Passer au contenu principal

En vedette

Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

Le marché aux besoins des sociétés (Karl Polanyi)

« Polanyi affirme que le marché libre n'est en rien une tendance naturelle mais, comme l'écrit Louis Dumont en préface*, une « doctrine intolérante qui interdit à l'État d'intervenir ». Face aux instabilités et aux tensions qui naissent de son pouvoir dissolvant, les sociétés, même modernes et démocratiques, ne peuvent que réagir négativement, et spontanément prennent des mesures contraires. Car – l'idée est omniprésente chez Polanyi – l'économie est faite pour obéir aux besoins des sociétés, et non l'inverse : selon lui, l'idéologie libérale a eu le tort de « désencastrer » l'économie des rapports sociaux, pour faire du principe de libre concurrence (empruntée au darwinisme social) une sorte de religion. »

– extrait de l'article de Nicolas Journet, « Karl Polanyi : Le père de la socioéconomie », Les Grands Dossiers des Sciences Humaines : Les penseurs de la société de Tocqueville à Saskia Sassen, no. 30, Mars-avril-mai 2013, p. 30-31

* préface du livre le plus célèbre de Karl Polanyi, La Grande Transformation, 1944, Gallimard, 2009