lundi 23 décembre 2013

Bouddhisme zen

« Le bouddhisme zen n'est pas tant porté vers la bonté que vers un brouillage de l'intelligence. Et cela afin de permettre à l'entendement de comprendre que toutes les sources de toutes choses ne sont qu'illusions. »
– Jack KEROUAC, Les clochards célestes, Gallimard, 1963, p. 27

samedi 21 décembre 2013

Haï-kaï

« Un véritable haï-kaï doit être simple comme la soupe et cependant avoir la saveur de la réalité. Le plus beau des haï-kaï est probablement celui-ci:

Le moineau sautille sur la terrasse.
Il a les pattes mouillées.

C'est un poème de Shiki. On voit les traces des petites pattes mouillées avec les yeux de l'imagination. Et cependant, dans ces quelques mots, il y a aussi la pluie qui est tombée ce jour-là. On sent presque le parfum des aiguilles de pain humides. »

– Jack KEROUAC, Les clochards célestes, Gallimard, 1963, p. 95

dimanche 15 décembre 2013

Se connaître avant de s'oublier

« Il convient de se connaître avant de s'oublier. »
– Marie-Madeleine DAVY, Traversée en solitaire, Albin Michel, 1989

vendredi 6 décembre 2013

Scène de la lettre (Eugène Onéguine)

Magnifique air de Tatiana, dans la scène de la lettre, deuxième tableau de l’acte I d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski, avec la grande soprano bulgare Krassimira Stoyanova. Un air que l’on garde longtemps en tête (en particulier, la partie conclusive, 9:30 de la vidéo).

dimanche 1 décembre 2013

Le silence

J’ai entendu mon coeur battre
Aucune pensée n’était utile
Car tout était réfléchi, tout était réponse
Tout me répondait
J’ai goûté le silence...
Chartrand Saint-Louis

vendredi 22 novembre 2013

La gêne

« La gêne est un étrange défaut du centre de gravité : n'est capable de l'éprouver qu'une personne dont le noyau est demeuré flottant. Les êtres solidement centrés ne comprennent pas de quoi il s'agit. La gêne suppose une hypertrophie de la perception de l'autre, d'où la politesse des gens gênés, qui ne vivent qu'en fonction d'autrui. Le paradoxe de la gêne est qu'elle crée un malaise à partir de la déférence que l'autre inspire. »
– Amélie NOTHOMB, La nostalgie heureuse*, Paris : Albin Michel, 2013, p. 128

* Voir le documentaire qui relate ce qu'elle décrit dans La nostalgie heureuse : son récent séjour au Japon avec l'équipe de tournage de l'émission « Empreintes » de France 5 : Amélie Nothomb, une vie entre deux eaux.

Amélie Nothomb a écrit quatre romans sur le Japon : Métaphysique des tubes (sa toute petite enfance, son état végétatif, sa nounou), Ni d’Ève ni d’Adam (son fiancé, le sentiment amoureux), Stupeur et tremblements (sa terrifiante expérience dans l’entreprise japonaise, une armée en somme, dont on a fait une excellente adaptation au cinéma) et ce tout dernier roman, La nostalgie heureuse, récit de ce voyage sous un angle introspectif.

dimanche 10 novembre 2013

Va, Tosca (Te Deum)

Scarpia, interprété magnifiquement par le baryton géorgien George Gagnidze,
révèle son intention de séduire Tosca, alors que le Te Deum commence.
Fin du premier acte de la Tosca de Puccini.

mercredi 6 novembre 2013

Nouveau Wallander

Henning Mankell récidive avec la « série Kurt Wallander ». Le titre de ce nouveau recueil de nouvelles: « La faille souterraine et autres enquêtes ». Maintenant l'écrivain place le récit tout au début, avant que Kurt Wallander devienne un célèbre inspecteur dans « Meurtriers sans visages », le 8 janvier 1990.

Quand il entre en scène, il a 23 ans, il est nouvellement policier, il vient de faire la rencontre de Mona, où déjà pointent les difficultés relationnelles, il quitte Malmö pour Ystad, Mariagatan, et il fait ses premiers pas, déjà remarquables, comme inspecteur, ce qui l'amène à intégrer rapidement la brigade criminelle.

Ce nouveau Wallander, ce sont quatre bonnes enquêtes qui, bien qu’il se mêle une impression de « déjà lu », nous rendent assez contents de retrouver Wallander, ses coéquipiers, son vieux père, les familiers, la Scanie.

Voici quelques extraits des célèbres cogitations de l'inspecteur Wallander, réflexions que lui inspire son mentor Rydberg :

« Comment s’y prend-on pour trouver ce qu’on voit sans le voir ? »

« On doit apprendre à réfléchir méthodiquement. Ça veut dire lentement. »

« On doit savoir quand il faut s’arrêter. C’est peut-être le plus important de tout. »

« On doit toujours se demander ce qui est le plus important. Voilà la question décisive. Où est le centre ? Le noyau ? »

« Tu dois apprendre à te servir de tes yeux. »

« Il faut avancer lentement, méthodiquement, sans précipitation. Il faut partir de ce que nous savons avec un degré de certitude plutôt élevé. Ce que nous ignorons, ou dont nous ne sommes pas sûrs – ces éléments-là attendront le temps qu’il faudra. »

« C’est toujours plus facile de cerner quelqu’un une fois qu’on a entendu sa voix. »

« Qu’avait-il appris ? Comment fallait-il se comporter dans une situation pareille ? Garder son calme. Aucun mouvement brusque, aucune déclaration provocante. Parler calmement, un flux continu, sans heurts ni interruptions. Patience et amabilité. Si possible, engager un échange. Ne pas perdre son sang-froid. Surtout ça. Perdre son sang-froid revenait à perdre le contrôle de la situation. »

« Il avait la sensation de savoir sans savoir. »

« Pourquoi as-tu lâché le morceau ? Ça ne fait jamais de mal de laisser les gens réfléchir un peu. »

« Retourner ses arguments dans tous les sens et aborder les problèmes sous un angle inattendu. »

« Quand on mange, il faut penser à ce qu’on a dans son assiette et à rien d’autre. Après, on a le cerveau aéré comme une maison restée longtemps fermée et dont on aurait ouvert les fenêtres. »

« Quand on creuse, d’habitude, on avance. »

« Qu’est-ce donc que je ne vois pas ? »

« Il fallait tout vérifier. »

« On va trouver ce qu’on ne savait pas qu’on cherchait. »

– Henning MANKELL, La faille souterraine et autres enquêtes, Paris : Éditions du Seuil, 2012.

dimanche 3 novembre 2013

Proverbes kurdes

« Une bonne réputation vaut tous les sacrifices. Conserve la tienne intacte à n’importe quel prix. »

« Toi qui confies au passant la chair de ton âme, tu te repentiras. »

« Redoutez l’eau dormante, elle est plus dangereuse que l’eau vive. »

« Suffis-toi à toi-même et tu seras considéré. »

« La racine peut devenir palme. Notre ennemi ne sera jamais notre ami. »

« Dans une maison pleine d’enfants, le diable n’entre pas. »

« Ne t’inquiète pas de la femme que tu vas prendre, mais connais bien sa famille. »

« L’hôte est un envoyé de Dieu. »

« L’ami est l’ami, mais le frère nous est cher. »

« Ne crains pas de t’enquérir de ce que tu ignores. »

« Agis ou n’agis pas, mais écarte de toi la crainte. »

« Oublie ta bonne action, Dieu, lui, s’en souviendra. »

« Le doigt long peut manger du miel. »
(L’homme qui travaille réussira)

« Le renard bavard se laisse toujours prendre au piège. »

« Je mange mon pain sec et je ne bois que de l’eau, mais je ne dois rien à personne. »

« Les gouttes amoncelées finissent par former un lac. »

