande que celle du bouddhisme. Son origine est liée à l’habitude des philosophes indiens d’échapper à la chaleur en s’établissant dans les forêts. Là, ils passaient leur temps en méditation et dans l’observance de cérémonies religieuses. Cette pratique consistant à s’asseoir dans une posture définie, sous un grand arbre, pour méditer était considérée comme un exercice religieux agréable. Le développement ultime en fut le zazen, la forme de méditation pratiquée dans l’école zen. »

– Kohô Chisan, Le bouddhisme zen Sôtô, Vannes : Sully, 2006, p. 39

jeudi 24 août 2017

Les paradoxes du zen

« Au milieu de rien, on trouve une richesse inépuisable », « D’abord la grande mort, et ensuite la grande vie », « Même si vous êtes séparé du Bouddha depuis des périodes incommensurables, vous ne l’avez pas quitté une minute ; même si vous êtes en face de lui à longueur de journée, vous ne lui avez pas fait face un seul instant ». (…) De telles phrases sont innombrables. Ces paradoxes obligent celui à qui ils sont destinés à prendre conscience des limitations de la logique et à trouver le moyen de sortir de l’impasse. »

– Kohô Chisan, Le bouddhisme zen Sôtô, Vannes : Sully, 2006, p. 117

jeudi 17 août 2017

Paroles de sagesse

« Prêtez l’oreille aux paroles de sagesse, ne vous souciez pas de celui qui les prononce. »

– Extrait du livre d’Alexandra David-Néel, L’Inde où j’ai vécu, Presses Pocket, 1989, p. 301

mardi 15 août 2017

La fuite du temps

« Faire de chaque instant un moment plein, en accomplissant la chose importante de cet instant, sans rien remettre au lendemain. L’ici et maintenant doit être complet, parachevé. Ainsi n’aurons-nous pas à regretter la fuite du temps. »

– Taisen Deshimaru, maître zen, extrait du livre Le trésor du zen, textes de Maître Dôgen (XIIIe siècle), traduits et commentés par Taisen Deshimaru et présentés par Evelyn de Smedt, Paris : Albin Michel, 2003, p. 54

dimanche 13 août 2017

mardi 8 août 2017

La tranquillité dans quelque coin solitaire

« Dès que la moindre parcelle de sagesse est entrée dans l’esprit d’un homme il aspire à la solitude. »

– Extrait du livre d’Alexandra David-Néel, Au coeur des Himalayas : Le Népal, Paris : Éditions Payot & Rivages, 2004, p. 125

samedi 5 août 2017

Hymne au soleil (Akhenaten) (Philip Glass; Paul Esswood)

L'excellent contre-ténor Anthony Roth Costanzo chantait ce soir ce très bel Hymne au soleil (“Hymn to the Sun”) tiré de l’oeuvre de Philip Glass, “Akhnaten” au Palais Montcalm de Québec avec l‘orchestre de chambre Les Violons du Roy. Ce fut sublime! Ce jeune chanteur a totalement conquis le public québécois. D’ici un an, il sera possible de se procurer un enregistrement sonore de sa fameuse prestation.

Je donne à entendre cette version magnifiquement interprétée par le ténor Paul Esswood.

jeudi 3 août 2017

La goutte de rosée

« Notre vie,
À quoi peut-on la comparer ?
À la goutte de rosée
Secouée du bec de l’oiseau aquatique,
Où se mire le reflet de la lune. »

– Dôgen, extrait du livre Le trésor du zen, textes de Maître Dôgen (XIIIe siècle), traduits et commentés par Taisen Deshimaru et présentés par Evelyn de Smedt, Paris : Albin Michel, 2003, p. 54

mercredi 2 août 2017

jeudi 27 juillet 2017

Par le son d’un caillou, j’ai tout oublié

« Par un coup, par le son d’un caillou,
Par le son d’un bambou,
J’ai tout oublié. J’en ai fini avec toute l’intelligence
qui emplissait mon cerveau.
Mes complications ont pris fin. »

