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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Profondeur et surface

« Il faut cacher la profondeur. Où ? À la surface. »
– Hugo von Hofmannnsthal

S’il faut la cacher à la surface, est-ce à dire que la profondeur est inexistante ? S’il faut répondre par l'affirmative, il devient inutile de s'évertuer à creuser, il vaut mieux rester à la périphérie. N'est-ce pas ce qu’un grand nombre de gens font ? Peut-être ont-ils raison. Quand on examine nos comportements et ceux de nos semblables, on ne décèle pas (trop) de profondeur. Ce qui se présente d'emblée, ce qui est visible à tous, est (malheureusement trop souvent) ce qu'il y a de plus vrai. Faut-il comprendre, au contraire, que seul un regard expérimenté ou aiguisé peut déceler ce qui est caché à la surface, puisque la profondeur ne se manifeste que par certains signes, indices ou autres traces visibles ? Seul un regard avisé (et, très certainement, un regard aimant) peut voir ce qui se cache à la surface, d'autant plus que rares sont les gens qui ont su préserver cette faculté de scruter attentivement ce qui surgit. Dans un contexte de cécité collective, n’y a-t-il pas meilleur endroit où cacher la profondeur qu’à la surface ? Sans surface, peut-on parler de profondeur ? Et sans profondeur, peut-on parler de surface ? Ces questions méritent réflexion !