« Nul animal ne court plus vite que la gazelle, mais jamais elle ne mange plus que ses besoins. »

« Les têtes sont nombreuses, mais bien rare est la tête sur laquelle on peut s’appuyer. »

« Il n’y a pas plus malin que le renard, et pourtant les marchés regorgent de sa peau. »

– Lucie PAUL-MARGUERITE ET et L’Ermir KAMURAN BEDIR KHAN, Proverbes kurdes, Paris : Éditions Berger-Levrault, 1937.

jeudi 31 octobre 2013

La vérité

La vérité est en toi
C’est toi que tu cherches
Et tu vas te chercher au loin
... bien trop loin

Chartrand Saint-Louis

mardi 29 octobre 2013

La voie du thé

« La voie du thé est un culte fondé sur l’adoration du beau jusque dans les occupations les plus triviales de la vie quotidienne. »

« C’est une hygiène, puisqu’elle contraint à la propreté; une ascèse, puisqu’elle démontre que le bien-être loge dans la simplicité et non dans quelque coûteuse complexité; une géométrie éthique, enfin, dans la mesure où elle définit notre sens des proportions au regard de l’univers. »

« Selon l'une de nos expressions usuelles, une personne "manque de thé" lorsqu'elle se montre insensible aux épisodes tragi-comiques qui ponctuent l'existence. Mais notre langue stigmatise également l'esthète sauvage qui, indifférent à la tragédie du monde, s'abandonne sans retenue au flot de ses émotions ; de celui-là, elle dit qu'il a trop de thé. »

« Si nous ne pardonnons jamais à autrui, c'est parce que nous nous savons fautifs. »

« Ceux qui se révèlent incapables de sentir en eux-mêmes la petitesse des grandes choses ne sauraient reconnaître chez les autres la grandeur des petites choses. »

« Le vide est tout-puissant parce qu’il embrasse tout. Ce n’est qu’au sein de la vacuité que tout mouvement devient possible. Celui qui parviendrait à faire de lui-même un espace vide où autrui pourrait librement pénétrer serait maître de toutes les situations. Car le tout peut toujours dominer les parties. »

« Les trois joyeux de la vie sont la compassion, la frugalité et la modestie. »

« La vérité ne peut s’atteindre que par la compréhension des contraires. »

« Qui cherche la perfection doit découvrir dans sa propre vie le reflet de sa lumière intérieure. »

« Au fond, l’idéal du thé est l’aboutissement même de cette conception zen : la grandeur réside dans les plus menus faits de la vie. »

« La simplicité dévolue à la chambre de thé et son absence de toute vulgarité en font un véritable sanctuaire contre les tourments du monde. »

« N’avez-vous pas remarqué que les fleurs sauvages deviennent plus rares chaque année ? Peut-être ont-elles décidé de fuir, conseillées en cela par les plus sages d’entre elles, jusqu’à ce que l’homme accède à un plus grand degré d’humanité? »

« En toutes circonstances, ils (les maîtres de thé) avaient le souci de préserver leur sérénité et de mener la conversation de façon à ne jamais rompre l’harmonie de l’environnement. »

« Ils nous ont enseigné l’esprit par lequel il convient d’approcher les fleurs. Ils ont mis en relief notre amour naturel de la simplicité, et nous ont dévoilé la beauté des choses humbles. En vérité, c’est par leur enseignement que le thé est entré dans la vie du peuple. »

– OKAKURA, Kakuzô, Le livre du thé, Éditions Philippe Picquier, 2006

dimanche 27 octobre 2013

Pierre Gauvreau

« Il faut s’impliquer, il faut se compromettre si on veut toucher quelqu’un. »

« Je ne cherche pas des amis qui pensent comme moi. Je cherche des amis qui pensent. »

« Notre premier devoir envers les autres, c’est de nous réaliser nous-même. »

« Ce que je veux voir, c’est une chose que je n’ai jamais vue. Devant l’acte de création, je suis uniquement préoccupé par la nécessité de maintenir l’intégrité de mon sentiment à son plus haut diapason. »

« La liberté intérieure, c’est la liberté qui nous est donnée face à la vie, par le fait qu’on a repéré ce qu’on est réellement, en dehors des conventions, en dehors de l’éducation. »

– Pierre GAUVREAU
(Citations puisées dans les textes et les documents audiovisuels de la très belle exposition, « Pierre Gauvreau. J’espérais vous voir ici », présentée au Musée de la civilisation, du 16 octobre 2013 au 28 septembre 2014).

mercredi 23 octobre 2013

Découvrir un sens à sa vie

Le psychiatre Victor E. Frankl explique dans son livre, Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie, comment ses expériences vécues dans les camps de concentration l’amenèrent à développer sa propre approche thérapeutique : la logothérapie ou « psychothérapie fondée sur le sens de la vie ».

Dans ce livre, il décrit les tourments infligés, au jour le jour, aux êtres humains dans les camps de concentration où quelques-uns parvinrent à s’échapper. Pourquoi en faire la description ? Tout simplement pour répondre à cette question : « De quelle façon la vie quotidienne dans un camp de concentration affectait le moral des prisonniers ordinaires? »

Comme les autres prisonniers, Frankl dut trouver des raisons de survivre à ces épreuves qui déshumanisent. Les paroles de Nietzsche lui servirent de principe pour nourrir sa force intérieure et sa réflexion : « Celui qui a un "pourquoi" qui lui tient lieu de but, peut vivre avec n’importe quel "comment" ».

Après la libération, certaines personnes devinrent des oppresseurs, propageant la violence et l’injustice. Un de ses amis, qui n’était pourtant pas un être méchant, lui dit : « qu’on me coupe cette main si je ne la tâche pas de sang le jour où je rentrerai chez moi ! ». La morale se déréglait chez certains d’entre eux et l’expérience du désespoir, ce sentiment cruel d’être incompris, fut une expérience extrêmement chargée de souffrance pour la plupart des rescapés.

« Pourquoi ne vous suicidez-vous pas ? » demandait-il à ses patients qui souffraient de divers tourments. C’est dans les réponses à cette question que se dessinaient généralement les grandes lignes de ce qui donne du sens à la vie. Chez l’un, c’est l’amour de son enfant, chez l’autre, c’est un don, un talent à utiliser, chez un troisième, c’est une cause.

Selon Victor E. Frankl, celui qui ne trouve plus aucun sens à sa vie, qui n’a plus de but, plus de raison d’aller de l’avant, se condamne à ne plus vivre.

« Les deux hommes avaient invoqué l’argument typique : ils n’attendaient plus rien de la vie. Il était donc nécessaire, dans les deux cas, de leur faire comprendre que la vie, elle, attendait quelque chose d’eux dans l’avenir. Nous avons découvert que pour l’un des deux hommes c’était son enfant qu’il adorait et qui l’attendait dans un pays étranger. Pour l’autre, c’était un projet plutôt qu’une personne. (...) Une personne qui réalise l’ampleur de la responsabilité qu’elle a envers un être humain qui l’attend, ou vis-à-vis d’un travail qu’il lui reste à accomplir, ne gâchera pas sa vie. »

« L’important n’était pas tant ce que nous attendions de la vie, mais ce que nous apportions à la vie. Au lieu de se demander si la vie avait un sens, il fallait s’imaginer que c’était à nous de donner un sens à la vie à chaque jour et à chaque heure. »

Il est impossible de définir le sens de la vie d’une manière générale, car tout dépend de la situation dans laquelle se trouve la personne. Aucune situation ne se répète ni ne se compare. Chaque situation est unique. Chaque personne est seule et unique. Sa chance réside dans la façon dont elle portera son fardeau.

Trois avenues permettent de révéler un sens à la vie selon Frankl :

1) Accomplir une œuvre ou une bonne action ;
2) Connaître et aimer quelque chose ou quelqu’un ;
3) Assumer dignement une souffrance inévitable.

