jeudi 22 décembre 2016

Merry Christmas Mr. Lawrence (Ryuichi Sakamoto)

Musique du film anglo-japonais Furyo (Merry Christmas Mr. Lawrence aux États-Unis) réalisé par Nagisa Ōshima en 1983.



Ryuichi Sakamoto est acteur et compositeur de la bande originale.

Cette musique belle et envoûtante est teintée de tristesse.

dimanche 11 décembre 2016

La voie des fleurs

La Voie des fleurs (en japonais, ka-dô) remonte aux origines mêmes du bouddhisme. Elle cherche à exprimer le rapport de l'homme avec la nature. En voici les dix principes directeurs :

1. De l'infiniment grand à l'infiniment petit, tout est mis en relation par la Voie des fleurs.
2. Porter le Vide dans le coeur, c'est y porter le Tout.
3. Quand l'esprit est calme et pur, on peut tout trouver sans penser.
4. Et chasser toute crainte.
5. Respectez et ménagez les plantes comme tous les autres êtres vivants.
6. De même, aimez et honorez tous les hommes.
7. Occupez harmonieusement le lieu où vous vous trouvez.
8. Gardez un esprit religieux quand vous arrangez des fleurs.
9. Unissez le corps et l'esprit.
10. Renoncez à vous-même.

– Jacques BROSSE, L'univers du Zen : Histoire, spiritualité et civilisation, Paris : Albin Michel, 2015, p. 234

lundi 5 décembre 2016

La surveillance numérique de masse

Diverses vidéos très bien faites du site Le Monde.fr, avec l'explication en patates, sur la surveillance numérique de masse.



Comment les métadonnées permettent de vous... par lemondefr


Comment la NSA vous espionne (expliqué en patates) par lemondefr


La loi sur le renseignement expliquée en patates par lemondefr

L'important, c'est d'être conscient de l'existence de cette surveillance, de modifier nos pratiques de manière à les rendre plus sécuritaires et divulguer le moins possible des informations privées.

mardi 22 novembre 2016

Le langage du zen

« Le langage du Zen tend toujours à détruire les habitudes énergétiques de ceux qui ne savent penser que par concepts. Ce langage vise à provoquer des crises permettant d'amener l'éclosion de ce précieux moment d'éveil. »

« Le moment de l'éveil peut se marquer par un éclat de rire. Mais ce n'est pas le rire de quelqu'un qui, soudain, obtient une grande fortune; ce n'est pas non plus le rire de qui a remporté une victoire. C'est bien le rire de celui qui, après avoir longuement peiné à chercher quelque chose, trouve cette chose, un matin, dans la poche de sa veste. »

« Kasyapa est arrivé à l'éveil grâce à une fleur; il y a des maîtres Zen qui ont obtenu leur éveil par un cri retentissant, et d'autres par un terrible coup de pied. »

– Thich NHAT HANH, Clés pour le Zen : un guide vibrant pour la pratique du Zen, Éditions Jean-Claude Lattès, 1999, p. 41-42, 36 et 37

mercredi 16 novembre 2016

La vie est impossible

"Pendant une causerie, Suzuki Roshi déclare que la vie est impossible.
- Si c'est impossible, comment faisons-nous ? demande un élève.
- Vous le faites chaque jour, répond Suzuki."

Shunryu SUZUKI, Le zen est juste ici : Témoignages et anecdotes sur l'enseignement de Shunryu Suzuki, recueillis par David Chadwick et traduit de l'anglais par Daniel Roche, Paris: Éditions Almora, 2015, p. 92

lundi 14 novembre 2016

Le zen est juste ici

"Un soir, après une causerie, un homme dans l'auditoire demanda:
- Vous dites que le zen est partout. Mais alors pourquoi devons-nous venir au Centre zen ?
- Le zen est partout, répondit Suzuki Roshi. Mais pour vous, le zen est juste ici."

Shunryu SUZUKI, Le zen est juste ici : Témoignages et anecdotes sur l'enseignement de Shunryu Suzuki, recueillis par David Chadwick et traduit de l'anglais par Daniel Roche, Paris: Éditions Almora, 2015, p. 66

Le lecteur trouvera des informations complémentaires sur Shunryu Suzuki, ses étudiants et ce livre sur le site web dédié : www.cuke.com

David Chadwick a retracé la vie du maître zen dans un livre inédit en français : Crooked Cucumber : The Life and Zen of Shunryu Suzuki (Concombre tordu, la vie et l'enseignement zen de Shunryu Suzuki) – enquête biographique et hommage au maître disparu.

jeudi 10 novembre 2016

Comment souligner l’erreur de quelqu’un avec tact

- Choisir le moment opportun et ne pas souligner l’erreur devant plusieurs personnes. Si possible, montrez l’erreur en tête à tête dans un lieu et au moment appropriés;

- Se rappeler qu'il faut être véridique, ce qui signifie que l’on ne pointe pas l’erreur uniquement parce qu’on estime que c’est une erreur. Quand on comprend pourquoi la personne a agi ainsi, on peut être véridique;

- Être doux et calme, ne pas élever la voix, ne pas crier. C’est très délicat, tout comme la véracité, mais il importe d’insister sur l’importance d’adopter une attitude calme et douce quand on souligne l’erreur de quelqu’un;

- On donne un conseil ou l'on pointe l’erreur uniquement afin d’aider l'autre et non afin d’exprimer ce que l’on a sur le coeur;

- On doit être très attentif et prendre note de la réaction de la personne : s’excuse-t-elle pour ce qu’elle a fait ou n’est-elle pas assez sérieuse? Dans ce dernier cas, on devrait l’ignorer jusqu’à ce qu’elle fasse preuve d’un véritable sérieux;

- Si nos conseils ont pour seul but d’aider la personne, cela ne signifie nullement que nous devons nous montrer toujours indulgents avec elle. Nous devons parfois nous montrer durs avec celle-ci, ou bien nous ne pourrons pas l’aider dans le vrai sens du terme;

- Enfin, nous devons exposer l’erreur avec compassion, car l’on est aussi l’ami de cette personne.

Conseils librement adaptés d’un passage tiré du livre de Shunryu SUZUKI, Libre de soi, Libre de tout, Paris: Éditions du Seuil, 2011, p. 113-114

lundi 17 octobre 2016

Rosa Ponselle : Soprano américaine de l’entre-deux-guerres



Rosa Ponzillo (« Ponselle ») est née en 1897 à Meriden (Connecticut) dans une famille de pauvres émigrants d’Italie du Sud. Elle a débuté sa carrière au cinéma muet en jouant du piano et, plus tard, elle a chanté sur les scènes des music-halls dans diverses pièces de vaudeville en compagnie de sa soeur Carmella. Après huit mois d’études vocales avec William Thorner, elle faisait ses débuts à l’opéra.

Influence de Caruso

C’est Caruso (1873-1921), dont la popularité était exceptionnelle, qui la fit engager au Metropolitan Opera (« Met ») de New York en 1918. On la surnommait d’ailleurs « La Caruso en jupons ».

Sa légende a commencé dès le jour de ses débuts au Met (le 15 novembre 1918) dans la Leonora de La Forza del Destino (« La Force du destin ») de Verdi aux côtés de Caruso. Le public fut séduit par sa voix chaude et voluptueuse, sombre et puissante, d’une grande homogénéité. Dès l’année suivante, la firme American Columbia enregistrait une première série de disques.

Sa belle allure, sa formidable technique vocale, sa présence irrésistible, son timbre de voix riche et sa façon exceptionnelle de communiquer une flamme à tous ses rôles en firent l’une des premières divas modernes.

Le Metropolitan Opera de New York (le « Met »)

Bien qu’en matière d’opéra les États-Unis restèrent longtemps tributaires de l’Europe, la situation s’est inversée dès les années 1930 et plus encore après la Seconde Guerre mondiale. Les activités musicales se multiplièrent tant à New York que dans le reste du pays. Le Met, inauguré en 1883, fut le sanctuaire des divas de l’entre-deux-guerres; la Scala de Milan ayant été abandonnée par Arturo Toscanini qui fuyait le fascisme. Le Met eut un certain nombre de prédécesseurs célèbres, dont l’Academy of music (1854) et il s'est heurté au début du XXe siècle à la concurrence du Manhattan Opera House. Aujourd'hui, le Met, dont la salle a été transférée en 1966 au Lincoln Center, compte parmi les dix ou douze meilleurs Opéras du monde.

