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Marguerite Yourcenar: Le Labyrinthe du monde

De l’écrivaine Marguerite Yourcenar, Archives du Nord et Souvenirs pieux sont des mémoires autobiographiques tout à fait remarquables, parmi les plus aboutis de son œuvre. Des livres écrits d’une main de maître — on connaît le talent formidable de cette grande écrivaine — et que je recommande chaudement. Ces deux ouvrages constituent d’ailleurs les deux premiers volets du cycle autobiographique intitulé Le Labyrinthe du monde, que Yourcenar devait compléter avec Quoi ? L’Éternité, un dernier volume laissé inachevé à sa mort et publié seulement après sa disparition.

C’est une fascinante plongée dans la généalogie de ses deux familles. Bien sûr, tout n’est pas entièrement validé par les faits historiques : certains pans de l’histoire familiale ne sont pas documentés, des hiatus, comme le dit l’écrivaine. Mais Yourcenar s’est très certainement amusée à broder autour des personnages de son passé. Elle a d’ailleurs expliqué l’objectif de cette autobiographie : « Avant tout, toucher à quelque chose d’universel, le lien entre la généalogie et “l’être que j’appelle moi”. » Comme nous tous lorsque nous nous intéressons à nos origines, elle a cherché à comprendre ce qui, chez ses ascendants, se retrouvait en elle. Cette exploration révèle combien nous portons en nous le poids — ou l’héritage — de ceux et celles qui nous ont précédés.