La troisième avenue permet le dépassement et la transformation, car ce qui semblait une tragédie peut devenir l’occasion d’une métamorphose. Même chez le grand malade, la souffrance peut rendre moralement noble.

Chaque personne peut transformer les situations pénibles en des réussites personnelles, en tirant parti de son expérience. Il s’agit en résumé d’être à l’écoute de sa conscience et d’agir au mieux de sa connaissance.

« Que de souffrances à assumer ! » dit le poète Rilke. Autant apprendre à y faire face et à limiter autant que possible nos moments de tourment.

– Victor E. FRANKL, Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie, Montréal : Les Éditions de l’Homme, c2006.

dimanche 20 octobre 2013

Commencement de la sagesse

« Commencez par changer en vous ce que vous voulez changer autour de vous. »
– Gandhi

dimanche 13 octobre 2013

Abbaye Saint-Benoit-du-lac

L'Abbaye Saint-Benoit-du-lac est magnifiquement située sur les collines de l'Estrie, tout près du lac Memphrémagog. On visite l'endroit pour admirer l’architecture de l’abbaye, pour acheter des denrées alimentaires confectionnées par les moines, pour piqueniquer aux alentours, encore pour assister à une messe ou se recueillir, même y séjourner. Il y a une très belle atmosphère sur les lieux, le bien-être et la quiétude s'y ressentent.



Film que l'on peut voir gratuitement sur le site de l’ONF : Les moines de Saint-Benoît.
Photos: Chartrand Saint-Louis

jeudi 10 octobre 2013

Matérialisme

« Les gens tiennent obstinément à une vie de richesse, de confort, de plaisir et d’égoïsme, et ignorent que la souffrance humaine provient directement du désir de ces choses... Tout l’or, tout l’argent, tous les honneurs ne peuvent être comparés à la sagesse et la vertu. Pour être capable de jouir d’une bonne santé, d’être vraiment heureux et d’obtenir la paix intérieure, on doit d’abord se discipliner et se contrôler soi-même. »
– Bouddha

jeudi 3 octobre 2013

Psychopathologie de la vie quotidienne

« En résumé, les conditions nécessaires pour que se produise l’oubli d’un nom avec fausse réminiscence sont les suivantes : 1) une certaine tendance à oublier ce nom; 2) un processus de refoulement ayant eu lieu peu de temps auparavant ; 3) la possibilité d’établir une association extérieure entre le nom en question et l’élément qui vient d’être refoulé. Il n’y a probablement pas lieu d’exagérer la valeur de cette dernière condition, car étant donnée la facilité avec laquelle s’effectuent les associations, elle se trouvera remplie dans la plupart des cas. »

« (...) où l’oubli se met au service de notre prudence, lorsque nous sommes sur le point de succomber à un désir impulsif. L’acte manqué acquiert alors la valeur d’une fonction utile. Une fois dégrisés, nous approuvons ce mouvement intérieur qui, pendant que nous étions sous l’emprise du désir, ne pouvait se manifester que par un lapsus, un oubli, une impuissance psychique. »

« Le mécanisme de l’oubli des noms est aussi intéressant que ses motifs. Dans un grand nombre de cas, on oublie un nom, non parce qu’il éveille lui-même les motifs qui s’opposent à sa reproduction, mais parce qu’il se rapproche par sa consonance ou sa composition, d’un autre mot contre lequel notre résistance est dirigée. »

« Le mécanisme de l’oubli de noms (ou, plus exactement, de l’oubli passager de noms) consiste dans l’obstacle qu’oppose à la reproduction voulue du nom, un enchaînement d’idées étrangères à ce nom et inconscientes. Entre le nom troublé et le complexe perturbateur, il peut y avoir soit un rapport préexistant, soit un rapport qui s’établit, selon des voies apparemment artificielles, à la faveur d’associations superficielles extérieures. »

« Les souvenirs d’enfance indifférents doivent leur existence à un processus de déplacement ; ils constituent la reproduction substitutive d’autres impressions, réellement importantes, dont l’analyse psychique révèle l’existence, mais dont la reproduction directe se heurte à une résistance. Or, comme ils doivent leur conservation, non à leur propre contenu, mais à un rapport d’association qui existe entre ce contenu et un autre, refoulé, ils justifient le nom de "souvenirs-écrans". »

« Dans l’oubli de noms, la mémoire fonctionne, mais en fournissant des noms de substitution. Dans le cas de souvenirs-écrans, il s’agit d’un oubli d’autres impressions, plus importantes. Dans les deux cas, une sensation intellectuelle nous avertit de l’intervention d’un trouble dont la forme varie d’un cas à l’autre. »

« (...) nous n’arrivons à la découverte de l’élément perturbateur qu’à travers une chaîne d’associations complexe, en partant des idées qui viennent à l’esprit du sujet lorsque nous l’interrogeons. »

« Nous nous trouvons d’abord en présence d’une condition positive, qui consiste dans la production libre et spontanée d’associations tonales et verbales provoquées par les sons énoncés. À côté de cette condition positive, il y a une condition négative, qui consiste dans la suppression ou dans le relâchement du contrôle de la volonté et de l’attention, agissant, elle aussi, comme fonction volitive. »

« Or, il arrive souvent que l’idée qui s’exprime dans le lapsus soit précisément celle qu’on veut refouler... »

« Le lapsus devient ici un moyen d’expression mimique ; il sert d’ailleurs souvent à exprimer ce qu’on ne voulait pas dire, à se trahir soi-même. »

« Par une coïncidence favorable, les mots du langage peuvent occasionnellement déterminer des lapsus qui vous bouleversent comme des révélations inattendues ou produisent l’effet comique d’un mot d’esprit achevé. »

« (...) un lapsus se produit facilement, lorsqu’on s’efforce de réprimer des mots injurieux. Il constitue alors une sorte de dérivatif. »

« (...) c’est le conflit intérieur qui nous est révélé par le trouble de la parole. »

« Une manière d’écrire claire et franche montre que l’auteur est d’accord avec lui-même, et toutes les fois où nous rencontrons un mode d’expression contraint, sinueux, fuyant, nous pouvons dire, sans risque de nous tromper, que nous nous trouvons en présence d’idées compliquées, manquant de clarté, exposées sans assurance, comme avec une arrière-pensée critique. »

« (...) la déformation de noms signifie très souvent le mépris, ainsi que je l’ai fait remarquer à propos des lapsus. »

« La déformation du nom est une expression d’hostilité interne... »

« (...) un lapsus : un trouble de l’attention produit par l’intervention d’une idée étrangère, extérieure. »

« L’habileté inconsciente avec laquelle des motifs inconscients, mais puissants, nous font égarer un objet, ressemble tout à fait à l’assurance somnambulique. »

« Il est deux situations dans la vie où le profane lui-même se rend compte que l’oubli de projets n’est nullement un phénomène élémentaire irréductible, mais autorise à conclure à l’existence de motifs inavoués. Je veux parler de l’amour et du service militaire. Un amoureux qui se présente à un rendez-vous avec un certain retard aura beau s’excuser auprès de sa dame en disant qu’il avait malheureusement oublié ce rendez-vous. Elle ne tardera pas à lui répondre : « Il y a un an, tu n’aurais pas oublié. C’est que tu ne m’aimes plus. » (...) Certes, la dame n’exclura pas toute possibilité d’oubli ; elle pensera seulement, et non sans raison, que l’oubli non intentionnel est un indice presque aussi sûr d’un certain non-vouloir qu’un prétexte conscient. »