Le grand ténor Caruso a fait sa dernière apparition au Met, le 24 décembre 1920, dans le rôle d’Eléazar de La Juive de Jacques Fromental Halévy aux côtés de Rosa Ponselle, dans le rôle de Rachel.

Jusqu’à son départ de la scène en 1937, Rosa Ponselle est restée fidèle au Met, à l’exception de quelques apparitions au Covent Garden (Londres) de 1929 à 1931. Sa sœur Carmella a chanté également au Met de 1925 à 1935. Elles n’ont chanté ensemble qu’une seule fois, dans La Gioconda de Ponchielli.

Rosa Ponselle a donné occasionnellement des récitals devant ses amis et, en 1954, plusieurs enregistrements privés démontraient que sa voix était encore excellente.

Jusqu’à la fin de sa vie, elle a manifesté un vif intérêt pour la musique et l’opéra. Elle s’est éteinte le 25 mai 1981 dans le Maryland à l’âge de 84 ans.

Deux de ses plus grands rôles

Le répertoire italien était sa spécialité (sauf Puccini). Elle a obtenu un succès retentissant avec Norma de Bellini et La Vestale de Spontini.

Norma de Bellini

À partir de 1931, en direct du Met, les auditeurs purent entendre la Norma anthologique de Rosa Ponselle avec son célèbre « Casta Diva », cette magnifique prière qui s’annonce dès les premiers arpèges.

Lorsque Maria Callas a interprété le rôle de la druidesse gauloise au Teatro Communale de Florence, le 30 novembre 1948, inévitablement, on s’est livré à des comparaisons avec Ponselle et Pasta, dont, selon Stendhal, l’effet sur le public était « un effet hypnotique instantané sur l’âme du spectateur ». ([6], p. 88)

Le rôle de Norma est un défi du cœur et de l’esprit. Bellini demande à ses interprètes d’acrobatiques fioritures, contrairement à Puccini et Verdi qui exigent de l’intensité dramatique. Ponselle parvint à donner une grandeur tragique à ce personnage en proie à des passions violentes.

La Vestale de Spontini

Le nom de Rosa Ponselle reste étroitement lié à La Vestale de Spontini aux merveilleux récitatifs que le Met a monté pour elle en 1925. En 1938, elle a été invitée par le Mai musical de Florence pour interpréter ce rôle, à la demande du régime fasciste.

Réaction de Maria Callas

« Face au talent véritable, l’artiste en Maria le reconnaissait et l’admettait toujours. Zeffirelli se rappelle lui avoir apporté un disque intitulé The Golden Age at the Metropolitan ; elle s’esclaffa en entendant Tetrazzini et Galli-Curci, mais lorsque Rosa Ponselle se mit à chanter, elle se tut et écouta religieusement. »
([6], p. 230)

Discographie
(notre sélection)

Rosa Ponselle sings Verdi, The 1918-1928 Recordings, Naxos (ADD 8.110728) avec Giovanni Martinelli (ténor), Riccardo Stracciari (Baryton) et Ezio Pinza (Basse). c2002 HNH International Ltd.

Sources :

[1] « Éphémérides », InfOpéra, vol. 13, no. 5, janvier 2006, p. 9

[2] Matheopoulos, Helena, Les ténors du siècle : de Caruso à Pavarottti, Paris : Éditions de La Martinière, c1999, 120 p.

[3] Opéras : les incontournables, sous la direction de Jorge Amat, Paris : Filipacchi, c1993, 237 p.

[4] Orrey, Leslie, Histoire de l’opéra ; édition revue par Rodney Milnes ; traduit de l’anglais par Catherine Cheval, Paris : Thames & Hudson, 1991, 252 p.

[5] Segond, André, Divines divas, Paris : Gallimard, 2002, c1993, 144 p.

[6] Stassinopoulos, Arianna, Maria Callas : par delà sa légende ; trad. par Philippe Delamare, Éric Diacon et Claude Gilbert, Paris : Fayard, 1981, 443 p.

lundi 10 octobre 2016

Nos déchets ont la vie longue

Nos déchets ont la vie longue. Ces chiffres l’illustrent bien :

Mouchoirs en papier : 3 mois
Billet d'autobus : 3 à 4 mois
Journal : 3 à 12 mois
Pelure de fruit : 3 mois à 2 ans
Allumette : 6 mois
Chaussette en laine : 1 an
Mégot de cigarette : 1 à 5 ans
Gomme à mâcher : 5 ans
Planche de bois : 13 à 15 ans
Boîte de conserve : 10 à 100 ans
Briquet jetable : 100 ans
Canette en aluminium : 200 à 500 ans
Sac en plastique : 450 ans
Bouteille en plastique : 100 à 1000 ans
Fil de pêche en nylon : 600 ans
Polystyrène expansé (PSE) : 1000 ans
Bouteille en verre : quasi illimitée

En les réduisant, nous agissons d'une manière responsable.

Source : Hutchinson, Marlène, Vos déchets et vous, Québec : Multimondes, 2007

dimanche 2 octobre 2016

Détérioration des écosystèmes

Selon une étude de l’ONU, plus de 60 % des écosystèmes se sont détériorés au point de dépasser le seuil de la viabilité. À l’heure actuelle, plusieurs grands écosystèmes de la planète subissent d’énormes stress, au point d’affecter sérieusement les êtres vivants.

Parmi les nombreux changements qui affligent la planète, notons l’expansion de nouvelles maladies et de parasites, les changements importants dans la disponibilité et la qualité de l’eau, la multiplication des zones côtières et marines « mortes », le déclin majeur des pêcheries et les changements climatiques.

L’étude onusienne dégage une liste d’actions à entreprendre, dont en voici quelques-unes :

- Intégration des coûts environnementaux dans le prix des biens et services ;
- Réduction du productivisme agricole ;
- Intégration, dans les mécanismes du marché, d’une approche coût-bénéfices incluant les émissions de gaz à effet de serre et les rejets d’azote ;
- Introduction de la protection des écosystèmes dans la totalité des politiques et des programmes gouvernementaux ;
- Invention d’une agriculture moins dommageable pour les écosystèmes ;
- Restauration des écosystèmes endommagés ;
- Passage rapide et massif vers des économies d’énergie et les énergies douces.

Il s’agit d’un assez sombre bilan de l’état de la planète.

Pour en savoir davantage, consultez la synthèse générale de cette étude de l’ONU sur Internet.

vendredi 16 septembre 2016

La résilience

Un excellent article du psychologue Jean Garneau, co-fondateur de Ressources en Développement, sur « enseigner la résilience », tiré du magazine électronique gratuit, La lettre du psy, volume 9, no. 1, janvier 2005. L’article énumère les facteurs essentiels de résilience (accueil, expression et reconstruction) et discute de la création des conditions favorables à sa réalisation, soit l’accueil, la transformation intérieure par l’expression et la liberté de se reprendre en mains. Un article pertinent pour comprendre les mécanismes de changement (au cœur de la reconstruction) qui permettent de mieux faire face à l’adversité.

***

La résilience signifie le fait de poursuivre un développement après un traumatisme, un choc émotif ou une grande blessure. Les deux mots-clés qui décrivent la démarche thérapeutique sont l’affection et le sens.

Selon Boris Cyrulnik (neurologue, psychiatre, psychanalyste mais aussi éthologue), l’amour est un processus évolutif. Biologiquement, elle nous rend plus accessible à l’autre. En dépit des blessures d’amour, l’être humain peut apprendre à aimer plus légèrement, c’est-à-dire d’une manière qui permet à l’autre d’être distinct de soi (amour léger mais non pas superficiel) et qui n’exige pas qu’il soit constamment avec nous (amour lourd).

