Passer au contenu principal

En vedette

Feuilles au vent

« Il en est de la race des humains comme des feuilles : Le vent a beau les coucher sur le sol, il en vient d'autres Dans les bois verdoyants, dès que s'annonce le printemps. Ainsi les hommes tour à tour naissent, puis disparaissent. » – Homère, L'Iliade , chant VI

Amour de Swann (Marcel Proust)

Proust est un monument de la littérature française. Prenez ce passage remarquable où il décrit l’amour. N'est-ce pas ce que l'on appelle du grand art?

« Alors, l'être avec qui nous nous plaisons à ce moment-là, le sort en est jeté, c'est lui que nous aimerons. Il n'est même pas besoin qu'il nous plût jusque-là plus ou même autant que d'autres. Ce qu'il fallait, c'est que notre goût pour lui devînt exclusif. Et cette condition-là est réalisée quand – à ce moment où il nous fait défaut –, à la recherche des plaisirs que son agrément nous donnait, s'est brusquement substitué en nous un besoin anxieux qui a pour objet cet être même, un besoin absurde, que les lois de ce monde rendent impossible à satisfaire et difficile à guérir – le besoin insensé et douloureux de le posséder. »
– Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. Un amour de Swann, chapitre 3

Lien vers la version audio : Du côté de chez Swann, 2 : Un amour de Swann