Passer au contenu principal

En vedette

La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

L'attention vigilante

« Le principe essentiel de la discipline bouddhique est l'attention vigilante, cette continuelle présence d'esprit, cette lucidité dont il est dit, dans le Dhammapada:

« L'attention est le chemin qui conduit à l'affranchissement de la mort, l'inattention, l'irréflexion est le chemin qui mène à la mort. Ceux qui sont attentifs ne meurent pas, les inattentifs sont déjà comme des morts. »

À quoi cette attention doit-elle s'appliquer ? Elle doit s'appliquer à toutes choses. Elle doit s'appliquer aux faits matériels que nous découvrons autour de nous par le moyen de nos sens. Elle doit s'appliquer aux mouvements mentaux que nous pouvons déceler chez autrui : idées, passions sous toutes leurs formes et dans toutes leurs manifestations. Mais l'attention continuelle doit surtout – oh oui surtout – être dirigée sur nous-mêmes. »

– Alexandra David-Néel, d'après les notes du Lama Yongden, « La discipline spirituelle bouddhiste », Revue Le Lotus Bleu, juillet-août 1958