– Kyogen, extrait du livre Le trésor du zen, textes de Maître Dôgen (XIIIe siècle), traduits et commentés par Taisen Deshimaru et présentés par Evelyn de Smedt, Paris : Albin Michel, 2003, p. 139

mardi 25 juillet 2017

jeudi 20 juillet 2017

L’ami spirituel

« L’ami spirituel est l’agent le plus fondamental de l’éveil de notre potentiel, en ce sens qu’il nous guide sur le chemin, nous explique les enseignements et les pratiques, et est pour nous l’exemple même de la personne totalement honnête et intrépidement résolue à travailler avec la confusion des autres. »

– Dzogchen Ponlop Rimpoché, Bouddha rebelle : Sur la route de la liberté; traduit de l'américain par Philippe Delamare, Paris : Marabout, 2016, p. 222

mardi 18 juillet 2017

jeudi 13 juillet 2017

L’art véritable est sans but

« L’art véritable est sans but, sans intention. Plus obstinément vous persévérerez à lâcher la flèche en vue d’atteindre sûrement un objectif, moins vous y réussirez, plus le but s’éloignera de vous. Ce qui pour vous est un obstacle, c’est votre volupté trop tendue vers une fin. Vous pensez que ce que vous ne faites pas par vous-même ne se produira pas. »

– Kenzo Awa, maître de l’arc, extrait du livre Le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc (E. Herrigel), 1998, c1970, Paris : Dervy-Livres (préface de D.T. Suzuki), p. 55-56

mardi 11 juillet 2017

Arbre parasol


Photo: Chartrand Saint-Louis

jeudi 6 juillet 2017

Le zen, c'est perdre...

« Le zen, c'est perdre, c'est se ruiner soi-même. »

– Dôgen, extrait du livre Le trésor du zen, textes de Maître Dôgen (XIIIe siècle), traduits et commentés par Taisen Deshimaru et présentés par Evelyn de Smedt, Paris : Albin Michel, 2003, p. 120

mardi 4 juillet 2017

L’expérience de la vacuité

« Nous sommes ligotés depuis longtemps par la corde de l’attachement au soi, et lorsque nous la coupons, nous éprouvons un sentiment de pure joie d’être libres. La vacuité n’est pas un lieu désert où tout le monde se désole et se plaint de quelque chose – ça, c’est notre vie ordinaire. »

– Dzogchen Ponlop Rimpoché, Bouddha rebelle : Sur la route de la liberté; traduit de l'américain par Philippe Delamare, Paris : Marabout, 2016, p. 167

jeudi 29 juin 2017

mardi 27 juin 2017

L’acte respiratoire

« Après l’inspiration, refoulez doucement le souffle, pendant un moment, conservez-le en cet endroit, ainsi la paroi abdominale se tendra modérément. Ensuite, expirez à fond le plus lentement et le plus régulièrement possible : à nouveau, inspirez vivement après une brève pause et continuez ainsi en alternance d’inspiration et d’expiration dont le rythme s’établira tout doucement de lui-même. »

– Kenzo Awa, maître de l’arc, citation puisée dans Le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc (E. Herrigel), 1998, c1970, Paris : Dervy-Livres (préface de D.T. Suzuki), p. 39

vendredi 16 juin 2017

Parc du Bois-de-Coulonge

Photos prises non loin du belvédère et de son pavillon. Vue sur le port de plaisance du Yacht-Club de Québec.



