jeudi 29 avril 2010

Archipel-de-Mingan

Je conserve un souvenir impérissable d'un voyage en Minganie, ce magnifique coin de terre sur la Côte-Nord du Québec.

L’Archipel-de-Mingan vaut à lui seul le déplacement. Il se compose de milliers d’îles et d’îlots granitiques et d’une quarantaine d’îles calcaires.

Cette réserve naturelle abrite une flore et une faune des plus diversifiées et des colonies d’oiseaux de mer y trouvent refuge.

D’immenses blocs de pierre, ces géants sculptés par les éléments de la nature, dominent le paysage, tels des gardiens silencieux de ces lieux chargés de mystères et d’une rare beauté.



















































Photos: Chartrand Saint-Louis

mercredi 28 avril 2010

Rafael Holguin, artiste peintre

Rafael Holguin est un artiste peintre franco-colombien qui travaille principalement à Paris. Sa peinture assez colorée se situe entre l'abstraction et la figuration. L'artiste puise son inspiration de l'univers qu'il côtoie, un univers qu'il place au niveau planétaire. Il aime travailler sur des supports aussi variés que la toile, le bois, le métal, la terre, le carton... Autodidacte, il n'est pas influencé par un courant, il affirme peindre son univers de façon très personnelle.

Rafael Holguin découvre son atelier et ses créations


Pages de l'artiste sur Facebook : Rafael Dhyan Holguin et RAFAEL HOLGUIN

Méditation bouddhique

« Le monde est en feu, ô mes frères ! Le feu de l’ignorance, le feu de la haine, le feu de l’envie, le feu de la rancune… »
— Marguerite YOURCENAR (Les Yeux ouverts, Paris : Éditions du Centurion, 1980, p. 207)

mardi 27 avril 2010

Pierre Thibault, architecte

Je vous invite à visiter le site de l’architecte Pierre Thibault afin d’admirer ses splendides réalisations architecturales.

Le bois est omniprésent et de généreuses fenestrations laissent entrer à profusion la lumière du jour. La nature est joliment intégrée à l'architecture (pierre, arbres...). Le rapport à l’extérieur étant maximal, l’utilisation des sources d’éclairage artificiel en est limitée. L'empreinte écologique est la plus faible possible.

Pierre Thibault privilégie la simplicité des volumes, le plus grand dépouillement et l’élagage des besoins, en mettant l’accent sur l’espace nécessaire au quotidien.

Cet architecte adopte une approche « lente » et humaine en matière d’architecture. Il cherche à harmoniser les visions, celle du passé (modèle ancestral) et celle du présent (modèle contemporain). Le temps est son guide. Il effectue des croquis sur place, se rend disponible aux lieux et aux gens. Il cherche à transposer l’espace extérieur vers l’intérieur. L’habitat devient un lieu de contemplation.

Habité par une grande conscience sociale et écologique, Pierre Thibault dénonce le modèle américain qui prédomine au Québec en matière d’aménagement du territoire et en déplore les principales résultantes : l’étalement urbain, la destruction des terres agricoles et la création d'immenses centres commerciaux. Cette approche ne correspond plus au nouveau paradigme en architecture qui consiste à fermer les périmètres afin de réduire les dépenses énergétiques.

Pierre Thibault a publié un magnifique livre :
Les maisons-nature de Pierre Thibault. Montréal : La Presse, 2010 (ISBN : 9782923681375)

À voir : L'Espace que j'ai vu... un portrait de l'architecte Pierre Thibault (2007), film documentaire d'Anne-Marie Tougas qui livre un beau portrait de l'architecte. Lire à ce sujet l’article de Jérôme Delgado, dans Voir Québec, 10 mai 2007.

Intéressant de savoir que le film de Denys Arcand, Le règne de la beauté baigne dans l'univers de l'architecte Pierre Thibault.

Michel Lacombe a rencontré l'architecte Pierre Thibault à l'émission de la première chaîne de Radio-Canada, Le 21e, le vendredi 3 avril 2015: Les maisons de l'architecte Pierre Thibault: en symbiose avec la nature.