« Ces personnes oublient toutes les petites promesses qu’elles ont faites, ne s’acquittent d’aucune des commissions dont on les a chargées, se montrent peu sûres dans les petites choses et prétendent qu’on ne doit pas leur en vouloir de ces petits manquements qui s’expliqueraient, non par leur caractère, mais par une certaine particularité organique. Mais je crois pouvoir dire par analogie qu’il s’agit d’un degré très prononcé de mépris à l’égard d’autrui, mépris inavoué et inconscient, certes, et qui utilise le facteur constitutionnel pour s’exprimer et se manifester. »

« La convoitise primitive du nourrisson qui cherche à s’emparer de tous les objets (pour les porter à sa bouche) ne disparaît, d’une façon générale, qu’incomplètement sous l’influence de la culture et de l’éducation. »

« Tomber, faire un faux pas, glisser - autant d’accidents qui ne résultent pas toujours d’un fonctionnement momentanément et accidentellement défectueux de nos organes moteurs. Le double sens que le langage attribue à ces expressions montre d’ailleurs quelles sont les idées dissimulées que ces troubles de l’équilibre du corps sont susceptibles de révéler. »

« Il arrive souvent dans la rue que deux passants se dirigent en sens inverse et voulant chacun éviter l’autre, et céder la place à l’autre, s’attardent pendant quelques secondes à dévier de quelques pas, tantôt à droite, tantôt à gauche, mais tous les deux dans le même sens, jusqu’à ce qu’ils se trouvent arrêtées l’un en face de l’autre. Il en résulte une situation désagréable et agaçante, et dans laquelle on ne voit généralement que l’effet d’une maladresse accidentelle. Or, il est possible de prouver que dans beaucoup de cas cette maladresse cache des intentions sexuelles et reproduit une attitude indécente et provocante d’un âge plus jeune. »

« (...) il existe, à côté du suicide conscient et intentionnel, un suicide mi-intentionnel, provoqué par une intention inconsciente, qui sait habilement utiliser une menace contre la vie et se présenter sous le masque d’un malheur accidentel. (...) Les mutilations volontaires représentent, en général, un compromis entre cette tendance et les forces qui s’y opposent et, dans les cas qui se terminent par le suicide, le penchant à cet acte a dû exister depuis longtemps avec une intensité atténuée ou à l’état de tendance inconsciente et réprimée. »

« (...) une maladresse accidentelle et une insuffisance motrice peuvent ainsi servir à certaines personnes de paravents derrière lesquels se dissimule la rage contre leur propre intégrité et leur propre vie. »

« Les actes accidentels ou symptomatiques se rattachant à la vie conjugale ont souvent la plus grande signification et peuvent inspirer la croyance aux signes prémonitoires à ceux qui ne sont pas familiarisés avec la psychologie de l’inconscient. Ce n’est pas un bon début, lorsqu’une jeune femme perd son alliance au cours du voyage de noces ; il est vrai que le plus souvent l’alliance, qui a été mise par distraction dans un endroit où on n’a pas l’habitude de la mettre, finit par être retrouvée. »

« L’alliance dans la poche du gilet », telle est la recommandation qu’un proverbe populaire adresse au mari qui se propose de tromper sa femme. »

« Très souvent, la perte de l’objet témoigne seulement du peu de prix qu’on attache à celui-ci ou du peu d’estime qu’on a pour la personne de qui on le tient ; ou encore, la tendance à perdre un objet déterminé vient d’une association d’idées symbolique entre cet objet et d’autres, beaucoup plus importants, la tendance se trouvant transféré de ceux-ci à celui-là. »

« La tendance à chercher, inconsciente, peut plus facilement aboutir à un résultat positif que l’attention consciemment orientée. »

« C’est là le châtiment pour notre manque de sincérité intérieure : sous le masque de l’oubli et de la méprise, en invoquant pour leur justification l’absence de mauvaise intention, les hommes expriment des sentiments et des passions dont ils feraient bien mieux d’avouer la réalité, en ce qui les concerne aussi bien qu’en ce qui concerne les autres, dès l’instant où ils ne sont pas à même de les dominer. »

« La force psychique de la haine est plus grande que nous le croyons. »

« (...) c’est l’ignorance qui serait le contraire d’une erreur de mémoire. »

« Ce qui me distingue d’un homme superstitieux, c’est donc ceci : Je ne crois pas qu’un événement, à la production duquel ma vie psychique n’a pas pris part, soit capable de m’apprendre des choses cachées concernant l’état à venir de la réalité ; mais je crois qu’une manifestation non intentionnelle de ma propre activité psychique me révèle quelque chose de caché qui, à son tour, n’appartient qu’à ma vie psychique; je crois au hasard extérieur (réel), mais je ne crois pas au hasard intérieur (psychique). »

« Égoïsme, jalousie, hostilité, tous les sentiments et toutes les impulsions comprimées par l’éducation morale, utilisent souvent chez l’homme le chemin qui aboutit à l’acte manqué, pour manifester d’une façon ou d’une autre leur puissance incontestable, mais non reconnue par les instances psychiques supérieures. »

« (...) entre l’état nerveux normal et le fonctionnement nerveux anormal, il n’existe pas de limite nette et tranchée et nous sommes tous plus ou moins névrosés. »

– Sigmund FREUD, Psychopathologie de la vie quotidienne ; traduction de l’allemand par Serge Jankélévitch, Paris : Payot, 1984.

mercredi 25 septembre 2013

Principes de base pour rater complètement sa vie

Dans un livre rempli d’humour et d’observations fines, Dominique Noguez énumère 43 principes de base pour rater complètement sa vie. Le procédé est drôlement efficace. Impossible de ne pas reconnaître quelques-uns de ses travers. Et si l’être humain était l’artisan de son propre malheur !? On ne peut qu’en prendre conscience en lisant ces principes de base, dont voici un résumé :