Photos: Chartrand Saint-Louis

mercredi 14 juin 2017

La vérité du zen

« Lorsqu’on l’interrogea sur la vérité du zen, un maître répondit : « Excusez-moi, je dois uriner. Rendez-vous compte, une telle bagatelle, je dois la faire moi-même! » »

– citation puisée dans le livre de Philip KAPLEAU, Questions zen, Paris : Éditions du Seuil, 1992, p. 169

lundi 12 juin 2017

L’Incompréhensible

« Qu’il est terrible de veiller sur un homme, qui a l’Incompréhensible à sa portée, ne sait que faire, et s’assoit pour jouer avec un jouet appelé Dieu. »

– Dostoïevski, citation puisée dans le livre de Philip KAPLEAU, Questions zen, Paris : Éditions du Seuil, 1992, p. 333

vendredi 9 juin 2017

La plus haute activité

« Dans l'Art d’aimer, Erich Fromm examine le terme « actif » tel que l’utilise communément notre société. Il souligne que l’action d’une personne importe moins que sa motivation sous-jacente. Une personne poussée au travail incessant par insécurité, solitude ou avidité, par exemple, est l’esclave de ses passions, un objet passif, agi. En revanche, une personne assise en méditation concentrée est engagée dans la « plus haute activité qui soit, une activité de l’âme, qui n’est possible qu’à la condition d’être libre intérieurement et indépendant ». »

– citation puisée dans le livre de Philip KAPLEAU, Questions zen, Paris : Éditions du Seuil, 1992, p. 285

mercredi 7 juin 2017

Le comportement juste

« Regardez dans votre propre coeur-esprit, en réfléchissant attentivement à tous les aspects de votre situation existentielle et aux répercussions que votre action peut avoir sur votre famille et sur la société dans son ensemble. Une fois que les niveaux supérieurs de la conscience, qui soupèsent et analysent, seront parvenus au repos, le comportement « juste » vous apparaîtra clairement. Et, lorsqu’une telle action s’accompagne d’un sentiment de paix intérieure, vous pouvez être sûr de ne pas divaguer. »

– Philip KAPLEAU, Questions zen, Paris : Éditions du Seuil, 1992, p. 320

lundi 5 juin 2017

Le véritable amour

« Le véritable amour ne prétend pas aimer. Il aime silencieusement, spontanément, comme une plante se tourne vers le soleil. »

– Philip KAPLEAU, Questions zen, Paris : Éditions du Seuil, 1992, p. 257

vendredi 2 juin 2017

Lart, la religion et la philosophie

« L’art, la religion et la philosophie sont des illusions inventées par l’homme, des armes dans son combat pour l’emporter sur lui-même et ses semblable. »

– Nietzsche, citation puisée dans le livre de Philip KAPLEAU, Questions zen, Paris : Éditions du Seuil, 1992, p. 335

vendredi 26 mai 2017

La foi authentique

« La foi authentique est simplement la confiance en soi-même, en son intelligence et en sa compréhension personnelles, qui s'étend alors au chemin que l'on parcourt. Mais on doit trouver sa propre voie, parce qu'il n'existe pas de chemin spirituel « en prêt-à-porter ». On découvre cette voie par l'examen et le questionnement, et par la curiosité intuitive de son coeur. »

– Dzogchen Ponlop Rimpoché, Bouddha rebelle : Sur la route de la liberté; traduit de l'américain par Philippe Delamare, Paris : Marabout, 2016, p. 61

mercredi 17 mai 2017

dimanche 14 mai 2017

Vieillir

« Un moment arrive où il convient d’exercer à son propre égard une extrême vigilance. Le corps se fatigue et cherche à monopoliser l’attention. Son désir vise à établir sa souveraineté et à réduire en esclavage le cavalier dont il est la monture. Toutefois, il réagit suivant l’attitude qu’on prend envers lui. Gâté tel un gamin capricieux, il se voudra monarque; traité avec gentillesse et humour, il puisera constamment en lui-même des énergies nouvelles. (...) Celui qui n’éprouve pas le goût de la culture, de l’écriture, des livres, de l’art – musique ou peinture – va saisir la seule évasion qui s’offre à lui : le souci et le soin exclusifs de son corps. »

