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Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

L'attention vigilante

« Le principe essentiel de la discipline bouddhique est l'attention vigilante, cette continuelle présence d'esprit, cette lucidité dont il est dit, dans le Dhammapada:

« L'attention est le chemin qui conduit à l'affranchissement de la mort, l'inattention, l'irréflexion est le chemin qui mène à la mort. Ceux qui sont attentifs ne meurent pas, les inattentifs sont déjà comme des morts. »

À quoi cette attention doit-elle s'appliquer ? Elle doit s'appliquer à toutes choses. Elle doit s'appliquer aux faits matériels que nous découvrons autour de nous par le moyen de nos sens. Elle doit s'appliquer aux mouvements mentaux que nous pouvons déceler chez autrui : idées, passions sous toutes leurs formes et dans toutes leurs manifestations. Mais l'attention continuelle doit surtout – oh oui surtout – être dirigée sur nous-mêmes. »

– Alexandra David-Néel, d'après les notes du Lama Yongden, « La discipline spirituelle bouddhiste », Revue Le Lotus Bleu, juillet-août 1958