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Marguerite Yourcenar: Le Labyrinthe du monde

De l’écrivaine Marguerite Yourcenar, Archives du Nord et Souvenirs pieux sont des mémoires autobiographiques tout à fait remarquables, parmi les plus aboutis de son œuvre. Des livres écrits d’une main de maître — on connaît le talent formidable de cette grande écrivaine — et que je recommande chaudement. Ces deux ouvrages constituent d’ailleurs les deux premiers volets du cycle autobiographique intitulé Le Labyrinthe du monde , que Yourcenar devait compléter avec Quoi ? L’Éternité , un dernier volume laissé inachevé à sa mort et publié seulement après sa disparition. C’est une fascinante plongée dans la généalogie de ses deux familles. Bien sûr, tout n’est pas entièrement validé par les faits historiques : certains pans de l’histoire familiale ne sont pas documentés, des hiatus, comme le dit l’écrivaine. Mais Yourcenar s’est très certainement amusée à broder autour des personnages de son passé. Elle a d’ailleurs expliqué l’objectif de cette autobiographie : « Avant tout, toucher à q...

Message pour l'anniversaire du Bouddha
(Alexandra David-Néel, 26 avril 1968)

« Le Bouddha avait découvert le fait qui allait devenir la base sur laquelle toute sa doctrine allait s'édifier. Anatta (le non moi).

Avons-nous fait cette constatation ? Avons-nous vu, que cela que nous tenions pour un Moi homogène est, en réalité, un groupe, formé d'éléments divers ? – Groupe dont la constitution varie d'instant en instant, certains de ses membres en s'éloignant, d'autres venant s'y joindre ? Chacun de nous perçoit-il qu'il n'est plus tout à fait le même que celui qui est entré tout à l'heure dans cette salle ?

[...] Des perceptions plus affinées nous amèneront-elles à voir qu'il n'y a ni naissance ni mort, mais seulement perpétuelle transformation, perpétuelle union et séparation d'éléments physiques et mentaux ? Si nous atteignons à cette perception, [...] nous aurons atteint la compréhension qui procure l'inaltérable paix, la quiétude bienheureuse de l'observateur détaché. [...] S'il en est ainsi, n'éprouvant ni penchants ni aversions, et suivant le conseil de Bouddha, portant nous-mêmes le flambeau qui éclaire nos pas, nous aurons acquis la véritable libération. »

– Alexandra David-Néel, 26 avril 1968. Ce sont les derniers mots du dernier message d'Alexandra pour l'anniversaire du Bouddha. Extrait puisé dans le livre de Jean Chalon, Le lumineux destin d'Alexandra David-Néel, Librairie Académique Perrin, 1985, p. 537-538