– Marie-Madeleine DAVY, Traversée en soliaire, Albin Michel, 1989

Érythrone d'amérique





Source d'informations : http://floreduquebec.ca/erythronium-americanum
Photos : Chartrand Saint-Louis et Albert

samedi 13 mai 2017

Le noble sentier

« L'adoption d'un comportement responsable, ou la vertu;
Le recueillement mental, ou la méditation;
Le développement d'une compréhension clairvoyante en accord avec la réalité, ou la sagesse. »

L'esprit est son propre médecin : le pouvoir de guérison de la méditation, édité par Jon Kabat-Zinn et Richard Davidson avec Zara Houshmand, Laval : G. Saint-Jean, 2014, p. 36

vendredi 12 mai 2017

Distinction entre le point de bascule et celui de non-retour

« En franchissant le cap des 350ppm, nous avons dépassé un seuil, nous « avons basculé » dans une zone de dangerosité climatique. Il y a certes déjà un prix à payer pour avoir franchi cette limite, et nous devons donc revenir le plus tôt possible au seuil des 350ppm, pour éviter de nous diriger vers ce point de non-retour au-delà duquel le réchauffement climatiqe échapperait totalement à notre contrôle. »

– Steven GUILBEAULT, Alerte ! Le Québec à l'heure des changements climatiques, Montréal : Les Éditions du Boréal, 2009, p. 12

mercredi 10 mai 2017

Il n’y a pas de voie unique

« Ce qui réussit à une personne ne réussit pas forcément à une autre. Si ce qui est dit s’applique à vous, servez-vous-en; sinon, écartez-le. Il n’y a pas de voie unique, pas de « il faut » ou de « vous devriez ». (…) Vous devez trouver votre propre voie. »

– Philip KAPLEAU, Questions zen, Paris : Éditions du Seuil, 1992, p. 154-155.

lundi 1 mai 2017

Livres non écrits

« La véritable sagesse consiste en la capacité de lire des livres non écrits. Nietzsche a noté que, lorsque sa vue devint trop faible pour qu'il pût lire des livres, il commença enfin à lire en lui-même. »

– Philip KAPLEAU, Questions zen, Paris : Éditions du Seuil, 1992, p. 56

vendredi 28 avril 2017

Chaque promenade est une création

« Quand on marche, il se passe deux choses : d’abord, le monde se met à exister, et on voit ce qu’on ne voyait pas; ensuite on fait prendre l’air à notre cerveau, et il arrive qu’on se mette à penser à ce qu’on ne pensait pas avant.

Quand on marche, on crée, avec une grande liberté, des liens nouveaux entre les choses et les gens. On fait exister le monde. »

– Bernard ÉMOND, Camarade, ferme ton poste et autres textes, Montréal : Lux Éditeur, 2017, p. 155

mercredi 26 avril 2017

Le labyrinthe du temps

« Nous sommes terrifiés à l'idée de nous égarer dans le labyrinthe du temps, ignorant que nous sommes perdus depuis le début de cette aventure. À quoi cela peut-il bien servir de marquer un chemin qu'on ne reprendra plus jamais ? »

– Dany LAFERRIÈRE, L'art presque perdu de ne rien faire, Montréal : Boréal, 2011, p. 24

dimanche 23 avril 2017

La conscience des manques

« Comme celle des vieux Inuits et des aînés de nos campagnes, la nostalgie que nous éprouvons d’un lieu et d’une époque mythiques est le signe d’un manque réel. La solidarité familiale et sociale nous manque; la dignité du travail nous manque; le lien avec la nature nous manque; le sentiment d’une histoire commune et de valeurs partagées nous manque. Nous aurions tort de rejeter ces sentiments comme passéistes : dans la conscience de ce manque et de ces pertes, il me semble y avoir la possibilité de regagner une partie de ce que nous avons perdu. Le retour en arrière n’est ni possible ni souhaitable. Mais s’il se trouvait, dans notre passé, des choses qui pourraient nous servir à sortir du présent clos qui nous enserre, nous aurions tort de ne pas y avoir recours. »