L'Atelier Pierre Thibault, sept épisodes dans les coulisses de la création à La fabrique culturelle.tv: "Construire est l’un des actes les plus importants que peut poser une société parce qu’il marque une empreinte définitive sur le territoire, modifiant le rapport que nous entretenons avec lui, notre façon de le percevoir, de l’appréhender et de l’habiter." À chaque étape de ses projets, l'Atelier Pierre Thibault se démarque par sa proximité avec ses clients, son soucis de l'environnement, sa vision unique du territoire et sa préoccupation de créer un espace adapté aux besoins de ceux qui y évolueront."

dimanche 25 avril 2010

Kentucky Avenue (Tom Waits)

Sa voix rauque et caverneuse, ses textes sombres et puissants, sa personnalité d'être écorché vif font de Tom Waits un chanteur singulier et bouleversant.

Blue Valentine (1978) est très certainement l’un de ses albums que je chéris le plus. J’aime à peu près toutes les chansons qui le composent. S’il fallait en choisir une, je choisirais « Kentucky Avenue » pour les purs moments d’émotions que cette chanson véhicule.

Tom Waits a grandi dans une rue appelée « Kentucky Avenue » à Whittier en Californie. Cette chanson raconte ses souvenirs d’enfance.

« Childhood is very important to me as a writer, I think the things that happen then, the way you perceive them and remember them in later life, have a very big effect on what you do later on. »
– Tom Waits (Source: Martin, Garvin. « Hard Rain », New Musical Express, New York, 19 octobre 1985)

Traduction:

« En tant qu'écrivain, l'enfance est une étape importante de l'existence. Je crois que ce qui nous arrive en vieillissant, la manière que nous percevons notre vie et le souvenir que nous en avons plus tard, jouent un rôle fondamental dans ce que nous ferons plus tard. »

Extrait des paroles de Kentucky Avenue

« Well, Eddie Grace's Buick got four bullet holes in the side
And Charlie DeLisle is sittin' at the top of an avocado tree
Mrs. Storm will stab you with a steak knife if you step on her lawn
I got a half a pack of Lucky Strikes, man, so come along with me
And let's fill our pockets with macadamia nuts
And go over to Bobby Goodmanson's and jump off the roof
Well, Hilda plays strip poker when her mama's cross the street
Joey Navinski says she put her tongue in his mouth
And Dicky Faulkner's got a switchblade and some gooseneck risers
That eucalyptus is a hunchback, there's a wind down from the south
So let me tie you up with kite string and I'll show you the scabs on my knee
Watch out for the broken glass, put your shoes and socks on
And come along with me
(...)  »
(Source Internet: Tom Waits Library)

jeudi 22 avril 2010

Voeux bouddhiques

« Lutter contre ses mauvais penchants;
S’adonner jusqu’au bout à l’étude;
Se perfectionner dans la mesure du possible;
Et enfin, si nombreuses que soient les créatures errantes dans l’étendue des trois mondes, c’est-à-dire dans l’univers, de travailler à les sauver. »

« De la conscience morale à la connaissance intellectuelle, de l’amélioration de soi à l’amour des autres et à la compassion envers eux, tout est là, il me semble, dans ce texte vieux de quelque vingt-six siècles. »
— Marguerite YOURCENAR (Les Yeux ouverts, Paris: Éditions du Centurion, 1980, p. 314)

mercredi 21 avril 2010

Working Class Hero (John Lennon)

« Working Class Hero », chanson de John Lennon, parution sur son premier album solo, John Lennon/Plastic Ono Band, en 1970.

Cette chanson est porteuse d’un message fort. Elle dénonce le système des classes sociales et l’aliénation dont nous sommes tous assujettis dès l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Elle invite au réveil, à la transformation intérieure et à la nécessité de vivre autrement.

