Passer au contenu principal

En vedette

Jouer du violon

« Le violon est, par excellence, l'instrument sur lequel jouer faux est extrêmement aisé, ce qui suscite toujours un extraordinaire malaise chez l'auditeur. Pour un violoniste qui passe ses journées à travailler son instrument, en entendre un autre exécuter les mêmes oeuvres que lui mais avec une précision accrue peut lui farie croire que celui-ci possède une faculté mystérieuse touchant à la magie. » (189-190) « Technique et émotion sont indépendantes, c’est le hasard de l’apprentissage et de l’application dans le travail qui les rassemble ou les désunit. » (190) « Plus le tempérament et la force d’expression sont puissants et incitent à la prise de risques, plus la technique doit être solide pour les encadrer sans que la qualité du jeu n’en souffre. » (190) « Mettre tout à plat, tout entendre, ne rien laisser passer, ne rien se cacher, adopter un rythme extrêmement ralenti, avec une infinie patience. » (191) « La clé réside peut-êtr...

Le moment de la créativité

« Je partageais à l'époque les idées d'un très bon professeur du nom de Krishnamurti, né en Inde en 1895. Je n'en ai pas été particulièrement proche, mais il a donné des conférences dans le monde entier et il est l'auteur d'un grand nombre de livres, dont The First and the Last Freedom. Cet ouvrage publié juste avant sa mort, en 1986, explique que le moment de la créativité est toujours le moment présent. Si l'on était capable de comprendre que la créativité s'ouvre à nous à tout instant, l'expérience de ce phénomène serait un moment de réalisation authentique. Je n'ai jamais très bien compris cette idée, mais j'ai toujours senti qu'elle était d'une grande force. Je crois qu'il parlait de l'expérience spontanée de la vie. Même s'il n'a jamais été mon professeur – j'ai assisté à l'une de ses conférences et j'ai lu quelques-uns de ses livres – j'ai compris qu'il parlait d'un déploiement, d'un épanouissement spontané de vie qui n'était jamais routinier ou répétitif, mais continuellement nouveau, et cette approche trouvait en moi un écho. »

– Philip Glass, Paroles sans musique, Paris : Cité de la musique – Philharmonie de Paris, 2017, p. 355