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Un cortège de hérons blancs

« Il allait par la campagne au milieu des champs, jeune garçon de seize ans, quand il leva son regard vers le ciel et vit un cortège de hérons blancs traverser le ciel à une grande altitude : et rien d’autre, rien que la blancheur des créatures vivantes ramant sur le ciel bleu, rien que ces deux couleurs l’une contre l’autre; cet ineffable sentiment de l’éternité pénétra à l’instant dans son âme et détacha ce qui était lié, lia ce qui était détaché, au point qu’il tomba comme mort. » – Hugo von Hofmannsthal, cité dans Pierre Hadot, La philosophie comme manière de vivre , Albin Michel, 2001, p. 278‑279

La parabole de la lampe allumée au grand jour

« Tandis que le soleil brille, un homme s’entête à vouloir allumer une lampe, sa lampe, afin de s’éclairer ou d’éclairer autrui. En vain, lui représente-t-on qu’il fait grand jour, que le soleil répand sa grande clarté sur toutes choses. Il refuse le bénéfice de celle-ci, ce qu’il désire, c’est une lampe produite par lui. Très vraisemblablement la folie de cet homme tient à ce qu’il ne discerne pas la lumière du soleil, elle n’existe pas pour lui, un écran opaque l’empêche de l’apercevoir. Quel est cet écran? – L’infatuation de soi-même, de sa personnalité et de ses œuvres, les ratiocinations s’opposant à la compréhension. »

– Alexandra David-Néel, Initiations lamaïques, Éditions Adyar, 1999, p. 168