« « Imagine » (1971), qu’il s’agisse de la chanson ou de l’album, est un peu comme « Working Class Hero » (...) sur le disque précédent. Mais ce disque-là était trop vrai pour les gens, de sorte que personne ne l’a acheté… « Imagine » véhiculait exactement le même message, mais enrobé de sucre. Et voilà qu’« Imagine » fait un carton à peu près partout – anti-religieux, anti-nationaliste, anti-conventionnel, anti-capitaliste –, mais comme c’est enrobé de sucre, on l’accepte.  »
– John Lennon (Henke, James. Lennon La légende. Paris : Seuil, 2003, p. 49)

Working class hero (John Lennon)

« As soon as your born they make you feel small,
By giving you no time instead of it all,
Till the pain is so big you feel nothing at all,
A working class hero is something to be,
A working class hero is something to be.
They hurt you at home and they hit you at school,
They hate you if you're clever and they despise a fool,
Till you're so fucking crazy you can't follow their rules,
A working class hero is something to be,
A working class hero is something to be.
When they've tortured and scared you for twenty odd years,
Then they expect you to pick a career,
When you can't really function you're so full of fear,
A working class hero is something to be,
A working class hero is something to be.
Keep you doped with religion and sex and TV,
And you think you're so clever and classless and free,
But you're still fucking peasents as far as I can see,
A working class hero is something to be,
A working class hero is something to be.
There's room at the top they are telling you still,
But first you must learn how to smile as you kill,
If you want to be like the folks on the hill,
A working class hero is something to be.
A working class hero is something to be.
If you want to be a hero well just follow me,
If you want to be a hero well just follow me. »
(Source Internet: Lyrics2007)

Traduction :

« Héros de la classe ouvrière

A peine es tu né qu'ils te font te sentir petit
En te prenant tout ton temps au lieu de te le laisser
Jusqu'à ce que tu aies si mal que tu ne ressentes plus rien
C'est quelque chose d'être un héros de la classe ouvrière
C'est quelque chose d'être un héros de la classe ouvrière

Ils te font de la peine à la maison, et ils te frappent à l'école
Ils te haïssent si tu es intelligent et ils méprisent les idiots
Jusqu'à ce que tu sois tellement dingue que tu ne puisses plus suivre leurs règles
C'est quelque chose d'être un héros de la classe ouvrière
C'est quelque chose d'être un héros de la classe ouvrière

Quand ils t'ont torturé et effrayé pendant une vingtaine d'années
Alors ils espèrent que tu vas te lancer dans une carrière
Et si tu ne le peux pas, tu es mort de peur
C'est quelque chose d'être un héros de la classe ouvrière
C'est quelque chose d'être un héros de la classe ouvrière

Ils te bourrent de religion, de sexe et de télé
Et toi, tu crois être si malin, si libre et n'appartenir à aucune classe sociale
Mais, pour autant que je sache, tu t'en sors quand-même mieux que les paysans
C'est quelque chose d'être un héros de la classe ouvrière
C'est quelque chose d'être un héros de la classe ouvrière

Il y a de la place en haut, qu'ils te disent encore
Mais il te faut d'abord apprendre à tuer avec le sourire
Si tu veux vivre comme ces gens sur la colline
C'est quelque chose d'être un héros de la classe ouvrière
C'est quelque chose d'être un héros de la classe ouvrière

Si tu veux être un héros, alors suis-moi »
(Source Internet : Chez Jean-Louis Bergami)

L’interprétation qu’en donne Marianne Faithfull est habitée par l’esprit de la chanson, par sa force dénonciatrice et sa puissance évocatrice. Les musiciens qui l’accompagnent, dont l’excellent guitariste Harry Manx, insufflent à cette pièce un son « groove » qui donne la sensation de chalouper sur des flots amicaux.

Moines et ermites chinois d'aujourd'hui

Bill Porter, sinologue américain, entreprit d'aller à la rencontre des moines et ermites chinois d'aujourd'hui et d'en faire le récit dans La route céleste (Paris, Librairie de Médicis, 1993).

Ce livre est à la fois un livre d'entretiens et de sagesse et le récit d'un périple. Il est parsemé d'informations instructives sur l'histoire et l'enseignement du taoïsme.

L'auteur confie le fruit de ses entretiens avec les quelques grands maîtres spirituels qu'il eut l'occasion de rencontrer.

