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L’Étranger de François Ozon

En voyant L’Étranger de François Ozon, que j’ai trouvé excellent et fidèle au roman de Camus, on cherche encore à comprendre le geste de Meursault, et rien ne semble l’expliquer, sinon son attitude générale face à la vie : ni froide ni chaude, indifférente à tout. Son existence semble baignée d’une apathie totale. Tuer ou ne pas tuer, aimer ou ne pas aimer, vivre ou mourir, tout paraît placé sur le même pied d’égalité, tant cet individu semble vidé intérieurement. Il est d’une neutralité glaciale ; ses agissements semblent le dépasser. Il n’est intime ni avec lui-même ni avec les autres. La mort de sa mère en est un exemple frappant : il ne sait pas comment se comporter, on lui dicte les gestes attendus. Il semble ne rien éprouver, et pourtant, plus tard, il finira par penser à elle, allant même jusqu’à la revoir intérieurement, comme s’il vivait à retardement ce qui lui arrive. Ainsi, même s’il n’est pas méchant, il ne donne pas davantage l’impression d’être bon. L’individu qui l’e...

La faculté de discerner le vrai du faux

« Chez la plupart des gens, la faculté de discerner le vrai du faux est une vertu rare; à un sourire, à une gentillesse, on répond aussitôt, sans être capable de discerner l’authentique amabilité de l’hypocrisie. Comment comprendre, par-delà les paroles, le fond de la pensée qui se dissimule? Comment pénétrer l’authentique visage qui se masque d’un sourire? Ce manque de discernement est une faiblesse par rapport à soi-même; on préfère chercher le contentement et se satisfaire de superficialité plutôt que de pénétrer plus loin dans l’authenticité, dont la révélation n’est pas toujours pour conforter l’ego.

Pour apercevoir la vraie réalité, il ne faut pas avoir la faiblesse de choisir entre le plaisir et le déplaisir; il faut être hishiryo, sans notion d’agrément ou de désagrément. »

– Taisen Deshimaru, maître zen, extrait du livre Le trésor du zen, textes de Maître Dogen (XIIIe siècle), traduits et commentés par Taisen Deshimaru et présentés par Evelyn de Smedt, Paris : Albin Michel, 2003, p. 171