Passer au contenu principal

En vedette

La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

La vie est indéfinissable

« La vie, même vue sous l’angle de la monotonie des besognes quotidiennes, est essentiellement insaisissable et indéfinissable. Variant d’une seconde à l’autre, elle ne peut être immobilisée, et nous ne pouvons ni l’analyser ni la définir. Réfléchir à la vitesse du temps ou du cours des événements équivaut à nous engager dans un tourbillon, car elle est incalculable. Plus nous nous efforçons de retenir le moment présent ou une sensation agréable, d’en trouver une définition susceptible de nous satisfaire pour toujours, plus l’objet de notre convoitise devient intangible. On dit que la définition est un assassinat. En effet, si le vent s’arrêtait de souffler, même une seule seconde, pour nous permettre de le saisir, il cesserait d’être vent. Le même principe est applicable à la vie. »

– Alan Watts, L’esprit du Zen, Éditions Dangles, 1976, p. 52