Pour aller au-delà des blessures d’amour, nous vous recommandons la lecture de son livre, Parler d’amour au bord du gouffre, Paris : O. Jacob, 2004.

dimanche 19 juin 2016

« Tu es cela »

« Dans toutes les religions orientales, on attache la plus grande importance à la formule sanscrite du tat tvam asi, le fameux « Tu es cela », qui nie toute coupure entre l'idée qu'on se fait de soi-même et l'idée qu'on se fait de la réalité perçue. La lumière ne vient que pour qui comprend pleinement cette formule. »

– Robert M. PIRSIG, Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes, trad. de l'américain par Maurice Pons, Andrée et Sophie Mayoux, Paris : Éditions du Seuil, 1978, p. 122

dimanche 12 juin 2016

Le zen et l'ennui

« Le Zen a son mot à dire à propos de l'ennui. Son exercice principal, la position assise, est certainement l'activité la plus ennuyeuse au monde. Pas grand-chose à faire. Ni bouger, ni penser. Quoi de plus ennuyeux ? Et pourtant, au coeur de cet ennui, réside le secret du bouddhisme Zen. Qu'est-ce donc ? Que peut-il y avoir au coeur de l'ennui, qui échappe au regard de celui qui s'ennuie ? »

– Robert M. PIRSIG, Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes, trad. de l'américain par Maurice Pons, Andrée et Sophie Mayoux, Paris : Éditions du Seuil, 1978, p. 268

dimanche 5 juin 2016

Amour de soi et compassion

« Nos pensées peuvent franchir toute l'étendue de ce vaste monde
Mais rien de ce que l'homme peut y trouver
Ne lui est plus cher que son propre soi.
Puisque l'amour de soi est si cher à chacun,
Que ceux qui connaissent cet amour pour eux-mêmes
Ne blessent en aucune manière un autre homme. »

– Samyutta-nikaya, pt. 1, chap. 3, puisé dans le livre de Shundô AOYAMA, Le zen et la vie, Albin Michel, 2015, p. 165-166

vendredi 27 mai 2016

Se consumer soi-même

« Il n'y a rien à trouver, même si je cherche.
Il n'y a rien d'autre à faire,
Si ce n'est me réchauffer à ma propre flamme.
Il n'y a rien à faire,
Si ce n'est brûler mon propre corps
Et illuminer ainsi l'espace qui m'entoure. »

– Jūkichi YAGI (poète japonais, 1898-1927), extrait puisé dans le livre de Shundô AOYAMA, Le zen et la vie, Albin Michel, 2015, p. 47-48

vendredi 20 mai 2016

Le non-agir et la tranquillité de l'esprit

« Si la tranquillité de l'eau permet de refléter les choses, que ne peut celle de l'esprit ? Le vide, la tranquillité, le détachement, l'insipidité, le silence, le non-agir sont le niveau de l'équilibre de l'univers, la perfection de la voie et de la vertu. Ce vide confère à l'âme une tranquillité qui fait que toute action accomplie est efficace. Qui garde sa tranquillité n'agit pas : il laisse ce soin à ceux qui reçoivent mission d'agir. Heureux celui qui n'agit pas ! il ne connaît ni chagrin ni misère et il vit longtemps. »

– Tchouang-tseu, Joie suprême et autres textes, traduit du chinois et annoté par Liou Kia-hway, Gallimard/Unesco, 1969, p. 35-36

dimanche 8 mai 2016

Être zen

« Être zen, ce n'est pas seulement être décontracté, loin de là. C'est d'abord rendre son esprit perpétuellement attentif aux choses minuscules de l'existence. C'est cultiver le sentiment de nouveauté qui surgit au détour de chaque seconde, et qui lui donne son épaisseur. C'est offrir à chaque instant qui passe le privilège de nous faire naître à nouveau. Finalement, c'est vivre l'instant présent dans toute sa luxuriante densité. »

– Frédéric ROSENFELD, Méditer, c'est se soigner, Paris : Les arènes, 2007, p. 76

lundi 2 mai 2016

Le zen

« Le zen consiste à s’unir à ce que l’on fait. Quand on marche, la marche devient zen. Quand on parle, les paroles deviennent zen. »

– Ekiho MIYAZAKI, Une vie de moine zen, 22:20 min.

dimanche 1 mai 2016

« Liebestod » (Tristan et Isolde, Wagner)

Nina Stemme est l'une des plus grandes interprètes wagnériennes. Probablement, la plus grande interprète du fameux air final de la mort d'amour d'Isolde (« Liebestod ») dans l'opéra « Tristan et Isolde » de Wagner. C'est purement beau (mon air favori avec les Wesendonck Lieder). Nina Stemme est renversante dans l'interprétation qu'elle en donne dans cette vidéo (l'enregistrement date de 2007).

lundi 18 avril 2016

Pourquoi méditer ?

« Le zen répond : pour vivre. Méditer pour vivre plus fort, plus clair, plus conscient de nos mobiles, de nos rêves. Créer une existence puissante, sans craintes, sans angoisses inutiles. (...) Mourir à son petit moi, mesquin et égoïste, pour découvrir une vie plus profonde et agir instant après instant, pas après pas, avec vigueur, sagesse. Créer sa vie au lieu de la subir. »

– Marc de SMEDT, Le rire du tigre : dix ans avec maître Deshimaru, Paris: Albin Michel, 2005, p. 17

lundi 11 avril 2016

Seuils initiatiques

« Nous passons tous, sans cesse, par des seuils initiatiques. Chaque accident, chaque incident, chaque joie et chaque souffrance est une initiation. Et la lecture d'un beau livre, la vue d'un grand paysage peuvent l'être aussi. »

– Marguerite YOURCENAR, Les yeux ouverts, entretiens avec Matthieu Galey, Le centurion, 1980, p. 206

samedi 2 avril 2016

Aimer, admirer et prendre soin de la vie

« Il nous faudra bien répondre à notre véritable vocation, qui n'est pas de produire et de consommer sans fin, mais d'aimer, d'admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes. »

– Pierre RABHI, La puissance de la modération, Éditions HOZHONI, 2015, p. 61 (Recueil de citations collectées par Claire Eggermont)

lundi 28 mars 2016

Un monde dépoétisé

« D'avoir dépoétisé le monde est l'une de mes grandes accusations à l'encontre de la modernité. Cela nous vaut ce monde terne qui, à force d'obsession pratico-pratique, enlaidit notre univers de vie. »

– Pierre RABHI, La puissance de la modération, Éditions HOZHONI, 2015, p. 69 (Recueil de citations collectées par Claire Eggermont)

mercredi 16 mars 2016

Civilisation de l’inculture

« [à] force de techniciser et de rendre strictement utilitaires à peu près tous nos enseignements, nous avons abouti à l’élimination de la culture et des «humanités» des bancs de l’école, sous le fallacieux prétexte que ceux-ci ne font aucun apport direct à la production et à la croissance économique. Mais que signifient donc «humain» et «culture» sans l’enseignement et l’étude des humanités (…) ? »

– extrait du livre d'Omar AKTOUF, Halte au gâchis : En finir avec l'économie-management à l'américaine, Montréal : Liber, 2008, p. 86

dimanche 13 mars 2016

« Vesti la giubba » (Pagliacci, Leoncavallo)

Vu au cinéma la belle production des opéras Cavalleria rusticana / Pagliacci du Royal Opera House de Londres. J'ai particulièrement aimé la mise en scène de Damiano Michieletto, l'excellente distribution (fabuleuse Eva-Maria Westbroek) et l'orchestre dirigé par le charismatique chef d’opéra, Antonio Pappano. Ce sont deux courts opéras issus du mouvement artistique vériste de la fin du XIXe s. Dans Pagliacci (Leoncavallo), Aleksandrs Antonenko chante admirablement bien le fameux air « Vesti la giubba » (« Mets la veste ») (fin de l'acte I). N'ayant pu trouver d'extraits sur le Web de sa brillante performance, je vous donne à entendre celle (non moins brillante) du grand ténor Placido Domingo.

