mardi 11 juin 2019

L'esprit du geste (« zanshin »)

« L'esprit qui demeure, sans s'attacher, l'esprit qui reste vigilant.

On prend soin de l'action et l'on reste attentif à ce qui peut survenir ensuite. Il y a, par exemple, une manière zanshin de fermer une porte, de poser un objet, de prendre un repas ou de conduire une voiture, et même de rester immobile.

On pose les objets avec précaution, on suspend son mouvement une fraction de seconde avant de fermer une porte afin de ne pas la claquer. (...) maintient la concentration de l'énergie, et marque le respect à l'égard des autres.

Il est difficile d'être à ce que l'on fait, il l'est plus encore de rester attentif à ce que l'on peut être appelé à faire instantanément. »

– Taisen Deshimaru, maître zen, extrait du livre Le chant de l'immédiat satori : Shodoka, textes de Yoka Daishi, traduction et commentaires de Taisen Deshimaru avec la collaboration de Malika Legrand et Evelyn de Smedt, Paris : Albin Michel, 1992, p. 214-215

vendredi 7 juin 2019

Vivre au plus proche de la vérité

« La plupart d'entre nous ont besoin de rêve et de rituels, de magie et de sentiment de puissance. Mais on chemine ainsi à l'opposé de la réalité et de la spontanéité, de la simplicité et de l'humilité qui nous sont nécessaires pour vivre au plus proche de la vérité.

Pourtant, la nature qui nous entoure ici même est une invitation à découvrir un monde tout aussi passionnant que celui des Antipodes, et dont l'approche peut emmener l'audacieux dans un « voyage intérieur » qui ne nécessite pas la prise d'aucune substance extérieure.

Tout nous est donné à chaque instant, là où nous sommes. Il suffit de s'y ouvrir !

Et comment s'y prendre ?

En nous montrant attentifs aux moindres manifestations de la nature, en devenant sensibles à la poésie des oiseaux, des plantes, des montagnes, des forêts, des rivières...

Et observons. Accordons aussi toute notre attention aux autres humains, bien sûr, à chacune de nos actions, de nos paroles, de nos pensées...

Avec l'accroissement de notre conscience, nous allons vite nous rendre compte que le développement matérialiste de l'humanité s'est constamment effectué au détriment de la nature, au point de l'avoir laissée exsangue.

Pour porter remède à la situation actuelle, il nous faut donc impérativement quitter notre statut de consommateurs, soigneusement entretenu par la publicité et par nos mentalités. Cesser de vouloir uniformiser le monde, accepter la nécessité de la diversité naturelle et culturelle. Nous responsabiliser. Agir ! »

– François Couplan, extrait du livre La nature nous sauvera : Réponses préhistoriques aux problèmes d'aujourd'hui, Entretiens avec Patrice Van Eersel, Paris : Albin Michel, 2008, p. 208-209

mardi 4 juin 2019

Quand on vit dans la simplicité librement choisie, on est toujours gagnant (François Couplan)

« Je suis riche des biens dont je sais me passer. »

– Maxime de Marcel Adam, un oncle végétarien et philosophe de François Couplan, extrait puisé dans son livre : La nature nous sauvera : Réponses préhistoriques aux problèmes d'aujourd'hui, Entretiens avec Patrice Van Eersel, Paris : Albin Michel, 2008, p. 21-22

vendredi 24 mai 2019

Un piano est une voix qui doit pouvoir chanter (Arthur Rubinstein)

« J'ai toujours chanté la musique en moi-même, et mes recherches techniques ont toujours été faites dans le but de permettre à ce chant de s'exprimer. »

« Au-delà de la technique, une seule chose compte vraiment : le chant. En matière musicale, tout est chanson. »

« Lorsque j'interprète une oeuvre, je la recrée... c'est sans doute un peu mystérieux. J'ai décidé, toute ma vie durant, d'être moi-même un instrument. »

« On ne peut jouer la musique avec autre chose que son coeur. Il faut chanter intérieurement, et alors les notes viennent toutes seules au bout des doigts. »

« Les autres arts sont visibles. Vous pouvez regarder la peinture, la sculpture, l'architecture. Mais vous ne verrez jamais la musique. Vous devez la ressentir, vous devez l'entendre... elle vient de nulle part. »

– Arthur Rubinstein, citation puisée dans le livre d'Éric Lipmann, Arthur Rubinstein ou l'amour de Chopin, Paris : Éditions de Messine, 1980, p. 57, 130, 146 et 184

mercredi 22 mai 2019

Inutile d'aller chercher ailleurs la vérité

« Il est des personnes intelligentes, qui ont une bonne mémoire, mais sont incapables de créer, d'avoir une individualité propre. Elles ne peuvent s'approfondir. Réceptives à la sagesse des autres, elles se laissent influencer par les discours de chacun comme si elles manquaient d'intelligence. Elles sont incapables de créer leur propre sagesse et continuent de chercher toujours à droite et à gauche. »

« Nous devons comprendre qu'il est inutile d'aller chercher ailleurs. La vérité est là, ici et maintenant, en nous-mêmes. Sinon, nous demeurons comme des enfants désirant un chocolat et qui, lorsqu'ils voient une poupée dans les bras d'un autre enfant, veulent cette poupée... puis un bonbon..., puis autre chose, changeant sans cesse. Notre société de consommation déclenche le même mouvement : on veut une belle maison, une belle auto, une belle femme... Puis, le changement perpétuel. »

« Toujours chercher crée une très grande souffrance. La vraie paix, la tranquillité d'esprit est absente de ce désir, désir de changement... de gagner de plus en plus, en amour, en affaires... »

