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L’Étranger de François Ozon

En voyant L’Étranger de François Ozon, que j’ai trouvé excellent et fidèle au roman de Camus, on cherche encore à comprendre le geste de Meursault, et rien ne semble l’expliquer, sinon son attitude générale face à la vie : ni froide ni chaude, indifférente à tout. Son existence semble baignée d’une apathie totale. Tuer ou ne pas tuer, aimer ou ne pas aimer, vivre ou mourir, tout paraît placé sur le même pied d’égalité, tant cet individu semble vidé intérieurement. Il est d’une neutralité glaciale ; ses agissements semblent le dépasser. Il n’est intime ni avec lui-même ni avec les autres. La mort de sa mère en est un exemple frappant : il ne sait pas comment se comporter, on lui dicte les gestes attendus. Il semble ne rien éprouver, et pourtant, plus tard, il finira par penser à elle, allant même jusqu’à la revoir intérieurement, comme s’il vivait à retardement ce qui lui arrive. Ainsi, même s’il n’est pas méchant, il ne donne pas davantage l’impression d’être bon. L’individu qui l’e...

Les mots du zen

« Si vous ne comprenez qu'un côté de la vérité, vous ne pouvez pas comprendre ce que je dis. Si vous ne comprenez pas les mots du zen, vous ne comprenez pas le zen, vous n'êtes pas un étudiant du zen. Les mots du zen diffèrent des mots ordinaires. Comme une épée à double tranchant, ils coupent dans les deux sens. »

– Shunryu Suzuki, La source brille dans la lumière : Enseignements sur le Sandokai, Éditions Sully, 2001, p. 77