1- Plaignez-vous tout le temps
Plaignez-vous. Plaignez-vous de tout. Plaignez-vous tout le temps. Vous vous rendrez insupportable aux autres, même les mieux disposés à votre égard. Et vous alimenterez votre propre mal-être.
2- Faites le vide autour de vous
Restez plonger le plus longtemps possible à l’extérieur dans un environnement désagréable, à l’intérieur dans une profonde morosité. La fameuse « basse continue » ! Travaillez les relations avec autrui avec un seul objectif : les supprimer toutes.
3- Rien à foutre des autres
Évitez les rencontres. Ne faites aucun effort. Si vous ne pouvez échapper au contact avec les autres, soyez renfrogné, grincheux, râleur, voire asocial. Si cela ne suffit pas, contre-attaquez : devenez un téléphoneur intarissable, surtout la nuit et le dimanche, soyez un infatigable quémandeur de petits services. Sachez harceler. Devenez collant.
4- Trouvez-vous des boucs émissaires
Si quelque chose ne va pas, n’hésitez pas à vous en prendre à autrui. C’est certainement de sa faute.
5- Faites à autrui ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse
Vous serez ainsi dans la guerre perpétuelle. Conjuguer avec le principe no. 1, c’est l’une des recettes les plus efficaces pour atteindre l’infarctus dès la quarantaine et, en attendant, connaître une vie vraiment infernale.
6- Pratiquez la loi du talion
Loin de dompter la violence, la raison se met à son service. Par haine de la cruauté se précipiter dans la cruauté.
7- Donnez-vous toujours raison
N’acceptez aucune critique ; ne vous amendez pas. N’écoutez aucun conseil, n’acceptez aucune leçon, tenez nulle l’expérience d’autrui.
8- Ressassez
Exténuant surplace qu’on appelle ressassement. Reconstituez intérieurement la scène, refaites cent fois le geste que vous avez fait et que vous n’auriez pas dû faire. Commentez autour de vous en gémissant. Mieux : parlez tout seul dans la rue. Laissez échapper de vos lèvres tordues par l’angoisse des bribes de phrases incohérentes.
9- Ne tirez jamais la leçon d’un échec
Et refaites les mêmes erreurs. Il y a une belle promesse de malheur, principalement en amour.
10- Soyez un donneur de leçons impénitent
Ne pas tirer pour vous la leçon d’un échec ne vous empêche nullement de la tirer pour autrui. Sur la base du principe bien connu : « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ».
11- Sentez-vous au-dessus des lois
12- Choisissez la facilité
13- Choisissez la difficulté
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pourquoi faire dans la joie ce qu’on peut faire dans la peine ? Soyez lourd, besogneux, torturé.
14- Respectez scrupuleusement les lois
Les accès de vertu restent d’une grande efficacité pour devenir rapidement un objet de sarcasmes. On vous rira au nez et on en profitera pour vous gruger.
15- Ne cédez jamais
Restez accroché à votre sac ou votre sacoche si quelque « centaure » à l’arrière d’une moto l’a happé(e) au passage.
16- Ne tenez pas votre langue
Confiez-vous à l’un, confiez-vous à l’autre, et ayez la surprise de constater ensuite les dégâts de ce « trop de caquet ».
17- Dites ce que vous pensez
18- Mêlez-vous de ce qui ne vous regarde pas
Mettez partout votre grain de sel. Intervenez dans les disputes et les bagarres.
19- Soyez là où il ne faut pas (et inversement)
Réveil qui ne sonne pas, erreurs de parcours, oubli de descendre au bon arrêt, jonctions ratées.
20- Cherchez à savoir ce qu’on pense de vous
Obsession d’autrui. Savoir ce que les autres pensent vraiment de vous est une façon assurée de connaître l’amertume et la désillusion.
21- Interprétez tout de travers
Le mieux est de devenir paranoïaque. C’est le moyen le plus sûr qu’on ait trouvé de se rendre malheureux tout seul. Il consiste en deux exagérations juxtaposées : 1) l’idée qu’il y a du sens partout ; 2) celle que ce sens nous est hostile. Un autre petit délire : prendre tout au pied de la lettre.
22- Prenez tout à cœur
Prenez tout au sérieux. Rendez-vous malade pour des babioles, des détails, des riens. Interdisez-vous absolument tous ces exorcismes que sont l’humour et l’indifférence réelle ou feinte.
23- Souffrez de la bêtise des autres
Sentez peser sur vous la lourdeur de toute la terre.
24- Rompez l’andouille au genou
Formule qui désigne toutes les maladresses, toutes les erreurs de méthode.
25- Portez le pavé de l’ours
Occupez-vous d’autrui à son insu et tout de travers. Croyez lui faire plaisir alors que vous le contrariez.
26- Jetez-vous dans la gueule de tous les loups
Alors même que vous subodorez un piège, une arnaque, un coup fourré, précipitez-vous-y.
27- Précipitez-vous et soyez péremptoire
Ne doutez jamais. Foncez dans tous les panneaux tête baissée, sans répit, sans recul. Voyez trop vite et parlez trop fort.
28- Gardez le cap
S’il fait laid à droite, foncez à droite. Allez jusqu’au bout de votre programme ou de vos intuitions. Sûr de votre coup, ne prévoyez jamais d’alternative. En cas d’échec, vous échouerez doublement.
29- Soyez huileux
Ayez de l’entregent, soyez sociable. Mais alors, à fond : soyez d’une complaisance sans borne, d’une souplesse écœurante. Cela peut vous valoir paradoxalement bien des inimitiés.
30- Soyez incapable d’une décision
À toujours écouter les autres et à vouloir être dans leurs petits papiers, on finit en girouette. Vous hésiterez en tout, serez incapable de la moindre décision. L’heure fatale vous surprendra engourdi et bâillant. Ou plutôt paralysé et bientôt mort de faim, comme l’âne de Jean Buridan, tiraillé entre le seau d’eau et le picotin d’avoine.
31- Soyez soupe au lait
Énervez-vous souvent. Au sens d’engueuler lourdement ceux qui le méritent et surtout ceux qui ne le méritent pas ; bref, au sens de passer vos nerfs sur eux. Vous énerverez les autres. Ils réagiront. Vous accroîtrez de façon non négligeable vos chances de trépasser d’un coup sec (rupture d’anévrisme, infarctus, syncope).
32- Soyez un jeune emmerdeur puis un vieux con
En gros, manquer d’indulgence.
33- Faites ce que vous dites
Soyez conséquent. C’est la chose la plus imprudente quoique l’une des plus difficiles au monde. Une humanité soudain cohérente avec elle-même, quelle épouvantable pagaille, quel chaos !
34- Désirez
Désirons comme des bêtes, d’un désir jamais assouvi. Jusqu’à en hurler. Comme des chiens errants.
35- Ne désirez pas
Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. Or nous ne voulons pas le bonheur, n’est-ce pas ? Alors adieu désir !
36- Ne vous intéressez à rien, ne faites rien, ne soyez bon à rien
Ainsi traînerez-vous une existence parfaitement inutile et, pour peu qu’une bonne dépression vous le rappelle de façon lancinante, parfaitement méprisable.
37- Travaillez sans méthode, agitez-vous en tout sens
Ne lisez pas le Discours de la méthode et autres libelles à la gloire du bon sens - c’est-à-dire d’un usage immodéré de votre entendement.
38- Soyez inconséquent
C’est le meilleur moyen de cumuler les désagréments.
39- Ne passez jamais à l’acte
Ne finissez jamais une œuvre. Et même ne la commencez pas. Restez-en au rêve. N’exécutez jamais. Gardez les mains propres.
40- Ne reprenez jamais souffle
Laissez-vous enchifrener l’esprit par cent tracas. Ne cherchez jamais à sérier ou à isoler les problèmes, bref à cloisonner. Ne vous arrêtez jamais pour reprendre vos esprits, ne changez jamais de registre. Laissez-vous bouffer. Dilapidez votre bien le plus précieux : votre temps, ne gardant pour votre vie personnelle que les restes, les déchets.
41- Laissez-vous déborder
Remettez à demain ce que vous pouvez faire le jour même et après-demain ce que vous pourriez faire demain. Bref, remettez toujours. Laissez les retards s’accumuler.
42- Ne faites pas de l’avenir un allié
Interdisez-vous toute perspective d’avenir.
43- Rongez-vous bien les sangs
Faites en sorte que l’étymologie soit vraie, que penser soit peser, moins au sens transitif (chercher à connaître le poids des choses) qu’au sens intransitif (être lourd, très lourd). Un brouhaha intérieur, presque d’une migraine, avec un rien d’angoisse. Rongez-vous bien les sangs. Et même les ongles.

– Dominique NOGUEZ, Comment rater complètement sa vie en onze leçons, Paris : Payot & Rivages, c2002, 234 p.

jeudi 19 septembre 2013

La marche

« La route travaille pour vous. »

« La marche est inutile, comme toutes les activités essentielles. Superflue et gratuite, elle ne mène à rien sinon à soi-même après d'innombrables détours. »

« La marche est l'irruption du jeu dans la vie quotidienne. »

« Elle est une résistance à ces impératifs du monde contemporain qui élaguent le goût de vivre. »

« Un marcheur est un homme ou une femme qui se sent passionnément vivant et n'oublie jamais que la condition humaine est d'abord une condition corporelle, et que la jouissance du monde est celle de la chair, et d'une possibilité de se mouvoir, de s'extraire de ses routines. »

« Le chemin n'est jamais interrompu tant qu'il reste le désir d'être porté par lui. »

« Sortir de chez soi pour s'ouvrir à la déambulation amène un changement radical d'humeur. »

« Ce qui importe ce n'est pas le chemin, mais ce que le marcheur en fait. »

« La marche est ce moment où la présence au monde redevient une forme de spiritualité. »

« La marche est un lieu de réconciliation avec le monde. »

« Marcher, c’est retrouver son chemin. »

« Marcher, c’est avoir les pieds sur terre au sens physique et moral du terme, c’est-à-dire être de plain-pied dans son existence. »