– Bernard ÉMOND, Camarade, ferme ton poste et autres textes, Montréal : Lux Éditeur, 2017, p. 60

vendredi 21 avril 2017

La sieste

« On m'apprend que la vie trépidante d'aujourd'hui ne peut tolérer cette perte sèche de temps qu'est la sieste, ce qui est une erreur car cette pause dans le cours du jour nous rend plus sensibles aux autres – et moins obsédés par nous-mêmes. La sieste est une courtoisie que nous faisons à notre corps exténué par le rythme brutal de la ville. »

– Dany LAFERRIÈRE, L'art presque perdu de ne rien faire, Montréal : Boréal, 2011, p. 16

lundi 17 avril 2017

Méthode de méditation

« Efforcez-vous de placer un point en face de votre conscience et de vous concentrer sur lui, que ce soit un koan, une phrase ou votre respiration. Les pensées perturbatrices affluent et, tandis que nous comptons les respirations, il peut arriver que nous oubliions le fait de compter. Avant d'être arrivé à trois ou quatre, d'autres pensées nous ont assailli. Si vous êtes dérangé de cette façon, n'essayez pas de suivre la pensée. Revenez au début. Si vous êtes interrompu avant d'avoir atteint dix, recommencez. Et après ne faites plus attention aux pensées parasites, continuez à compter. »

– Daisetz Teitaro SUZUKI, Derniers écrits au bord du vide, traduit de l'anglais et présenté par Philippe Moulinet, Paris: Albin Michel, 2010, p. 217-218

lundi 10 avril 2017

Le dernier souffle: au coeur de l'Hôtel-Dieu de Montréal

C'est un film très touchant.

Tout dans ce film est traité d’une manière intime, respectueuse et tendre. C'est un véritable cri du coeur pour la sauvegarde d'un établissement exceptionnel, ancré dans l'histoire de la Ville de Montréal.

Osons espérer que cet établissement conservera sa vocation hospitalière.

BANDE-ANNONCE | LE DERNIER SOUFFLE, AU COEUR DE L'HÔTEL-DIEU DE MONTRÉAL from Annabel Loyola on Vimeo.


Lien pour signer la pétition :
https://secure.avaaz.org/fr/petition/Coalition_Sauvons_lHotelDieu/?pv=5

Site du film La folle entreprise, sur les pas de Jeanne Mance, de la même réalisatrice.

jeudi 6 avril 2017

Le sens de la vie

« C'est la feuille verte ainsi que la feuille morte chassée par le vent; c'est l'amour et son incommensurable beauté; c'est la douleur de la solitude et la félicité du fait d'être seul. Le sens de la vie ne peut se mesurer, et l'esprit ne pourra jamais le découvrir. »

– Krishnamurti, Commentaires sur la vie : Qui êtes-vous ? Intégrale, J'ai lu, 2015, p. 564

samedi 18 mars 2017

Il n'y a pas de réponse si l'homme ne se met pas en question

« La réponse est au coeur même de la question que vous posez. Ne tentez pas d'obtenir une réponse de quiconque en questionnant. Ne comptez pas obtenir ce qui ne vous appartient pas. Ce qui vous fait poser la question prouve que la réponse est en vous. Le trésor que vous convoitez n'est pas en dehors, il est en vous.  »

– Daisetz Teitaro SUZUKI, Derniers écrits au bord du vide, traduit de l'anglais et présenté par Philippe Moulinet, Paris: Albin Michel, 2010, chap. XII

mercredi 15 mars 2017

Liberté d’expression : Guide d’utilisation

Liberté d’expression : Guide d’utilisation

Ce document a été rédigé et mis à jour par Charles Montpetit. Il "constitue une compilation non exhaustive de 643 auteur‐es et de 1222 œuvres diffusées en français qui ont fait l’objet de tentatives de censure, réussies ou non, de 1685 à nos jours au Canada."

