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Degré de pouvoir, degré de connaissance

« À chaque degré de pouvoir doit répondre un certain degré de connaissance. Ce qui est redoutable, en effet, c’est le pouvoir illimité commandé par un esprit borné. Il n’est de violence ni de crime qu’il ne faille craindre de mains vigoureuses au service d’une tête faible. » – Michel Tournier, Gilles et Jeanne , placée en épigraphe du livre de Stéphanie Hochet, Armures , Rivages, 2025

Profondeur et surface

« Il faut cacher la profondeur. Où ? À la surface. »
– Hugo von Hofmannnsthal

S’il faut la cacher à la surface, est-ce à dire que la profondeur est inexistante ? S’il faut répondre par l'affirmative, il devient inutile de s'évertuer à creuser, il vaut mieux rester à la périphérie. N'est-ce pas ce qu’un grand nombre de gens font ? Peut-être ont-ils raison. Quand on examine nos comportements et ceux de nos semblables, on ne décèle pas (trop) de profondeur. Ce qui se présente d'emblée, ce qui est visible à tous, est (malheureusement trop souvent) ce qu'il y a de plus vrai. Faut-il comprendre, au contraire, que seul un regard expérimenté ou aiguisé peut déceler ce qui est caché à la surface, puisque la profondeur ne se manifeste que par certains signes, indices ou autres traces visibles ? Seul un regard avisé (et, très certainement, un regard aimant) peut voir ce qui se cache à la surface, d'autant plus que rares sont les gens qui ont su préserver cette faculté de scruter attentivement ce qui surgit. Dans un contexte de cécité collective, n’y a-t-il pas meilleur endroit où cacher la profondeur qu’à la surface ? Sans surface, peut-on parler de profondeur ? Et sans profondeur, peut-on parler de surface ? Ces questions méritent réflexion !