jeudi 10 mars 2016

Marcher comme un bouddha

« Quand vous marchez en pleine conscience, vous investissez cent pour cent de vous-même dans la marche. Vous devenez conscient de chaque pas : c’est vous qui marchez en conscience; ce n’est pas l’énergie de l’habitude qui vous traîne. Vous gardez votre souveraineté. (…) Quand vous marchez, vous ne pensez pas. Si vous pensez, la pensée vous dérobera votre marche. Vous ne parlez pas, car les paroles vous ôteront la marche. Marcher ainsi est un plaisir. Quand la pleine conscience et la concentration sont vivantes en vous, vous êtes pleinement vous-même; vous ne vous perdez pas. Vous marchez comme un bouddha. »

– Thich NHAT HANH, Les bienfaits du silence : Se ressourcer dans un monde assourdissant, Montréal : Le Jour, 2016, p. 126

dimanche 6 mars 2016

"In quelle trine morbide" (Manon Lescaut, Puccini)

Il y a d'excellentes sopranos qui ont interprété brillamment "In quelle trine morbide",
cet air de tristesse dans l'opéra "Manon Lescaut" (Acte II, Puccini). J'en ai entendu plusieurs, dont tout récemment la soprano Kristine Opolais, mais ma préférence va vers la belle voix d'Angela Gheorghiu.

mercredi 2 mars 2016

Les dits de Benoît Lacroix

Écoutez-le parler.

Comment bien vieillir ? *

L’importance et les défis de l'acceptation ? *

À la librairie de livres usagés de mon quartier, j’ai trouvé ce beau gros livre : Dits et gestes de Benoît Lacroix. Prophète de l’amour et de l’esprit, édité sous la direction de Giselle Huot, Éditions du Noroît, Fondation Albert-le-Grand, 1995 (735 p).

J'apprends qu'il s’est passionné pour Saint-Denys Garneau et Lionel-Groulx, deux géants de la culture québécoise. Il s’est déclaré « subjugué » par l’humour caustique et la « lucidité à faire peur » de Réjean Ducharme (Le Soleil, 30 septembre 1983, p. C8). Il dit que « la conscience est le pouvoir intérieur; la loi est le pouvoir extérieur. Le pouvoir intérieur est plus important que le pouvoir extérieur » (p. 51, Dits et gestes de Benoît Lacroix). Presque subversif, ne trouvez-vous pas ? J’aime aussi cette autre pensée de lui (que l'on trouve à la même page de ce livre) : « Là où il y a liberté, il y a intelligence ».

Benoît Lacroix fut un être de lumière, de compassion et d’intelligence. Il est décédé à l'âge de 100 ans ce 2 mars 2016 **.

* Extraits tirés du film « Le vieil âge et le rire » du cinéaste Fernand Dansereau, 2012. Pour plus d'infos, visitez le site de la compagnie de production Outsiders Films.

** Très belle émission radiophonique diffusée à la première chaîne de la radio de Radio-Canada : Père Lacroix, une spiritualité pour le temps présent, 1 h 48 min.

Requiem for Anna (Portishead)

Pour les 25 ans de la disparition de Serge Gainsbourg (2 avril 1928-2 mars 1991), nous donnons à entendre la très intéressante réinterprétation par Portishead du titre « Un jour comme un autre » extrait de la comédie musicale Anna, renommé « Requiem for Anna » sur l’album Monsieur Gainsbourg revisited.

samedi 27 février 2016

Acte révolutionnaire

« Nous sommes en vie, mais nous ne savons pas que nous sommes vivants. Nous sommes continuellement en train de nous perdre. De ce fait, apaiser votre corps et votre esprit en vous asseyant pour n’être qu’avec vous-même est un acte révolutionnaire. »

– Thich NHAT HANH, Les bienfaits du silence : Se ressourcer dans un monde assourdissant, Montréal : Le Jour, 2016, p. 121

Univers d’organisations

« Il y a longtemps que notre univers est devenu, selon la formule de Charles Perrow, un « univers d’organisations ». À lui se greffe automatiquement, là où règne le capitalisme financier, un « univers de management à l’américaine » dans lequel tout, y compris les institutions publiques, dont l’école et l’université, doit de plus en plus se conformer aux canons de l’« efficacité managériale », qui se mesure à l’aune de la rentabilité purement financière et de la pression des coûts. Mais après l’idéologie managériale, il y a celle du déferlement de la souveraineté mondiale du marché et de ses « lois » qui pousse même l’État à se comporter comme un organisme toujours plus mercantile que social. »

– extrait du livre d'Omar AKTOUF, Halte au gâchis : En finir avec l'économie-management à l'américaine, Montréal : Liber, 2008, p. 71

mardi 23 février 2016

Le credo majeur de la modernité

« Ne plus être que ce que l'on consomme ou ce que l'on possède, voilà le credo majeur de la modernité. Ce que l'on est ou ce que l'on sait, cela ne compte plus guère que pour les poètes ou les philosophes, les derniers à résister à l'absolu pouvoir de l'argent. »

– extrait du livre d'Omar AKTOUF, Halte au gâchis : En finir avec l'économie-management à l'américaine, Montréal : Liber, 2008, p. 90

Besoin de « moins »

« [v]ous n'avez sans doute pas besoin de plus, mais de moins – moins de bruit, qu'il vienne de l'intérieur comme de l'extérieur –, afin que l'intention la plus authentique venant de votre coeur ait l'espace nécessaire pour germer et s'épanouir. »

– Thich NHAT HANH, Les bienfaits du silence : Se ressourcer dans un monde assourdissant, Montréal : Le Jour, 2016, p. 59

samedi 13 février 2016

Une société de travailleurs sans travail (Hannah Arendt)

« En hissant le travail au rang d'une activité proprement humaine*, l'âge moderne a fait de la croissance économique un credo et a précipité l'avènement de la société de consommation. Dès lors, la recherche de croissance n'a eu d'autre effet que d'accélérer le cycle de production et de destruction des biens périssables. Par ailleurs, l'automatisation due aux progrès techniques a peu à peu dégagé les individus de leur fardeau, sans proposer d'alternatives au travail. « Ce que nous avons devant nous, écrit Arendt, c'est la perspective d'une société de travailleurs sans travail, c'est-à-dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire**. »

– extrait de l'article de Céline Bagault, « Hannah Arendt : L'impasse de la modernité », Les Grands Dossiers des Sciences Humaines : Les penseurs de la société de Tocqueville à Saskia Sassen, no. 30, Mars-avril-mai 2013, p. 44-45

* Pour Arendt, la vie active se divise en trois activités : le travail, l'oeuvre et l'action.
« Seules l'oeuvre et l'action, qui participent à l'édification d'un monde commun, sont des activités spécifiquement humaines. L'oeuvre car elle crée des objets durables – des objets d'art, de culture, ou d'artisanat – qui ne se consomment pas. L'action politique car elle est l'art d'interrompre le cycle des générations, d'inventer des commencements, de faire l'histoire. » (ibid., p. 44)

** Hannah ARENDT, Condition de l'homme moderne, 1958, rééd. Gallimard, 2012.

Le marché aux besoins des sociétés (Karl Polanyi)

« Polanyi affirme que le marché libre n'est en rien une tendance naturelle mais, comme l'écrit Louis Dumont en préface*, une « doctrine intolérante qui interdit à l'État d'intervenir ». Face aux instabilités et aux tensions qui naissent de son pouvoir dissolvant, les sociétés, même modernes et démocratiques, ne peuvent que réagir négativement, et spontanément prennent des mesures contraires. Car – l'idée est omniprésente chez Polanyi – l'économie est faite pour obéir aux besoins des sociétés, et non l'inverse : selon lui, l'idéologie libérale a eu le tort de « désencastrer » l'économie des rapports sociaux, pour faire du principe de libre concurrence (empruntée au darwinisme social) une sorte de religion. »

– extrait de l'article de Nicolas Journet, « Karl Polanyi : Le père de la socioéconomie », Les Grands Dossiers des Sciences Humaines : Les penseurs de la société de Tocqueville à Saskia Sassen, no. 30, Mars-avril-mai 2013, p. 30-31

* préface du livre le plus célèbre de Karl Polanyi, La Grande Transformation, 1944, rééd. Gallimard, 2009

À voir, le reportage : « Capitalisme : Karl Polanyi, le facteur humain », Les grands reportages, saison 2016, épisode 14, durée : 44 min, année de production : 2015, date de diffusion : 27 janvier 2016, Zadig Productions, Filmoption International (France), réalisateur : Ilan Ziv, auteur(s) : Bruno Nahon, Ilan Ziv.

dimanche 7 février 2016

Un monde « inimaginable »

« [n]ous voici maintenant dans un monde « inimaginable » dans notre jeunesse, un monde où nous ne savons même plus si nous sommes heureux ou non - sans d'ailleurs y attacher la moindre importance. »

– Roland JACCARD, Ma vie et autres trahisons, Paris : Grasset, 2013, p. 104

Trois remèdes au cafard

« [r]ester sous la couette en écoutant du fado, se plonger dans un dictionnaire ou un traité de grammaire, se promener dans un cimetière. »

– De Cioran, extrait tiré du livre de Roland Jaccard, Ma vie et autres trahisons, Paris : Grasset, 2013, p. 38

vendredi 5 février 2016

Conférence Climat, arbres et santé: Quelles synergies urbaines?