La version mise à jour de l’Index (56 pages) est téléchargeable sur le site de Freedom to read.

mardi 14 mars 2017

Agri-Réseau

Agri-Réseau : Site spécialisé sur le monde agricole et agroalimentaire.
Plus de 15 000 documents, vidéos et billets d’intervenants et de producteurs.

Exemple de vidéo que l’on peut visionner sur ce site.

dimanche 5 mars 2017

Pluie, grêle, neige et glace

« Bien qu'il y ait distinction entre pluie, grêle, neige et glace,
Une fois fondues, il n'y a qu'une seule et même eau dans le vallon. »

- IKKYÛ, citation puisée dans le livre de Masumi SHIBATA, Les maîtres du zen au Japon, Paris : Maisonneuve et Larose, 2001, p. 88

mercredi 1 mars 2017

Se purger l'esprit, c'est vivre, c'est créer

« Comme il est nécessaire pour l'esprit de mourir à toute pensée, à tous les souvenirs d'hier, et à l'heure qui vient.

Il y a un grand bonheur dans le non-vouloir, dans le fait de n'être pas quelque chose, ou de ne pas aller quelque part. Lorsque l'esprit se purge de toute pensée apparaît enfin le silence de la création.

Se purger l'esprit c'est s'assurer de la tranquillité du coeur. »

– Krishnamurti, Commentaires sur la vie : Qui êtes-vous ? Intégrale, J'ai lu, 2015, extraits, p. 415 et 419

dimanche 26 février 2017

Le vide n’est pas le néant

« Le vide est visible. Il est une réalité. Le néant n’est rien, comme un zéro associé à un refus de penser. Le vide appelle une présence. »

– Benoît LACROIX, Rumeurs à l’aube, Éditions Fides, 2015, p. 25

dimanche 19 février 2017

La volonté de connaître

« Le simple fait d'étudier un sujet sérieusement et à fond est une violence volontaire contre la tendance foncière de l'esprit qui se dirige inlassablement vers l'apparence et la superficialité.

(...)

C'est cette aspiration à l'apparence, à la simplification, au masque, au manteau, bref à la surface — car toute surface est un manteau — que contrecarre la tendance plus noble à la connaissance, laquelle va et veut aller à la racine et à la complexité des choses. »

– Nietzsche, Par-delà bien et mal : Prélude d'une philosophie de l'avenir, Paris: Gallimard, 1971, p. 169 et 171

vendredi 17 février 2017

Le zen des toilettes

« Dans la vie quotidienne, on mange beaucoup de choses, bonnes ou mauvaises, sophistiquées ou simples, savoureuses ou fades. Ensuite, on doit aller aux toilettes. De même, après avoir rempli notre esprit, nous pratiquons zazen. Sans cela, notre pensée finirait par devenir très malsaine. Il est nécessaire de désencombrer notre esprit avant d'étudier quelque chose. C'est comme quand on dessine sur du papier blanc: si vous n'utilisez pas une feuille vierge, vous ne pourrez dessiner ce que vous voulez. Il est donc nécessaire de revenir à votre état originel dans lequel vous n'avez rien à voir, rien à penser. Alors, vous comprendrez ce que vous faites. »

– Shunryu SUZUKI, Libre de soi, Libre de tout, Paris: Éditions du Seuil, 2011, p. 66

