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Le quatre-vingt-quatrième problème

Un jour, un fermier alla voir le Bouddha pour lui parler de ses problèmes. Il décrivit ses difficultés : combien son travail était compliqué, tant à cause de la sécheresse que de la mousson. Il parla au Bouddha de son épouse : il l’aimait, mais il y avait certaines choses chez elle qu’il aurait bien voulu changer. Même refrain en ce qui concernait ses enfants : oui, il les aimait, mais ils n’évoluaient pas comme il l’aurait souhaité. Quand il eut fini, il demanda comment le Bouddha pouvait l’aider à résoudre ses soucis. Le Bouddha répondit : « Je suis désolé, mais je ne peux pas vous aider. – Comment est-ce possible ? s’écria le fermier. Vous êtes censé être un grand maître ! – Je vais vous expliquer, répondit le Bouddha. Tous les êtres humains ont quatre-vingt-trois problèmes, c’est un fait. Bien sûr, certains problèmes disparaissent de temps en temps, mais bien vite, d’autres les remplacent. Nous aurons donc toujours quatre-vingt-trois problèmes. – À quoi sert donc votre ense...

L’acte de composer

« La composition était l’acte suprême d’un long processus mental : il nouait ensemble les fils épars de sa pensée et donnait une valeur universelle à toutes les données dont son cerveau était encombré. Écrire un tel article représentait un effort conscient pour libérer son esprit et le préparer pour de nouveaux matériaux et des problèmes inédits. Sa manière de faire ressemblait un peu à cette réaction que peuvent avoir des hommes et des femmes tourmentés par des griefs réels ou imaginaires, qui sortent périodiquement de leur douloureux silence pour « dire ce qu’ils ont sur le coeur » avec volubilité, jusqu’au dernier mot. »

– Jack London, Martin Eden, Gallimard, 2016, p. 278