« En compagnie des médecins Pierre Gosselin et François Reeves, les AmiEs de la Terre de Québec, en collaboration avec Nature Québec, VIA Agro-Écologie et Univert Laval, vous convient à décortiquer les liens entre changements climatiques, santé, aménagement urbain et justice environnementale, grâce à la vidéo de la conférence « Climat, arbres et santé : Quelles synergies urbaines? » qui a eu lieu le 12 novembre 2015, à l'Université Laval. »

mercredi 3 février 2016

Le mouvement de la vie quotidienne dans le sommeil

« Le mouvement de la vie quotidienne se poursuit dans le sommeil parce que ce mouvement est empreint de contradiction, de désordre, de discorde. Et pendant le sommeil, par des rêves ou par d'autres moyens, le cerveau s'efforce de mettre de l'ordre dans son propre chaos. Mais si vous maintenez l'ordre pendant la journée, point n'est besoin de le faire pendant le sommeil. Alors le cerveau est reposé, dispos, tranquille, calme.

Mett[ez] fin au problème au moment où il surgit, sans le reporter au lendemain ou même à la minute suivante - mettez-y fin ! Quelqu'un vous a trompé, a dit de vous des méchancetés. Regardez la chose en face, mais n'en prenez pas la charge, ne la portez pas comme un fardeau. Mettez-y fin au moment même où les paroles sont prononcées et non plus tard.

Le désordre est un état de névrose et finit dans le déséquilibre psychique. L'ordre exige que chaque problème soit liquidé dès l'instant où il prend naissance, et par conséquent le mouvement de la journée prend fin avant la nuit. »

– Krishnamurti, L'impossible question, Éditions Delachaux et Niestlé, p. 214-216 (7 août 1970)

mardi 2 février 2016

La vie est mouvement

Il ne faisait pas encore nuit, nous marchions le long de la rivière. La vue de l’eau était reposante. Tant de merveilles autour de soi que nous ne voyons pas. Comme on peut être aveugle lorsque l’on ne fait pas l’effort de voir. Nous nous sommes assis un instant, laissant le calme des lieux nous pénétrer. Nous nous sentions bien et non triste de ne pas savoir où la vie nous mènera. Nous avons contemplé le mouvement infini de l’eau, cette belle eau vive. Nous avons compris alors que la vie est mouvement et que, dès qu’il cesse, il n’y a plus de vie.
Chartrand Saint-Louis

dimanche 31 janvier 2016

Nessun dorma de Turandot (Puccini)



Le ténor Jonas Kaufmann livre une formidable interprétation de l'air célèbre
Nessun dorma (Que personne ne dorme) tiré de l'opéra Turandot de Puccini
(début du troisième acte, personnage de Calaf).

samedi 30 janvier 2016

Tous les hommes sont frères (Mahatma Gandhi)

« La véritable « non-violence » devrait signifier que l’homme se trouve totalement libéré de son mauvais vouloir, de la colère et de la haine, afin de laisser place à un amour débordant pour tous les êtres. »

« Je ne crois pas à la conversion d’une personne par une autre. Je dois m’efforcer de ne jamais saper la foi de mon prochain ; il faut au contraire lui permettre de mieux approfondir la sienne. Cette attitude suppose que l’on croie à la vérité de toutes les religions et que l’on a du respect pour elles. Pour cela, il est nécessaire d’être vraiment humble et d’admettre le fait que toutes les religions bénéficient de la lumière divine mais à travers l’écran de notre condition charnelle, ce qui rend compte de leurs insuffisances plus ou moins grandes. »

« On ne peut pas être vraiment non-violent et rester passif devant les injustices sociales. »

« Si nous voulons devenir non-violents, nous devons souhaiter n’avoir rien de plus sur terre que les plus petits de ce monde. »

« La non-violence suppose avant tout qu’on est capable de se battre. Mais en même temps, il faut consciemment et délibérément réprimer tout désir de vengeance. »

« La non-violence et la lâcheté s’excluent. »

« On ne peut pas enseigner la non-violence à celui qui craint de mourir et n’a pas l’énergie de résister. »

« La clémence est autrement plus noble que le châtiment. Le pardon est la parure du guerrier. Mais l’absence de violence ne signifie clémence que s’il y a possibilité de punir. (...) La vraie force n’est pas d’origine physique. Elle vient d’une volonté indomptable. »

« Pour être efficace, la non-violence suppose une volonté bien arrêtée d’accepter la souffrance. Il ne s’agit nullement d’une soumission servile à la volonté du tyran mais de s’opposer de toute son âme à ses méfaits. »

« La civilisation, au vrai sens du terme, ne consiste pas à multiplier les besoins, mais à les limiter volontairement. C’est le seul moyen pour connaître le vrai bonheur et nous rendre plus disponible aux autres. »

« L’expérience m’a (...) montré que le silence fait partie de la discipline que doit s’imposer celui qui a fait vœu de servir la vérité. L’homme est naturellement porté à exagérer les faits, à les dénaturer ou à les escamoter, même à son insu. Le silence est nécessaire pour surmonter ces faiblesses. Les propos d’un homme avare en paroles sont rarement dénués de sens. Chaque mot, dans ce cas, porte. »

« On n’est pas forcément silencieux parce qu’on reste bouche cousue. On peut nous avoir coupé la langue sans que pour autant nous connaissions le vrai silence. L’homme silencieux est celui qui, ayant la possibilité de parler, ne dit jamais un mot de trop. »

« On devient fort en préservant ou en sublimant l’énergie qui a créé la vie. Nous gaspillons continuellement et même inconsciemment cette énergie en nourrissant des pensées confuses et indésirables. »

« Si la pensée n’est pas contrôlée, le reste va à la dérive. (...) Tout n’est plus qu’un jeu d’enfant dès lors qu’on tient les rênes de sa pensée. »

« Pour renforcer l’armure, jeûner est aussi nécessaire que se priver de certains aliments. Les sens sont si tyranniques qu’on ne peut parfaitement les contrôler que si, de tous côtés, on les entoure de clôtures. »

« L’homme est un être social. S’il n’entretient aucune relation avec la société, il ne peut ni prendre conscience de son unité avec l’univers ni se dépouiller de son égoïsme. C’est son interdépendance sociale qui lui permet d’éprouver sa foi et de se mesurer lui-même à cette pièce de touche qu’est la réalité. »

« La vie ne dispense tous ses dons que le jour où l’on s’initie à l’art de vivre noblement. »

« Notre récompense se trouve dans l’effort et non dans le résultat. »

« (...) Le sage, lui, ne retient de toutes choses que ce qu’il y a de bon et en rejette ce qui est mauvais. »

– Extraits puisés dans le livre du Mahatma GANDHI, Tous les hommes sont frères : vie et pensées du Mahatma Gandhi d’après ses oeuvres, textes choisis par Krishna Kripalani ; traduction par Guy Vogelweith ; préface d’Olivier Lacombe ; introduction de Sarvepalli Radhakrishnan, Paris : Gallimard, 1979, c1969, 313 p.

