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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Le mouvement de la vie quotidienne dans le sommeil

« Le mouvement de la vie quotidienne se poursuit dans le sommeil parce que ce mouvement est empreint de contradiction, de désordre, de discorde. Et pendant le sommeil, par des rêves ou par d'autres moyens, le cerveau s'efforce de mettre de l'ordre dans son propre chaos. Mais si vous maintenez l'ordre pendant la journée, point n'est besoin de le faire pendant le sommeil. Alors le cerveau est reposé, dispos, tranquille, calme.

Mett[ez] fin au problème au moment où il surgit, sans le reporter au lendemain ou même à la minute suivante - mettez-y fin ! Quelqu'un vous a trompé, a dit de vous des méchancetés. Regardez la chose en face, mais n'en prenez pas la charge, ne la portez pas comme un fardeau. Mettez-y fin au moment même où les paroles sont prononcées et non plus tard.

Le désordre est un état de névrose et finit dans le déséquilibre psychique. L'ordre exige que chaque problème soit liquidé dès l'instant où il prend naissance, et par conséquent le mouvement de la journée prend fin avant la nuit. »

– Krishnamurti, L'impossible question, Éditions Delachaux et Niestlé, 1970, p. 214-216 (extraits)