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L’Étranger de François Ozon

En voyant L’Étranger de François Ozon, que j’ai trouvé excellent et fidèle au roman de Camus, on cherche encore à comprendre le geste de Meursault, et rien ne semble l’expliquer, sinon son attitude générale face à la vie : ni froide ni chaude, indifférente à tout. Son existence semble baignée d’une apathie totale. Tuer ou ne pas tuer, aimer ou ne pas aimer, vivre ou mourir, tout paraît placé sur le même pied d’égalité, tant cet individu semble vidé intérieurement. Il est d’une neutralité glaciale ; ses agissements semblent le dépasser. Il n’est intime ni avec lui-même ni avec les autres. La mort de sa mère en est un exemple frappant : il ne sait pas comment se comporter, on lui dicte les gestes attendus. Il semble ne rien éprouver, et pourtant, plus tard, il finira par penser à elle, allant même jusqu’à la revoir intérieurement, comme s’il vivait à retardement ce qui lui arrive. Ainsi, même s’il n’est pas méchant, il ne donne pas davantage l’impression d’être bon. L’individu qui l’e...

Juste là où il faut, juste comme il faut

« Nous essayons de changer autre chose que nous-mêmes, nous essayons de mettre en ordre ce qui est en dehors de nous. Mais il est impossible d'organiser les choses si vous-mêmes n'êtes pas en ordre. Lorsque vous agirez juste comme il faut, juste quand il faut, tout le reste sera organisé. »

– Shunryu Suzuki, Esprit zen, esprit neuf, Éditions du Seuil, 1977, p. 38