« Les premières heures d’une marche amènent à un allégement des soucis, à une libération de la pensée moins encline à la rumination et plus sollicitée par une recherche de solution du fait de l’ouverture à l’espace qui semble élargir le regard sur les choses. »

« La marche est confrontation à l’élémentaire. »

« La marche procure une distance propice avec le monde, une disponibilité à l’instant, plonge dans un état diffus de méditation, sollicite une pleine sensorialité. »

« La marche n’élimine pas la source de la tension, mais elle la met à distance, favorise les solutions. »

« Ni la durée d’une marche, ni son cadre ne sont la condition de sa puissance de transformation intérieure, elle dépend surtout de ce que l’individu lui-même fait de ce temps de disponibilité, d’ouverture, ce temps qui n’appartient qu’à lui, où il importe de savoir qui l’on est et où l’on va. »

« Le deuil se fait souvent en marchant dans la solitude, le silence, l’immensité du ciel ou du paysage. »

« Sa force est de nourrir le goût de vivre dans une simplicité essentielle. »

« Tout chemin est d’abord enfoui en soi avant de se décliner sous les pas. Il mène à soi avant de mener à une destination particulière. Et parfois, il ouvre enfin la porte étroite qui aboutit à la transformation heureuse de soi. »

– David LE BRETON, Marcher : éloge des chemins et de la lenteur, Paris : Métailié, 2012.

mercredi 11 septembre 2013

Thoreau (Walden)

« Seul point le jour auquel nous sommes éveillés. »

« Chaque matin était une invitation joyeuse à égaler en simplicité, je pourrais dire en innocence, la nature elle-même. »

« Simplifiez, simplifiez !»

« Un homme est riche en proportion du nombre de choses dont il peut se permettre de se priver. »

« Il y a de nombreuses belles choses que nous ne pouvons pas dire si nous avons à crier. »

« Nos inventions ne sont en général que de jolis jouets, qui détournent notre attention des choses sérieuses. »

« Quand un homme ne marche pas du même pas que ses compagnons, c'est peut-être parce qu'il entend un autre tambour. Laissez-le marcher suivant la musique qu'il entend, quelle que soit sa mesure, aussi lointaine soit-elle. »

« La majorité des hommes mène une vie de tranquille désespoir. Un désespoir stéréotypé, mais inconscient se dissimule même sous ce que nous appelons les jeux et les divertissements de l'espèce humaine. Nul plaisir en eux, car ils viennent après le travail. »

« Notre vie se gaspille en détails. »

« Il est malaisé de se procurer comme de préparer une nourriture assez simple et assez propre pour ne pas offenser l'imagination; mais cette dernière, je crois, est à nourrir lorsqu'on nourrit le corps; l'un et l'autre devraient s'asseoir à la même table. »

« Pour celui dont la pensée élastique et vigoureuse marche de pair avec le soleil, le jour est un éternel matin. »

« Grâce à mon expérience, j'appris au moins que si l'on avance hardiment dans la direction de ses rêves, et s'efforce de vivre la vie qu'on s'est imaginée, on sera payé de succès inattendus en temps ordinaire. »

– Henry David THOREAU, Walden ou la vie dans les bois, Paris : Gallimard, 1990, c1922.

mardi 3 septembre 2013

Parc du Bic (Rimouski)

Un paradis pour les amants de la faune et de la flore, pour les géologues aussi, pour tous ceux et celles qui goûtent la vue du Fleuve Saint-Laurent, qui hument avec plaisir l’odeur du varech et aiment voir les phoques se prélasser au soleil (que l'on peut apercevoir de la Ferme Rioux).

Un magnifique endroit pour les randonneurs et cyclistes, car le parc du Bic est parsemé de sentiers et de points de vue sensationnels, comme le Pic Champlain.

Il y a même une maison de thé, La rose des thés, dans la maison Lyman, cadre et vue enchanteurs.

Le parc inspire le respect et le calme. C’est un lieu où je reviens souvent, mon lieu de pèlerinage, comme je me plais à le dire.





Photos: Chartrand Saint-Louis

samedi 24 août 2013

Conseil précieux pour bien vieillir

« Il ne faut jamais, en vieillissant, s’entourer de personnes, même des amies, qui ne parlent que de maladie, de leurs médicaments, qui se mettent à craindre les déplacements, qui réduisent leurs intérêts à leur propre personne. »
– Conseil précieux d'une très vieille amie de l'auteure, Denise BOMBARDIER, Vieillir avec grâce, Montréal : Éditions de l'Homme, 2013, p. 128.

mercredi 21 août 2013

Petit voyage dans le Bas-Saint-Laurent

Arrivée à Rivière-du-Loup, j’ai tout de suite déposé mes bagages et j’ai laissé l’auto dans le stationnement du motel, j’aime particulièrement explorer une ville à pied, en marchant librement; c'est d'après moi la meilleure façon de la découvrir.

Premier arrêt au marché public sur la rue Lafontaine, principale artère de la ville, pour déguster une délicieuse amandine au chocolat. Le Parc des Chutes étant tout près, j'ai fait un tour sur le site. Il faisait magnifiquement beau. J'ai découvert un très bel endroit, avec des points de vue formidables et de beaux sentiers. J’ai pris mon temps, comme il convient en pareil endroit, et j’ai fait quelques photos. De retour sur la rue Lafontaine, j'ai cassé la croûte au Café L’innocent où j’ai commandé un riz frit végétarien qui fut, ma foi, particulièrement bon. Le personnel était tout attentionné, très charmant. Après ce délicieux repas, j’ai marché un peu, avant que le spectacle de blues débute au centre-ville, le temps était bon, la ville était paisible. La prestation de «Tectonique des blues», le nom d'un groupe de blues local, fut tout à fait bonne, les jeunes musiciens interprétèrent avec brio et enthousiasme un répertoire varié de musique. Lorsque ce fut terminé, j’ai emprunté la rue Joly pour voir le coucher de soleil qui s’annonçait splendide et il le fut. J’ai pu contempler la vue du jour déclinant sur le Fleuve Saint-Laurent et les montagnes de Charlevoix. Fabuleux spectacle!

Sur le chemin du retour, ce fut les arrêts obligés vers des lieux aimés: Notre-Dame-du-Portage (halte routière), Kamouraska pour la boulangerie Niemand, le Café Bistro Côté Est (vue imprenable sur le Fleuve) et une promenade sur le quai; La Pocatière pour casser la croûte chez Azimut (autre belle terrasse) et Saint-Jean-Port-Joli, pour une promenade sur le quai et un repas à La coureuse des grèves.

Vue du Motel Au vieux fanal à Rivière-du-Loup



Rue Lafontaine à Rivière-du-Loup



Parc des chutes à Rivière-du-Loup



Parc des chutes à Rivière-du-Loup



Parc des chutes à Rivière-du-Loup



Rivière-du-Loup



Coucher de soleil à Rivière-du-Loup



Au bord de l'eau à Notre-Dame-du-Portage



Kamouraska



Kamouraska



Du quai de Kamouraska



Photos: Chartrand Saint-Louis

lundi 19 août 2013

L'ombre de moi-même

L'ombre de moi-même, au Parc des Chutes, dans le magnifique Bas-Saint-Laurent.



Photo: Chartrand Saint-Louis

lundi 12 août 2013

La montagne coupée (Saint-Jean-de-Matha)

Vues de la montagne coupée, de la vallée et des collines environnantes.



