Passer au contenu principal

En vedette

Requiem pour les géants abattus

© 2026, Chartrand Saint-Louis , photographie Musique : © 2026, titre : " Requiem pour les géants abattus ", réarrangement orchestral par Albert . Oeuvre basée sur des thèmes au piano par Chartrand Saint-Louis , 2:24 min. Mixage, révision et sonorisation par Albert *** Ces splendides grands arbres qui bordent le boulevard René‑Lévesque, à Québec, et qui se trouvent sur le tracé du futur tramway, verront malheureusement leur vie sacrifiée dès l’été 2026. Ils font partie des 1500 arbres qui seront abattus.

Une société de travailleurs sans travail (Hannah Arendt)

« En hissant le travail au rang d'une activité proprement humaine*, l'âge moderne a fait de la croissance économique un credo et a précipité l'avènement de la société de consommation. Dès lors, la recherche de croissance n'a eu d'autre effet que d'accélérer le cycle de production et de destruction des biens périssables. Par ailleurs, l'automatisation due aux progrès techniques a peu à peu dégagé les individus de leur fardeau, sans proposer d'alternatives au travail. « Ce que nous avons devant nous, écrit Arendt, c'est la perspective d'une société de travailleurs sans travail, c'est-à-dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire**. »

– extrait de l'article de Céline Bagault, « Hannah Arendt : L'impasse de la modernité », Les Grands Dossiers des Sciences Humaines : Les penseurs de la société de Tocqueville à Saskia Sassen, no. 30, Mars-avril-mai 2013, p. 44-45

* Pour Arendt, la vie active se divise en trois activités : le travail, l'oeuvre et l'action.
« Seules l'oeuvre et l'action, qui participent à l'édification d'un monde commun, sont des activités spécifiquement humaines. L'oeuvre car elle crée des objets durables – des objets d'art, de culture, ou d'artisanat – qui ne se consomment pas. L'action politique car elle est l'art d'interrompre le cycle des générations, d'inventer des commencements, de faire l'histoire. » (ibid., p. 44)

** Hannah Arendt, Condition de l'homme moderne, 1958, rééd. Gallimard, 2012.