mardi 26 janvier 2016

Le nouvel ordre qui découle de la corruption

« [d]u principe de démocratie désormais corrompu découle un nouveau régime qui répond au nom de « gouvernance ». L'université corrompue débouche sur des institutions marchandes d'expertise. L'économie corrompue donne lieu à l'oligarchie financière. Les institutions de justice corrompues ouvrent sur des instances privées et dispendieuses de règlement des différends. »

Alain DENEAULT, Médiocratie, Lux Éditeur, 2015, p. 198

samedi 23 janvier 2016

La théorie du ruissellement économique

« La théorie du ruissellement économique, un conte pour enfants voulant que l'enrichissement des plus riches rejaillisse inévitablement sur l'ensemble de la communauté, a beau être combattue de toute part, des experts et universitaires continuent de la professer de manière tapageuse, faisant de cette prémisse l'objet d'une foi. Si des météorologues prédisaient de la pluie aussi souvent que les économistes nous annoncent cet imaginaire ruissellement mondial des richesses, on aurait tôt fait de s'en détourner. Cette stupidité nous occupe le cerveau au point que l'on voit encore les riches comme ceux qui créent une richesse dont on attraperait une menue part à notre compte, plutôt que de les considérer comme ceux qui la ponctionnent à notre détriment. »

Alain DENEAULT, Médiocratie, Lux Éditeur, 2015, p. 87

« Quand 1 % des plus nantis sont sur le point de disposer de la majorité des richesses mondiales, que 80 % des écosystèmes sont menacés, nous n’avons pas le luxe de rester médiocres. Le bien commun, la chose commune sont exclus du discours médiocre. On ne peut réduire nos vies à ce genre de petites combines. Notre époque mérite mieux. »

– Commentaire d'Alain DENEAULT, extrait de l'article d'Isabelle Paré, « Ces «médiocres» qui mènent le monde », Le Devoir, 13 octobre 2015.

samedi 16 janvier 2016

Professeur Norman Cornett

La première scène donne le ton de ce film Professeur Norman Cornett d'Alanis Obomsawin (ONF, 2009). Elle démarre par la chanson "Another Brick in the Wall" du groupe Pink Floyd. Des témoignages et extraits de sessions de classe composent le reste de la trame narrative. Ce film s'articule autour du choc causé par le congédiement du professeur Cornett par l'Université McGill. La désolation est palpable chez ses anciens étudiants. Des invités de ses sessions de classe ne s'expliquent pas ce qui a pu motiver cette décision de le congédier. Les personnes interrogées émettent des hypothèses : "il n'était pas compétitif", "il ne publiait pas", "sa méthode d'enseignement n'était pas conventionnelle". À l'écoute de ce film, l'on constate que son approche d'enseignement basé sur le dialogue avait le grand mérite d'éveiller les consciences et d'apprendre à réfléchir par soi-même. Elle faisait naître des libres penseurs. Il me semble qu'il aurait mieux valu de lui dire : "merci, monsieur le professeur".

Qu'est devenu ce professeur ? Il poursuit son enseignement sur son blogue Have You Experienced? – The Website of Professor Norman Cornett's Dialogic Sessions.

vendredi 15 janvier 2016

Christophe Pratiffi

Christophe Pratiffi est un guitariste classique qui transcende d’une manière exceptionnelle la technique de son instrument pour donner vie à une musique
d’un grand raffinement.

Visionner cette vidéo et ces autres vidéos en ligne pour le plaisir d'écouter
de la très belle musique.

mercredi 13 janvier 2016

Le scepticisme pyrrhonien

Chez le sceptique pyrrhonien, la « suspension du jugement » est le terme de la recherche. Le sceptique, après avoir suspendu son jugement, a-t-il encore le souci de poursuivre la recherche et l’examen ? S’il suspend son jugement, peut-il décider sur les choses ? Comment l’échec de la raison peut-il être valorisé ?

À y regarder de près, il semble évident que la « suspension du jugement », cet état d’incertitude et d’incapacité, est un constat d’échec et recouvre un aspect négatif. Mais elle peut revêtir un tout autre visage. Il n’est qu’à souligner, sur ce point, ce que des penseurs des siècles ultérieurs (Montaigne, Pascal et Hume) ont dit à ce propos.

Pour Montaigne (1533-1592), cette « perpétuelle confession d’ignorance », ce « jugement sans pente ni inclinaison » ouvre des chemins qui mènent à la foi. La suspension du jugement est aussi valorisée parce qu’elle est la condition de possibilité d’une vie tranquille et bienheureuse, exempte des agitations que nous recevons par l’impression de l’opinion et de la science que nous pensons avoir des choses.

Pour Pascal (1623-1663), ce qui fait la grandeur de l’homme, c’est justement la reconnaissance de sa misère. « La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable. C’est donc être misérable que de se connaître misérable, mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable ».

Le scepticisme pyrrhonien (que l’on désigne également par « pyrrhonisme »), dans l’expression de sa reconnaissance de la faiblesse humaine, apparaît pour Pascal un remède à la vanité des hommes (vanité qui les rend bêtes).

David Hume (1711-1776), dans son enquête sur l’entendement humain, concède qu’il y a parfois égale force des contraires en ce qui se rapporte aux faits. « Le contraire d’un fait quelconque est toujours possible car il n’implique pas contradiction et l’esprit le conçoit aussi facilement et aussi distinctement que s’il concordait pleinement avec la réalité ». Comme Pascal, le scepticisme lui semble conduire au discernement de l’aveuglement et de la faiblesse humaine. Même la plus parfaite philosophie morale ou métaphysique « sert seulement à découvrir que notre ignorance s’étend à des domaines plus vastes ». Il y a chez lui une valorisation de la « suspension du jugement » en vue de prévenir les hommes contre l’arrogance impardonnable des dogmatismes et du danger des déterminations hâtives. « Le meilleur expédient pour prévenir cette confusion est de rester modeste dans nos prétentions, et même de découvrir nous-mêmes la difficulté avant qu’on nous l’objecte. De cette manière, nous pouvons nous faire une sorte de mérite de notre ignorance même ». « Nous aurons du moins, par ce moyen, le sentiment de notre ignorance si nous n’augmentons pas notre connaissance ».

L’essence du scepticisme pyrrhonien s’exprime dans son relativisme. Les choses apparaissent relatives à quelque chose, soit relatives à celui qui juge (le sujet), soit relatives à ce qui accompagne l’observation de la chose (distance, lieu, situation). Le défaut des sens rend difficile, sinon impossible, d’accéder aux choses dans toute leur simplicité. Il entraîne une imperfection de l’entendement humain « puisque les sens qui sont ses guides, se trompent ». Et même si nous pouvons percevoir la chose telle qu’elle se présente, nous n’accéderons finalement qu’aux « mélanges extérieurs propres à l’objet ». La fréquence et la rareté de l’apparition font voir la relativité de nos représentations. Le soleil peut apparaître plus effrayant qu’une comète mais, par sa fréquence, nous n’en ressentons aucune crainte, ce qui est l’inverse dans le second cas (l’apparition d’une comète).

Pour le sceptique pyrrhonien, toutes les représentations sont relatives, la négation du relatif est elle-même affirmation du relatif et l’absolu mène au relatif (en ce sens qu’il est lui-même relatif à quelque chose).

« Tout est relatif à quelque chose, par exemple à celui qui juge : chaque chose apparaît relative à cet animal, à cet homme, à ce sens selon telle circonstance, et à ce qui accompagne l’observation de la chose : chaque chose apparaît avec le mélange, de cette manière, dans cette composition, sous cette quantité, avec cette position ». [2]

Ce relativisme exprime le « subjectivisme relatif » du scepticisme pyrrhonien. « C’est au sujet que telle apparence déterminée est relative » [3]. Ce subjectivisme se couple d’un certain réalisme, puisqu’il y a reconnaissance de la relation des choses entre elles ou des objets entre eux. En fait, le réel « réside dans la relation ». [1]

L’orientation sceptique consiste à ne s’attacher qu’aux apparences, à cette « fluidité des phénomènes » qui provient du fait que nous n’avons des choses que des impressions relatives. Mais il convient d’ajouter que le phénomène n’est pas qu’une représentation relative aux sens et au sujet connaissant. Il est plus que cela. Il est une réalité physique, matérielle, qui se maintient dans la sphère du relatif. [1]

Le sceptique pyrrhonien soutient que nous ne pouvons nous prononcer sur la nature « indivisible » des choses car nous ignorons les principes derniers, les pouvoirs cachés de la nature qui les sous-tendent. Comme le mentionne Hume, « qui affirmera qu’il peut donner la raison dernière pour laquelle le lait ou le pain conviennent à l’homme comme nourriture et non à un lion ou à un tigre ».