Photos: Chartrand Saint-Louis

D'Oka à Saint-Jean-de-Matha. Vers une nouvelle vie monastique, réalisateur : Jean-Robert Faucher, émission « Second regard » de Radio-Canada, 2009
Cet intéressant reportage expose les différentes étapes qui ont amené les moines cisterciens à quitter la trappe d’Oka pour s’installer dans la région de la montagne coupée. On assiste aux différentes étapes de ce projet monastique, du choix d’une architecture à leur installation. Une visite guidée de l’Abbaye Val Notre-Dame à Saint-Jean-de-Matha dont l’architecte est Pierre Thibault.

vendredi 2 août 2013

Au crépuscule, une araignée tisse sa toile

Au crépuscule, une araignée tisse sa toile, sur la bretelle d’un pont, en faisant sa ronde.



Photos: Albert

jeudi 18 juillet 2013

Festival des Journées d'Afrique

Festival des Journées d'Afrique, du 18 au 28 juillet 2013, à Québec.

Des spectacles en salle, du 18 au 23 juillet, au Petit Impérial de Québec et au Fou-Bar, plusieurs spectacles extérieurs à la Place d'Youville, du 25 au 28 juillet et une diversité de styles : musique africaine (Burkina Faso, Congo, Mali, Sénégal), musique latine (Brésil, Cuba), musique antillaise (Guadeloupe, Martinique), danse orientale et des ateliers de musique (percussions, flûte, balafon). Le festival clôture avec un hommage à Bob Marley. Une invitation à la danse et à la découverte des rythmes du monde.

Pour connaître les lieux et heures des spectacles, consultez la programmation complète du Festival des Journées d'Afrique.

jeudi 20 juin 2013

Île de Wight (Angleterre)

Un très bel endroit qui rappelle la Gaspésie, Percé et l’Île Bonaventure.



Photos: Karen Hoover
Lien pour voir des photographies de la Gaspésie prises par la photographe à l'été 2006.

mardi 18 juin 2013

Site Extenso

Des réponses à vos questions sur la nutrition sur le site Extenso, le Centre de référence sur la nutrition de l’Université de Montréal.

lundi 10 juin 2013

Méfaits du bruit

Bruit et société : Site d’information réalisé par des étudiants à la maîtrise en audiologie de l'Université de Montréal qui fait le point sur les connaissances actuelles relatives au bruit et à la santé. Conseils et réglementation en vigueur.

dimanche 2 juin 2013

Art de la conversation

« L'art de la conversation, c'est l'art de l'écoute. Une écoute active, attentive, fait naître l'intérêt, la compréhension et la communion. »
Albert

dimanche 26 mai 2013

Langue allemande

Sites Internet conseillés par une amie pour l’apprentissage de la langue allemande:

livemocha.com

fr.babbel.com

allemandfacile.com

dw.de Deutsche Welle, site de nouvelles, de cours et de podcasts.

Ce qu’elle en dit : « Les trois premiers, c'est pour les débutants, c'est en français pour les explications, tandis que Deutsche Welle, c'est tout en allemand, les podcasts sont classés par thèmes. »

mercredi 22 mai 2013

Se concentrer sur son travail (Woody Allen)

« Se concentrer sur son travail. Juste garder le nez sur l'établi. Ne pas penser aux avantages. Ne pas penser à l'argent, aux compliments. Moins on pense à soi, mieux c'est. Il s'agit juste de faire du bon travail, de ne pas perdre de temps à penser à autre chose, de ne pas se laisser distraire, et tout se mettra en place. »
Woody ALLEN (extrait puisé dans Entretiens avec Woody Allen de Eric Lax, trad. Christophe Mercier, Paris : Plon, 2008, p. 407-408)

dimanche 12 mai 2013

Vieil arbre et ses cheveux ébouriffés

Ce vieil arbre et ses cheveux ébouriffés aux quatre vents.



Photo: Chartrand Saint-Louis

lundi 6 mai 2013

Cécité au changement

En l'absence d'attention, notre perception est appauvrie, les objets ne sont pas nettement identifiables, l'association des formes et des couleurs ne se fait pas correctement. C’est ce que démontre le phénomène de cécité au changement. Faites ce test d’attention pour le vérifier.



Pour en apprendre davantage sur l'attention, lire l’ouvrage de Jean-Philippe Lachaux. Le cerveau attentif : contrôle, maîtrise et lâcher-prise. Paris : O. Jacob, 2013 (collection: Sciences)

lundi 29 avril 2013

Nocturnal Opus 70 (Benjamin Britten)

L'une des plus belles pièces de guitare classique composée par Benjamin Britten et interprétée par le maître de la guitare classique, Julian Bream, sur l’album "20th Century Guitar" (RCA Red Seal, 1967).

dimanche 21 avril 2013

La Havane (Cuba)


Photos: André Allaire

jeudi 18 avril 2013

Yoani Sanchez

Le blog(ue) de la célèbre dissidente cubaine Yoani Sanchez : Génération Y, la génération des prénoms commençant ou contenant un Y. Son blog(ue) est traduit en plus de vingt langues. En 2008, le magazine Time la classe parmi les 100 personnes les plus influentes du monde. Elle est sur la liste des sélectionnés pour le Prix Nobel de la Paix. Depuis mai 2012, elle tient un deuxième blog(ue), Cuba Libre, sur le site du journal espagnol El País.

mardi 16 avril 2013

Ecologica : la sortie du capitalisme (André Gorz)

Lire le compte-rendu du livre Ecologica d'André Gorz (Galilée, 2008) par Fabien Ferri. Texte publié par Mouvements (des idées et des luttes), le 11 juillet 2011.

vendredi 12 avril 2013

Deutsche Grammophon

Je recommande la chaîne de Deutsche Grammophon sur YouTube pour la qualité et la belle sélection des vidéos mises en ligne.

jeudi 11 avril 2013

État des lieux, histoire du Web

Conférence de Olivier Ertzscheid, Pôle universitaire yonnais, campus de l'Université de Nantes à La Roche-sur-Yon, 10 janvier 2013.

Etat des lieux, histoire du web, de la bibliothèque, Web, 2.0, 3.0 ? (1/2) from Guenael Boutouillet on Vimeo.

Etat des lieux, histoire du web, de la bibliothèque, Web, 2.0, 3.0 ? (2/2) from Guenael Boutouillet on Vimeo.

mardi 9 avril 2013

L'oeil de David Altmejd

Sculpture de David Altmejd, né à Montréal en 1974.

L'oeil, 2010-2011, bronze, Fonderie d'art d'Inverness (Québec).

Don de l'artiste et des employés du Musée des beaux-arts de Montréal dans le cadre de la Campagne 2008-2012, inv. 2011.154.

Coin des rues Sherbrooke et Crescent, devant le nouveau pavillon Claire et Marc Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal.



Photo: Chartrand Saint-Louis

lundi 1 avril 2013

Make no $mall plans (Winkler et Köperl)

« Make No $mall Plans (2008) a été réalisée à la suite d’une manifestation contre les plans de réaménagement du quartier Griffintown. Impressionnés par l’ampleur du débat, Winkler et Köperl ont fait de cette question controversée une partie intégrante du travail réalisé pendant leur résidence internationale du Conseil des Arts du Canada à la Fonderie Darling. Écrites sur un air connu que le groupe Deep Purple a commercialisé à la même époque où le quartier a été développé, les paroles qu’ils chantent en duo commentent la situation à Griffintown et manifestent leur appui aux activistes; le titre et le refrain se réfèrent plutôt à l'énoncé de mission de la compagnie immobilière concernée. »
Geneviève Bédard et Marie-Josée Lafortune, Optica, un centre d'art contemporain


Make No $mall Plans

« To Montreal we came on
The cultural council´s call
Next to a fairly ill-kept district
Raddled by rise and fall

Chris Gobeil and the others
Are fighting for old Griffintown
But big promoters´ power
Is just about to bring it down

Make no $mall plans
Ne pense pas petit

The governors have big ideas
They favoure a brand new start
Revolving doors just push them in and out to
Go for another mart

On the project´s webpage
Everything looks neat and well
But even we as stranges
Can recognize a fishy smell
(that does not come from the canal!)

