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L’Étranger de François Ozon

En voyant L’Étranger de François Ozon, que j’ai trouvé excellent et fidèle au roman de Camus, on cherche encore à comprendre le geste de Meursault, et rien ne semble l’expliquer, sinon son attitude générale face à la vie : ni froide ni chaude, indifférente à tout. Son existence semble baignée d’une apathie totale. Tuer ou ne pas tuer, aimer ou ne pas aimer, vivre ou mourir, tout paraît placé sur le même pied d’égalité, tant cet individu semble vidé intérieurement. Il est d’une neutralité glaciale ; ses agissements semblent le dépasser. Il n’est intime ni avec lui-même ni avec les autres. La mort de sa mère en est un exemple frappant : il ne sait pas comment se comporter, on lui dicte les gestes attendus. Il semble ne rien éprouver, et pourtant, plus tard, il finira par penser à elle, allant même jusqu’à la revoir intérieurement, comme s’il vivait à retardement ce qui lui arrive. Ainsi, même s’il n’est pas méchant, il ne donne pas davantage l’impression d’être bon. L’individu qui l’e...

Méthode de méditation

« Efforcez-vous de placer un point en face de votre conscience et de vous concentrer sur lui, que ce soit un koan, une phrase ou votre respiration. Les pensées perturbatrices affluent et, tandis que nous comptons les respirations, il peut arriver que nous oubliions le fait de compter. Avant d'être arrivé à trois ou quatre, d'autres pensées nous ont assailli. Si vous êtes dérangé de cette façon, n'essayez pas de suivre la pensée. Revenez au début. Si vous êtes interrompu avant d'avoir atteint dix, recommencez. Et après ne faites plus attention aux pensées parasites, continuez à compter. »

– Daisetz Teitaro Suzuki, Derniers écrits au bord du vide, traduit de l'anglais et présenté par Philippe Moulinet, Paris : Albin Michel, 2010, p. 217-218