Comment apprend-on à pratiquer? Un sage répondit à la question :

« On peut étudier les bases un peu partout. Il ne faut pas être pressé. Vous devez être prêt à vouer toute votre vie à la pratique. Pas question de dépenser de l'argent. C'est votre vie que vous devez dépenser. Rares sont ceux qui ont cette volonté. Si vous êtes prêt à apprendre, vous n'aurez pas à chercher de maître. Un maître vous trouvera. (...)

Le Tao n'est pas quelque chose qui peut être mis en mots. Il faut pratiquer avant de comprendre. (...)

Comprendre, c'est quelque chose qui vient naturellement. Différemment pour chacun. L'essentiel, c'est de réduire ses désirs et de calmer son esprit. La pratique prend beaucoup de temps, et il faut rester en bonne santé. Si vous avez de nombreuses pensées et de nombreux désirs, vous ne vivrez pas assez longtemps pour atteindre le but. » (p. 102)

Pendant le règne de Mao Zedong, les moines furent persécutés et chassés. Les autorités firent détruire un grand nombre de temples. Vers la fin des années 1970, le régime assouplit ses positions, la pratique religieuse fut libéralisée. Cette brèche cachait l'intention véritable des autorités, celle de favoriser le pèlerinage et le tourisme religieux.

Le tourisme est un envahissement. Les moines et ermites chinois d'aujourd'hui sont plus ou moins contraints d'accueillir les visiteurs dans leurs monastères et de jouer le rôle d'aubergistes. Pour trouver un peu de quiétude, ils s'enfoncent de plus en plus profondément dans les campagnes ou dans les montagnes en des lieux difficilement accessibles.

L'enseignement devient de plus en plus ardu à transmettre, parce que nous n'apprenons plus à vivre de façon naturelle.

« Lao-Tseu nous demande de cultiver la tranquillité et le détachement. D'être naturels. Être naturel veut dire ne pas forcer les choses. Quand vous agissez naturellement, vous obtenez ce qu'il vous faut. Et pour savoir ce qui est naturel, il faut cultiver la tranquillité. » (p. 84)

Manifestement, l'époque moderne ne favorise plus la pratique spirituelle. C'est ce que confie un moine :

« Le taoïsme nous enseigne de réduire nos désirs et de mener une vie tranquille. Nous vivons une époque moderne, et il se trouve très peu de gens pour vouloir réduire leurs désirs et cultiver la tranquillité. Nous sommes à l'Âge du désir. De plus, on apprend beaucoup plus lentement de nos jours. Les esprits ont perdu leur simplicité. On est beaucoup trop compliqué. » (p. 74)

lundi 19 avril 2010

Oiseau bleu (Charles Bukowski)

Dans l’excellent documentaire « Born into this » (2003) de John Dullaghan sur la vie artistique et personnelle de Charles Bukowski (1920-1994), l’écrivain récite son émouvant poème : « L’oiseau bleu ».
« Un oiseau bleu veut sortir de mon coeur,
Mais je suis trop coriace pour lui.
Je lui dis : Reste dedans que personne ne te voie.
Un oiseau bleu veut sortir de mon cœur.
Je lui verse du whisky dessus
Et j’avale de la fumée.
Les putes, les barmen et les épiciers
Ignorent qu’il est là-dedans.
Un oiseau bleu veut sortir de mon cœur.
Mais je suis trop coriace.
Je dis : Ne bouge pas
Tu veux ma perte ?
Tu veux tout gâcher ?
Tu veux ruiner mes ventes en Europe ?
Un oiseau bleu veut sortir de mon cœur.
Je suis trop malin.
Je ne le laisse sortir que la nuit quand chacun dort.
Je dis : Je sais que tu es là, ne sois pas triste.
Puis je le rentre, mais il chante doucement à l’intérieur.
Je ne l’ai pas laissé mourir.
Et on dort ensemble, avec notre pacte secret.
Cela suffit à faire pleurer un homme,
Mais je ne pleure pas.
Et toi ? »
— Charles Bukowski

Cette intéressante lecture, joliment dessinée et animée par Monika Umba:

dimanche 18 avril 2010

Triangle amoureux

Dans le film québécois « Les mâles » (1971) de Gilles Carle (1929-2009), le réalisateur aborde le thème du triangle amoureux, version hippie. Un autre lieu et une autre époque, mais le même thème, dans le légendaire film de François Truffaut, « Jules et Jim » (1962).