Make no $mall plans
Ne pense pas petit

There was this march to the city hall
All the activist were there
They carried Griffintown´s coffin to its grave
To tell them “don´t you dare!”

They want diversity, sustainability
They want a decent grow
Don´t throw it all to Devimco® - at least let
Gentrification flow

Make no mall-plans
Ne pense pas petit »

Musique: Deep Purple 1972
Paroles: Winkler et Köperl (Montréal, 2008)

La vidéo « Make No $mall Plans » (5min. 30sec.) fut présentée au Centre Canadien d'Architecture (CCA), dans le cadre de l'exposition ABC: MTL, un autoportrait de Montréal, du 13 novembre 2012 au 31 mars 2013. Pour voir cette vidéo sur le Web, suivre ce lien et cliquer sur « Compilation II » (deuxième vidéo) : http://www.winkler-koeperl.net/Video/video2_e.html

mercredi 27 mars 2013

Le bicentenaire de la naissance de Richard Wagner et l'Anneau du Nibelung

Pour les personnes qui découvrent l’œuvre de ce compositeur allemand d’opéra à l’occasion des célébrations qui entourent le 200e anniversaire de sa naissance (1813-1883), elles ont intérêt à lire, pour apprécier sa tétralogie, l’Anneau du Nibelung, en ce qui a trait aux thèmes littéraires : les légendes, contes et coutumes allemandes des frères Grimm et les poèmes de la mythologie scandinave; pour les thèmes musicaux et les motifs conducteurs : « Les Drames musicaux de Richard Wagner » par Carl Dahlhaus (Éditions Mardaga, 1994) (extraits consultables sur Google Livres). Quant aux enregistrements vidéos, la mise en scène de Patrice Chéreau reste très célèbre (avec Pierre Boulez à la direction d’orchestre) et celle de Harry Kupfer (Daniel Barenboim, chef d'orchestre) est aussi intéressante par l'usage judicieux des lasers. Le chef d'orchestre Lorin Maazel présente une synthèse symphonique du Ring dans une édition DVD et Blu-ray parue chez EuroArts en 2012 (« The Ring Without Words », Berliner Philharmoniker). On peut se procurer les livrets d'opéras en version libre de droits sur Google Livres (books.google.fr/) et sur le site de Gallica (http://gallica.bnf.fr). L’ouvrage de Bruno Lussato, « Voyage au cœur du Ring, poème commenté », publié chez Fayard en 2005, a l’intérêt de présenter la version originale allemande et la traduction française, côte à côte, avec des commentaires très riches sur divers aspects de l’œuvre, dont les thèmes musicaux et les instructions de mise en scène. Quant au Festival de Bayreuth (« Festspielhaus »), le centre international de l'opéra wagnérien et lieu de pèlerinage, consulter le site officiel (http://www.bayreuther-festspiele.de/) (anglais/allemand) et visionner le gala offert pour le 200e anniversaire de la naissance de Richard Wagner à Bayreuth, le 22 mai 2013. À lire les « Considérations inactuelles » de Nietzsche (IV. Richard Wagner à Bayreuth (1876)) et l’ouvrage de Jean Mistler, « Wagner et Bayreuth » paru chez Hachette en 1980. Sur sa vie : « Ma vie », de Richard Wagner (Perrin, 2012), traduction française et notes de Dorian Astor (auteur de « Comprendre Wagner », paru chez Max Milo en 2013). On ne peut pas ignorer les autres critiques de Nietzsche (« Le cas Wagner : Un problème musical »; « Nietzsche contre Wagner : Un problème pour psychologue »). À noter que la revue Classica a consacré un numéro spécial à ce compositeur en novembre 2012 (« Wagner, l’héritage d’un géant », n°148). Pour des vidéos des opéras de Wagner sur YouTube, consulter les chaînes WagnerOpera, Operazaile et R.Wagner DVD opera highlights. Autre chaîne pour entendre les splendides Wesendonck lieder. Films entièrement disponibles sur YouTube: Wagner (série TV, 1983, en anglais), Ludwig de Luchino Visconti (1972) (en allemand) et le documentaire Dans l'oeil de l'Anneau (en anglais).

mardi 19 mars 2013

Du blog(ue) à l’ebook

Au moment de rédiger la conclusion de mon billet Des romans à la pelle – « Il vaut mieux tenir un blog(ue) que d’écrire des romans imprimés que, en dehors du cercle restreint de vos parents et amis, personne ne lira. » –, j’ignorais tout du concept de blogbook que j’ai retrouvé sur le blogue de Laurent Margantin, l’auteur de l’essai poétique inclassable intitulé Insulaires (Publie.net 2011). Un beau texte tout en douceur que je vous conseille vivement. Mais qu’en est-il du blogbook ? L’auteur avance essentiellement que nos tablettes ont fait du blogue des livres à part entière. Et il n’a pas tort.

Aux trop nombreuses personnes qui prétendent que les jeunes ne lisent plus parce qu’ils n’ont pas de « livres » à la main, je réponds que la lecture de blogues constitue une activité littéraire aussi enrichissante que celle des textes imprimés. En effet, la blogosphère est riche en écrits de toutes sortes. À partir d’un compte Twitter, toute personne a la possibilité de s’abonner aux milliers d’écrivains, poètes et essayistes que compte la Francophonie pour ainsi passer des heures et des heures à lire des textes. Certes, ils ne sont pas tous de la même qualité, mais cela ne diffère pas des livres achetés en librairie ou empruntés à la bibliothèque. À lui seul le blogue de François Bon, Le Tiers livre, vaut le détour, croyez-moi. Bref, il y en a pour tous les goûts dans la blogosphère.

Selon Laurent Margantin, la création littéraire débute d’abord par le blogue. Ensuite vient l’ebook (livre numérique) et, en tout dernier, le livre imprimé. Il écrit : « Le bouquin papier est la dernière chose à lire, n’intéresse que les commerçants, libraires et critiques, vieux monde croulant. » On aura déjà compris que l’auteur tient le blogue en haute estime puisqu’il représente ni plus ni moins que la source de la création. En effet, le blogue est un lieu d’expression à la portée de tous. N’importe qui peut s’en ouvrir un et commencer à écrire ce qui lui fait envie. Sera-t-il lu par beaucoup de gens? Certainement pas moins que s’il avait publié ses écrits…

Mais le blogue pose néanmoins un problème : celui de la pérennité de l’écrit. En effet, les billets s’accumulent et, avec les années, le risque de perte ou d’abandon s’accroît. Thierry Crouzet l’a compris et, dans son billet Le blog, une pratique dépassée, il suggère de ne pas tarder de passer du blogue à l’ebook. Pour ce faire, il a même mis au point un plugin pour WordPress qui permet de convertir une série de billets d’un blogue en un ebook de format ePub. Je n’ai pas testé le résultat… mais, enfin, cela vaut la peine d’essayer.

– Texte de Daniel Ducharme

jeudi 14 mars 2013

Dernières productions signées Haya ADAM


Le puits


L'engouée des plantes


Parisienne (1900)


Coquelicots


Emilie et Léa


Rendez-vous belge


Un bol de riz


Chantons sous la pluie

Geff et la girafe


Attention, chien méchant


Canard sauvage


Élections


Mimi la goulue


Mimi


Monique


Regards


À Hila


Porte-fleurs

L'artiste Haya Adam exprime sa joie de vivre à travers son art qui évoque un monde pacifique où règnent l'harmonie et la beauté.

Haya démontre un grand talent de coloriste. Sa peinture est lumineuse. Son évolution d'artiste est remarquable. Elle ne cesse de grandir, de s'épanouir et d'enchanter.

Pour voir sa galerie d’art, visitez Le Portail d’Albert, en suivant ce lien : Haya Adam (art naïvement réaliste).