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Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

Sur quelles valeurs peut-on penser le monde de demain ?

« La principale valeur est la valeur du temps. Le temps est la seule chose rare au fond. Cette crise sanitaire nous rappelle que nous sommes mortels et que nous devons faire le meilleur usage de notre temps sur cette terre, pour nous et pour ceux à qui nous avons donné la vie ou à qui nous avons la responsabilité de voir leur vie s'accomplir. La première valeur, c'est la prise de conscience de l'importance du temps et de créer les conditions d'un bon temps.

La deuxième, c'est de se rendre compte que l'égoïsme est suicidaire. Si, dans cette crise, chacun se conduit de façon égoïste, si l'on continue à voler les masques sur les tarmacs des aéroports, si l'on continue à s'enfermer dans nos solitudes égoïstes, on court à la catastrophe. Économiquement, si chaque pays se ferme, on court à une crise économique encore plus profonde que celle qui s'annonce. Nous avons intérêt à être altruistes. Un bon temps ne peut être un bon temps que s'il est altruiste.

C'est cela, à mon avis, les deux valeurs fondamentales. »

– Jacques Attali, Peut-on penser dès aujourd'hui le monde de demain?, Institut de l'Économie Positive, 2 avril 2020, Extrait à partir de 7:51