Dans ce contexte de relativisme et de « phénoménisme », il s’avère inconséquent de prétendre détenir la vérité sur la nature « essentielle » des choses.

***

Pyrrhon d’Élis (360-270 av. J.-C.) est le créateur du scepticisme pyrrhonien (pyrrhonisme). Agnostique présumé, « il s’abstenait de donner son opinion sur tout sujet. Il niait qu’une chose fût bonne ou mauvaise, vraie ou fausse en soi. Il doutait de l’existence de toute chose, disait que nos actions étaient dictées par les habitudes et les conventions et n’admettait pas qu’une chose soit, en elle-même, plutôt ceci que cela ».

Les académiciens sceptiques admettent des conclusions sensiblement similaires à celles des sceptiques pyrrhoniens. L’argument fondamental des académiciens sceptiques est exprimé en ces termes par Cicéron (106-43 av. J.-C.) : « Je pense, en effet, que rien ne peut être perçu ». Cet argument trouve un échos dans le principe d’Épicure (341-270 av. J.-C.) : « Si une seule représentation sensible est fausse, rien ne peut être perçu. » Si les académiciens sceptiques n’admettent aucun critère de certitude, ils favorisent cependant un certain probabilisme à l’égard des choses : « cette théorie du probable, théorie commode, dégagée et libre, qui ne s’embarrasse pas de difficultés ». En proclamant la théorie du probable, les académiciens sceptiques marquent le point crucial de rupture avec le pyrrhonisme. Ce terme de « rupture » n’indique toutefois pas un lien de filiation entre ces deux types de scepticisme mais plutôt un désaccord à l’égard de cette problématique.

– Texte de Chartrand Saint-Louis

Références:

Cicéron, Premiers académiques, II; trad. Émile Bréhier. Paris : Gallimard, 1962 (coll. La Pléiade)

[1] Dumont, J.P., Le scepticisme et le phénomène, Paris : Librairie J. Vrin, 1972, 239 p.

[2] Empiricus, Sextus, Les esquisses pyrrhoniennes ou hypotyposes; trad. par Geneviève Goron. Livre premier. Paris : Aubien-Montaigne, pp. 157-211.

[3] Festugière, André-Jean, Épicure et ses Dieux, Paris : Presses universitaires de France, 1985, c1946, 132 p.

Hume, David, Enquête sur l’entendement humain, Paris : Flammarion, 1993, c1983, 252 p.

Montaigne, Michel de, Apologie de Raimond Sebond, Paris : Gallimard, 1967, 372 p.

Pascal, Blaise, Pensées, Paris : Le Livre de poche, 2000

***

Passage cité dans un document diffusé sur le site Academia.edu:

"Ces dernières affirmations nous font penser à un certain athéisme sceptique – ou bien plutôt au scepticisme pyrrhonien tout court, cet apanage fondamental de la modernité qui suppose relativisme, phénoménisme, reconnaissance du doute comme réalité insurmontable, qui, n’allant pas jusqu’au nihilisme, se maintient comme principe constructif de toute quête intellectuelle et de toute action; le doute pyrrhonien relativise non pas nécessairement l’absolu lui-même, mais plutôt la possibilité de sa possession. D’où, comme le dit Chartrand Saint-Louis dans un article électronique, « il s’avère inconséquent de prétendre détenir la vérité sur la nature « essentielle » des choses ».
– Hărșan, Ramona, André Gide : La Morale de l’Immoraliste, Academia, p. 102

lundi 11 janvier 2016

Les dix entraves d'après la pensée bouddhiste

Dans la pensée bouddhiste, les « dix entraves » sont :

- l’illusion de l’ego ;
- le scepticisme ;
- la croyance en la magie pour résoudre les problèmes de la vie ;
- l’illusion des sens ;
- la malveillance ;
- le désir pour les êtres incarnés ;
- le désir pour les êtres désincarnés ;
- l’arrogance ;
- l’impatience ;
- l’ignorance de la vraie nature de la réalité.

vendredi 8 janvier 2016

Moi, Asimov (Isaac Asimov)

Au fil de l’expérience

« Dans la vie, les éléments les plus importants sont ceux qui se constituent progressivement, au fil de l’expérience ; heureux ceux qui les intègrent plus vite et plus facilement que moi. »

Complaisance et apitoiement sur soi

« Chacun a droit à une dose limitée de complaisance. Plus tu en ressentiras pour toi-même, moins les autres gens en auront à ton égard. Si tu t’apitoies beaucoup sur ta petite personne, il n’y aura pas un seul être humain pour te prendre en pitié. En revanche, si tu affrontes courageusement tes problèmes, tu recevras toute la compassion, toute l’aide dont tu auras besoin. »

Façonnement par la vie

« Tous nos actes, c’est évident, résultent de modifications intervenues dans l’environnement, donc de facteurs dont il est rare qu’on ait la maîtrise. Si, de gamins odieux, je suis devenu un patriarche universellement aimé, ce n’est pas parce que j’en ai pris la décision, mais parce que j’ai été façonné par la vie de manière plus ou moins inconsciente. Je me félicite de ce qu’elle m’ait façonné dans le bon sens. Mais je n’y suis pour rien. »

Mise en garde sur l’anéantissement de la planète

« L’auteur de science-fiction Ben Bova prétend que nous autres auteurs sommes des éclaireurs dépêchés par l’humanité pour explorer l’avenir. Nous en revenons porteurs de recommandations touchant au progrès de la civilisation et de mises en garde sur l’anéantissement de la planète. Il est vrai qu’à une époque comme la nôtre où les êtres humains oeuvrent complaisamment à leur propre destruction, il est impératif que les sommations soient inlassablement répétées. »

Planète en danger

« L’humanité nuit à la planète et à son équilibre écologique depuis qu’elle a appris à tailler la pierre pour fabriquer des armes, et à s’organiser en bandes pour traquer les grands herbivores. Je suis persuadée que les bandes de chasseurs sont responsables de la disparition des mammouths et autres mammifères géants qui écumaient la surface de la Terre il y a vingt mille ans. Puis, il y a dix mille ans, les humains ont acquis un savoir-faire suffisant pour se lancer dans l’agriculture et l’élevage, et ce fut le début d’un long processus de destruction de l’environnement par excès de pâturage et de mise en culture. Pourtant, ils ont eu beau se rendre coupables des guerres et des pillages les plus insensés, ils n’ont véritablement mis la planète en danger qu’en 1945, année de la première bombe atomique. Alimentée par un pétrole encore bon marché, la révolution industrielle en marche est alors passée à la vitesse supérieure. Actuellement, nous sommes tout à fait en mesure d’abîmer notre monde, irrémédiablement et à court terme ; pour tout dire, le processus est déjà enclenché. »

Problèmes écologiques majeurs

« Nous sommes actuellement confrontés à des problèmes écologiques majeurs qui font planer sur la civilisation une menace d’anéantissement imminent et peuvent signer l’arrêt de mort de la Terre en tant que monde habitable. L’humanité n’a pas les moyens de gaspiller ainsi ses ressources financières et affectives dans d’interminables chamailleries dépourvues de sens. Nous devons acquérir une vision planétaire, nous unir sans exception pour résoudre les véritables problèmes, communs à tous les habitants de la Terre. Est-ce faisable ? Se poser la question, c’est comme se demander : « L’humanité peut-elle survivre ? » »