– Taisen Deshimaru, maître zen, extrait du livre Le chant de l'immédiat satori : Shodoka, textes de Yoka Daishi, traduction et commentaires de Taisen Deshimaru avec la collaboration de Malika Legrand et Evelyn de Smedt, Paris : Albin Michel, 1992, p. 116-117

lundi 20 mai 2019

Chaque jour est une nouvelle vie

« La vie, c'est l'air que l'on respire, c'est la peinture, c'est la musique, la sculpture, l'architecture, les gens, les jolies femmes, les hommes de qualité, l'intelligence... Chaque jour est différent, chaque jour est une nouvelle vie. Il faut savoir apprécier la vie même quand elle est triste : si les choses vont mal, tant mieux, puisque cela fait partie de l'aventure; la maladie et la mort ne sont-elles pas indissociables de la vie ? »

– Arthur Rubinstein, citation puisée dans le livre d'Éric Lipmann, Arthur Rubinstein ou l'amour de Chopin, Paris : Éditions de Messine, 1980, p. 29

samedi 18 mai 2019

Vivre simplement

« Il faut vivre simplement pour que d'autres simplement vivent. »

– Gandhi, citation puisée dans le livre d'Alexandre Jollien, Vivre sans pourquoi* : itinéraire spirituel d'un philosophe en Corée, Paris : L'Iconoclaste, Éditions du Seuil, 2015, 320 p. et 1 disque compact (fichiers MP3) (p. 162).

* Vivre sans pourquoi, « c'est ne plus être esclave des projets et cesser de nous enchaîner à des objectifs. Exister juste un peu plus dans le présent, loin de la tyrannie de l'après. » (p. 39)

samedi 4 mai 2019

L'amour inconditionnel de la vie

« La plupart des gens, à mon avis, ont une façon aussi peu réaliste que possible d'aborder le problème du bonheur, parce que, invariablement, ils posent la condition de la fatale conjonction de subordination « si ». On les entend répéter : « Je serais heureux, si j'étais riche, ou si j'étais aimé de cette jeune fille, ou si j'avais du talent » – ou encore, le plus souvent : « Si j'avais une bonne santé. » Ils ont beau le plus souvent atteindre leur but, ils ne tardent pas à s'inventer d'autres « si ».

(...)

La vie peut nous priver de liberté, de santé, de fortune, d'amis, de famille, de succès. Elle ne peut nous ôter ni la pensée ni l'imagination, et il reste toujours l'amour, la musique, l'art, les fleurs et les livres. Sans compter l'intérêt passionné pour toutes choses.

(...)

Le malheur est que la nature humaine a tendance à s'habituer aux miracles, à tel point que nous finissons par avoir une manière complètement faussée de considérer tout comme allant de soi. »

– Arthur Rubinstein, citation puisée dans sa biographie, Les jours de ma jeunesse, traduit de l'américain par Georges Belmont et Hortense Chabrier, Paris : Laffont, 1973, 639 p. (p. 484 et 596).

lundi 8 avril 2019

L'apprentissage

« Maître, je veux étudier l'art de l'épée, combien d'années me faudra-t-il ?
– Dix ans.
– Mais c'est trop !
– Alors, vingt ans.
– Mais c'est beaucoup trop !
– Trente ans. »

Commentaire de A. Jodorowsky: « Sans la patience, on ne réalise rien. Il faut avancer tranquillement; les choses finiront par arriver. Au fond, le temps ne compte pas. Il faut comprendre qu'un être évolué ne vit pas dans le temps. Il vit avec. Il est le temps. Qu'est-ce que cela peut lui faire de réaliser une chose en vingt-six ans ou immédiatement, puisqu'il la réalise. »

– Alexandro Jodorowsky, Le doigt et la lune, Paris, Albin Michel, 1997, 226 p. (p. 51)

mardi 5 mars 2019

L’offrande

« On est soi-même celui qui offre, et l’offrande, et celui à qui tout est offert. »

– Marguerite Yourcenar, citation puisée dans le livre de Achmy Halley, Marguerite Yourcenar : portrait intime, Paris : Flammarion, 2018, 207 p. (p. 176).

mardi 26 février 2019

Ascèse de l’esprit

« Du point de vue du travail littéraire, je me dis parfois que la vacuité, l’isolement moral, la dureté d’un paysage si différent de ceux où j’ai autrefois vécu et sa désolation hivernale auront du moins eu cet étrange mérite de rompre certains liens et certaines associations d’idées auxquelles je croyais tenir plus que tout, et de m’obliger à une sorte d’ascèse de l’esprit. »

– Marguerite Yourcenar, citation puisée dans le livre de Achmy Halley, Marguerite Yourcenar : portrait intime, Paris : Flammarion, 2018, 207 p. (p. 133).

samedi 23 février 2019

Ces rencontres à travers le mur des espèces

« Je n’aurai rien tant aimé que ces rencontres à travers le mur des espèces; l’oiseau qui vous parle et se pose sur votre main, l’écureuil pas trop effrayé, le chien amical. Plus beaux encore peut-être quand ils vivent simplement devant nous sans nous connaître, et que nous n’importons pas plus pour eux qu’une branche d’arbre. »

– Marguerite Yourcenar, citation puisée dans le livre de Achmy Halley, Marguerite Yourcenar : portrait intime, Paris : Flammarion, 2018, 207 p. (p. 166).

vendredi 11 janvier 2019

Être intime

« Être intime signifie : se débarrasser de la distance. »

– Sekkei Harada, L’essence du Zen : Entretiens sur le dharma à l’intention des Occidentaux, Budo Éditions, 2013, p. 27