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La vie trouve toujours son chemin

Une plante aux jolies fleurs jaunes s’élève courageusement à la verticale, prenant racine dans une simple fissure d’un mur décrépi. Cette plante, qui parvient pourtant à pousser dans un endroit si improbable, témoigne d’une formidable force de vie. Elle nous rappelle que la nature trouve toujours son chemin, même dans les endroits les plus inattendus. Le feuillage, les petites fleurs jaunes et le bleu du mur donnent à cette scène une beauté toute particulière. © 2026, Chartrand Saint-Louis , photographie

L’impermanence

« Le caractère transitoire n’est déprimant qu’à l’esprit qui s’entête à vouloir « saisir », mais pour celui qui se laisse aller au gré du courant, comme une balle dans un torrent de montagne, pour employer une métaphore du bouddhisme zen, la notion de l’éphémère ou de la vacuité devient une sorte d’extase. C’est peut-être pourquoi aussi, en Orient comme en Occident, l’impermanence est si souvent le thème de la poésie la plus profonde et la plus émouvante, si profonde et si émouvante que la splendeur du changement transparaît même lorsque le poète semble le regretter le plus vivement :

Demain, demain et encore demain,
Jour après jour sournoisement se faufile,
Jusqu’au dernier jour du temps irréversible,
Et tous nos jours enfuis montrèrent aux insensés
Le chemin de la mort. Éteinte, cette brève chandelle!
La vie n’est qu’une ombre éphémère, un pauvre acteur
Qui s’agite un moment sur la scène du temps
Pour disparaître ensuite : c’est une fable
Contée par un idiot, plein de verve et de rage,
Et qui ne signifie rien. »

– Extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 56-57