jeudi 9 février 2017

Vous seul créez sans cesse des problèmes

« Vous avez généralement tendance à considérer vos nombreux problèmes comme secondaires et ne voyez donc aucune nécessité à vous employer à les régler. C’est ainsi que de nombreux pays gèrent leurs conflits internationaux : « Il s’agit d’un problème mineur. Tant que nous ne violons pas les traités internationaux, tout se passera bien. Tant que nous n’utilisons pas d’armes atomiques, nous pouvons faire la guerre. ». Mais les petites guerres finissent tôt ou tard par dégénérer. Et même si les problèmes que vous rencontrez dans votre vie quotidienne sont anodins, si vous ne parvenez pas à les résoudre, vous vous heurterez à des problèmes plus graves.
(…) Si vous savez que votre voiture a un problème, arrêtez-vous aussitôt et tâchez de le résoudre. Ce n’est pas ainsi que nous agissons en général. « Ce n’est qu’un problème sans importance. La voiture fonctionne encore. On continue! » Même si nous pouvons continuer à rouler, nous devrions prendre le plus grand soin de notre véhicule. Si vous le poussez à ses limites, les problèmes ne cesseront de se répéter jusqu’à ce qu’il finisse par tomber en panne. Il sera alors peut-être trop tard pour le réparer, sans compter que cela vous demandera beaucoup plus d’énergie.
Les soins quotidiens sont donc très importants. C’est ainsi que vous pourrez écarter vos vues erronées et comprendre vraiment ce que vous faites. »

– Shunryu SUZUKI, Libre de soi, Libre de tout, Paris: Éditions du Seuil, 2011, p. 41-42, 44-45

mardi 7 février 2017

Voir et entendre

« Notre société fonctionne en général d'une façon superficielle et frivole. Le pouvoir suprême appartient à l'argent ou aux discours fracassants. Du coup, nos yeux et nos oreilles ne sont pas assez ouverts ni assez fins pour voir et entendre. »

– Shunryu SUZUKI, Libre de soi, Libre de tout, Paris: Éditions du Seuil, 2011, p. 30

Dans notre société, on se laisse facilement abuser par le pouvoir et l’argent, ce qui explique pourquoi il est si difficile de grandir et de chasser notre petit esprit puéril et mesquin qui se hâte trop souvent de juger et de condamner au lieu de chercher à comprendre et à apprécier les autres.
Pour S. Suzuki, l'ouverture aux autres ne peut procéder que d'une démarche honnête envers soi-même. Lorsqu'on se voit tel qu'on est, sans chercher à ressembler à un autre, l'on devient inévitablement plus réceptif envers les autres, plus perceptif à l’égard de qu’ils ressentent. Voir et entendre, voici ce qui importe le plus. Même sans trop parler, l’on peut communiquer entre nous.

jeudi 2 février 2017

Le respect de soi

« Le respect de soi n'est pas quelque chose qu'on peut avoir consciemment. Lorsqu'on se dit « j'ai du respect pour moi-même », ce n'est plus du respect de soi. Quand vous êtes simplement vous-même, sans penser ou essayer de dire quoi que ce soit de spécial, en vous contentant de dire ce que vous avez en tête et ce que vous ressentez, alors le respect de soi est naturellement là. (...) Lorsque vous faites quelque chose sans avoir le sentiment d'avoir fait quoi que ce soit, alors c'est vous, c'est vous-même. Vous êtes totalement avec les autres et vous vous oubliez complètement. C'est cela le respect de soi. »

– Shunryu SUZUKI, La source brille dans la lumière : Enseignements sur le Sandokai, Édition originale établie par Med Weitsman et Michael Wanger, traduit de l'américain par Luc Boussard, Éditions Sully, 2001, p. 39-40

dimanche 22 janvier 2017

Je veux vivre dans ce rêve (Roméo et Juliette, Gounod)

J'ai pu entendre Diana Damrau, cette fabuleuse soprano allemande, dans l'opéra Roméo et Juliette (Gounod) que présentait le Metropolitan Opera en direct et en retransmission HD ce samedi 21 janvier 2017. Sa voix est riche. Sa personnalité rayonne. C'est un plaisir de la voir et de l'entendre.

jeudi 19 janvier 2017

Juste là où il faut, juste comme il faut

« Nous essayons de changer autre chose que nous-mêmes, nous essayons de mettre en ordre ce qui est en dehors de nous. Mais il est impossible d'organiser les choses si vous-mêmes n'êtes pas en ordre. Lorsque vous agirez juste comme il faut, juste quand il faut, tout le reste sera organisé. »