Rationalisme et surnaturel

« J’ai une vision de la vie qui m’est propre et où le surnaturel n’a pas sa place, sous quelque forme que ce soit ; et cette vision me satisfait pleinement. En bref, je suis un rationaliste, et je ne crois qu’en ce que la raison me présente comme rationnel. Et croyez-moi, ce n’est pas facile. Nous sommes environnés par la croyance dans un monde où les diverses formes de surnaturel sont acceptées avec une facilité déconcertante, cernés par les foudres des autorités constituées qui tentent à toute force de nous faire croire en son existence, à tel point que les convictions les mieux établies se laissent parfois ébranler. »

Subdivision en groupuscules

« Je refuse de me considérer comme dépassant la définition simple mais précise d’«être humain», et il me semble que si nous voulons éviter l’anéantissement de la civilisation, voire de l’espèce humaine toute entière, notre problème le plus délicat - outre la surpopulation - reste cette diabolique habitude que nous avons de nous subdiviser en groupuscules autosatisfaits et enclins à se stigmatiser les uns les autres. (...) Le raisonnement qui attribue à tel ou tel groupe artificiellement défini le mérite de tel ou tel haut fait réel ou imaginaire peut aussi servir à justifier l’asservissement et l’humiliation des individus, par les méfaits réels ou fantasmés du même groupe. »

– Extraits puisés dans le livre d'Isaac ASIMOV, Moi, Asimov : essai autobiographique, traduit de l’américain par Hélène Collon, Paris : Éditions Denoël, 1996, 609 p.

mardi 5 janvier 2016

Lever du soleil sur les plaines



Photo : Chartrand Saint-Louis

Enseignements de Lanza Del Vasto sur le yoga

Le secret du yoga tient en deux pratiques : le contrôle du souffle et la méditation.

« La respiration est de toutes les fonctions du corps la seule qui soit volontaire ou involontaire à volonté. Il s’agit de la rendre volontaire et de s’en emparer. C’est par là qu’on a prise, de fil en fil, sur les autres fonctions. Et qui dit volonté dit connaissance. Pour qui veut connaître son corps du dedans c’est la corde du puits. Or, notre corps est le résumé de toute la création, le seul objet que nous puissions connaître en même temps du dedans que de dehors. Le connaissant, on connaît tout le reste. Le contrôle du souffle est donc la pierre philosophale et le principe des transformations. »

« Tout ce qu’on nous enseigne c’est à tirer l’air par la narine droite et à le lâcher par la gauche en nous bouchant le nez alternativement du pouce et de l’annulaire ; ce qui ne présente aucune difficulté et aucun intérêt ... »

Quant à l’autre pratique, la méditation, elle ne consiste pas à se fixer. Ce n’est pas non plus de réfléchir sur un sujet, ni de s’appliquer à l’approfondir. Pour atteindre la méditation, il convient d’abandonner l’habitude de penser.

« (...) la fin de la méditation c’est la connaissance de l’un, de l’un intérieur, du soi. La pensée ne peut donc pas s’introduire là. C’est un mystère que la nature même de la pensée, non son défaut, l’empêche de percer. Il faut que la pensée se renonce pour concevoir l’un. »

« Méditer c’est entrer dans la vérité sans la découvrir, sans la voir du dehors, sans l’ouvrir en paroles. »

« Ainsi donc loin d’écarter toute image, efforcez-vous d’en dresser une et de lui donner toute puissance en vous. Prenez-la telle que vous puissiez vous y fixer tout entier. »

« J’emplis maintenant sans étouffement « la plus petite mesure ». Je l’ai fait constater ce matin à mon ami. Il s’en réjouit et m’en loua : « Vous n’êtes plus un novice, vous êtes un sâdhœk désormais. La mesure est petite, mais c’est déjà celle d’un yoguî. Il m’intime l’ordre de ne pas essayer de me pousser au-delà mais de m’y tenir pendant plusieurs mois. « Si vous vous forcez trop, un accident est à craindre. » »

« Le grand danger du yôg c’est qu’il fait grandir l’homme. Or le grand peut tomber aussi bien que le petit, mais il tombe de plus haut. Quand un arbre grandit et verdoie dans le ciel, c’est qu’alors sa racine grandit noire sous la terre. L’homme de bien est celui qui tient son mal derrière lui et sous ses pieds. Le juste est celui qui maintient chaque chose à sa place. Les choses d’en bas lui servent de ressource et de base. Mais la soumission des choses d’en bas n’empêche pas leur existence. Le refoulement les irrite au contraire et la pression les doue de puissance explosive. (...) L’homme sublime sans profondeur n’est pas un saint, n’est pas un sage, ni même un homme. Il n’a pas de racine et n’a pas de substance. Oh ! oh ! la sage image et le pieux mensonge. L’émasculé ne peut rien espérer du yôg, non plus que l’homme dissolu. Les racines de l’un sont coupées, celles de l’autre ont pourri. »

« Le fait est que je ne pouvais plus dans la méditation garder l’œil fixe et sec, ni le cœur pur de tout souvenir et de mélancolie. »

« Pratiquer le yôg c’est apprendre à vivre et à mourir comme on apprend à jouer d’un instrument. La part de patience, d’habileté technique, de convention et d’artifice et la part d’inspiration y sont les mêmes. L’instrument c’est le corps vivant, le corps intérieur inconnaissable à ceux qui l’observent du dehors comme à ceux qui le tuent pour l’ouvrir et pour en disséquer le résidu visible. Les cordes en sont les conduits du souffle vital et du fluide magnétique. Les doigts qui font sonner les notes sont les touches de l’attention réfléchie. Liberté résulte de maîtrise et lui revient. La mélodie enfin c’est la joie de celui qui joue et de ceux qui ont des oreilles pour l’entendre. Celui qui sait jouer cette musique-là n’a pas seulement la joie, il devient la joie. »

– Extraits puisés dans le livre de Lanza DEL VASTO, Le pèlerinage aux sources, Paris: Éditions Denoël, 1943, 407 p.

samedi 2 janvier 2016

Conseils pour décrocher du milieu du travail

Se laisser des messages;

Apprendre à dire non
(un dossier de plus quand on est submergé ? Une promotion au moment où on veut prendre davantage de temps pour soi ou pour sa famille ? Les refuser ! Surtout, ne pas se sentir coupable !);

Renouer avec son corps
(un massage, une séance dans un spa ou toute autre activité qui chasse les tensions, apaise l’esprit en ébullition et procure un bien-être général);

Apprendre à déléguer;

Lire pour le plaisir;

Décider de l’heure à laquelle on quittera le bureau (dès le matin);

Faire du bénévolat;

Faire silence
(éteindre cellulaire, radio ou téléviseur, après une certaine heure);

Dresser une liste des choses à faire pour le lendemain;

Adopter un animal de compagnie;

Rentrer à pied à la maison
(si on habite trop loin pour marcher jusqu’à la maison, descendre une ou deux stations de métro plus tôt ou stationner l’auto plus loin du bureau);

Fuir les 5 à 7 du bureau
(décrocher, c’est aussi tirer un trait sur les conversations qui ne tournent qu’autour du boulot);

S’autocensurer
(faire un pacte avec nos amis ou nos collègues : on ne parle pas du boulot, à moins d’un événement majeur);

Élaborer des projets personnels
(préparer un voyage, planifier une activité ou jardiner);

Ne rien faire
(s’allonger et se permettre de rêver, laisser vagabonder sa tête);

Consacrer du temps à ses amis
(pour flâner ou se redécouvrir);

Organiser ses weekends
(un brunch entre amis, une matinée au concert ou une sortie au cinéma);

Prendre le temps de décompresser
(prendre le temps qu’il faut après, passer à autre chose);

Suivre des cours
(danse, tricot ou yoga, ... pour s’obliger de quitter le bureau et se ressourcer);

S’accorder une marge d’erreur
(s’accorder le droit à l’erreur et aux petits oublis enlève de la pression);

Entreprendre une thérapie
(pour mieux réfléchir à son mode de vie et à l’importance que l’on accorde au travail. Il sera possible après de prendre des décisions éclairées).

- Conseils tirés de divers articles de revues