– Shunryu SUZUKI, Esprit zen, esprit neuf, Éditions du Seuil, 1977, p. 38 (coll. Points "Sagesses")

dimanche 15 janvier 2017

Les mots du zen

« Si vous ne comprenez qu'un côté de la vérité, vous ne pouvez pas comprendre ce que je dis. Si vous ne comprenez pas les mots du zen, vous ne comprenez pas le zen, vous n'êtes pas un étudiant du zen. Les mots du zen diffèrent des mots ordinaires. Comme une épée à double tranchant, ils coupent dans les deux sens. »

Shunryu SUZUKI, La source brille dans la lumière : Enseignements sur le Sandokai; édition originale établie par Mel Weitsman et Michael Wanger; traduit de l'américain par Luc Boussard, Éditions Sully, 2001, p. 77

vendredi 6 janvier 2017

Vivre heureux avec le strict nécessaire

Entraînez-vous quotidiennement à résister aux sollicitations du monde extérieur.

Redécouvrir ce que nous avons trop longtemps négligé : notre monde intérieur, avec tout ce qu’il contient de fascinant et d’inexploré.

L’abondance représente un danger pour nous tant que nous refusons d’accepter son contraire, c’est-à-dire la privation volontaire.

Le fait de s’imposer des restrictions déclenche simplement un processus régulateur tout à fait naturel.

Pour arriver à transformer vos habitudes, vous devez vous convaincre que cela en vaut plus la peine que de laisser les autres continuer à vous indiquer quoi faire de votre vie.

En vous soumettant à votre propre discipline, votre attitude face au quotidien se transformera pour le mieux, votre confiance en vous-même ira en grandissant et tout ce qui est inutile et superflu perdra de son attrait à vos yeux.

Soyez à l’écoute de vous-même jusqu'à ce que la réponse que vous cherchez vous soit donnée.

Prenez la peine d’entraîner votre instinct naturel à faire la distinction entre ce qui vous convient ou non.

Les malheurs de notre société d’abondance viennent justement du fait que les gens ont trop tendance à laisser les autres se charger de leurs difficultés.

Profiter pleinement des biens que nous possédons déjà, plutôt que de chercher constamment quelque chose de nouveau.

Chaque fois que vous le pouvez, marchez au lieu d’utiliser votre voiture.

Ne faites jamais de cadeaux pour des motifs inavoués, ou qui vous coûteraient davantage que ce que vous êtes prêt à débourser.

Lorsque vous faites un achat, demandez-vous : en ai-je réellement besoin ou est-ce que je me laisse simplement influencer par la publicité ou un vendeur ?

Ne dépensez jamais plus en une journée que ce que vos moyens vous permettent ce jour-là.

Si nous nous retrouvons aux prises avec des difficultés, c’est souvent à cause de notre trop grande hâte, et parce que nous n’osons pas aller au fond des choses.

Moins nous écoutons les conseils des autres, mieux nous apprenons à nous connaître.

Savoir renoncer au superflu constitue la première condition pour arriver à prendre des décisions personnelles en toute liberté.

Nous voulons être heureux rapidement et sans peine. Nous voulons l’être une fois pour toutes. Nous ne possédons pas la sagesse de jouir pleinement de chaque circonstance heureuse. Nous sommes constamment à la recherche de nouvelles occasions.

Combien de choses nous procurons-nous uniquement parce que cela correspond à notre statut social ?

Apprendre, c’est arriver à saisir les choses intuitivement.

Tout ce qui contribue à nous faire précipiter nos gestes, à alimenter nos peurs et tout ce qui nous empêche de nous fier à nous-mêmes, est totalement superflu dans nos vies.

– Kirschner, Josef, Vivre heureux avec le strict nécessaire ; trad. de l’allemand par Normand Paiement, Montréal : Le jour, 1983, 188 p.