« Je commence un film croyant qu'on s'amusera pour me rendre compte, en chemin, que finalement seule la tristesse le sauvera. »
– Truffaut (Source Internet)

« Les Mâles, ce n’est ni post-révolutionnaire, ni pré-révolutionnaire. C’est pour moi deux hommes parfaitement ridicules qui cherchent à se révolutionner eux-mêmes. (...) Je prends la banalité de la vie quotidienne et, ici, je dépayse cette banalité. »

Dans l’un comme dans l’autre film, une chanson m’est restée en tête.

Pour « Jules et Jim », c’est « Le tourbillon de la vie » que chante si joliment Jeanne Moreau et pour « Les mâles », c’est la chanson thématique du film, « Le temps est bon » qu’Isabelle Pierre interprète avec sa voix suave et belle.

Le tourbillon de la vie

« Elle avait des bagues à chaque doigt,
Des tas de bracelets autour des poignets,
Et puis elle chantait avec une voix
Qui, sitôt, m'enjôla.

Elle avait des yeux, des yeux d'opale,
Qui me fascinaient, qui me fascinaient.
Y avait l'ovale de son visage pâle
De femme fatale qui m'fut fatale.

On s'est connus, on s'est reconnus,
On s'est perdus de vue, on s'est r'perdus d'vue
On s'est retrouvés, on s'est réchauffés,
Puis on s'est séparés.

Chacun pour soi est reparti.
Dans l'tourbillon de la vie
Je l'ai revue un soir, hàie, hàie, hàie
Ça fait déjà un fameux bail
(…) »

– Serge Rezvani (paroles et musique)
(Données fournies par Mickaël: « Georges Delerue est crédité pour la musique simplement car Rezvani ne sachant pas écrire la musique a dû demander à ce qu'on lui écrive la musique afin de pouvoir déposer la chanson à la SACEM... (Il l'explique dans un de ses livres) ». Pour plus d'infos: « Dans le tourbillon de Jeanne », Libération.fr, 20 décembre 2002)



Le temps est bon

« Le temps est bon, le ciel est bleu
J'ai deux amis qui sont aussi mes amoureux
Le temps est bon, le ciel est bleu
Nous n'avons rien à faire, rien que d'être heureux

Mon cœur est grand, grand, grand, grand comme le vent
Et je suis douce comme l’eau
Et je suis tendre, tendre, tendre, tendre pour mes amants
Je suis la fleur dans leurs cerveaux
(…) »
– Stéphane Venne (paroles et musique)

jeudi 15 avril 2010

Masked Ball (Jocelyn Pook)

L’effet saisissant de cette musique de la compositrice Jocelyn Pook dans le film de Stanley Kubrick (1928-1999), Eyes Wide Shut (1999), provient notamment du procédé d’inversion de la voix du chanteur, ce qui alloue à cette scène un caractère grave, sacré et mystérieux.

Air du génie du froid (Henry Purcell)

L’un de mes airs d’opéra préférés.

« What power art thou » (acte III, scène 2) de l’opéra « Le Roi Arthur » du compositeur anglais Henry Purcell (1659-1695) rendu célèbre par le chanteur allemand Klaus Nomi.

« What Power art thou, who from below
Hast made me rise unwillingly and slow
From beds of everlasting snow?

See'st thou not how stiff and wondrous old
Far unfit to bear the bitter cold,
I can scarcely move or draw my breath?
Let me, let me, let me freeze again to death »
(Source Internet : OperaGlass)

Traduction :

« Quelle puissance es-tu, toi qui, du tréfonds,
M'as fait lever à regret et lentement
Du lit des neiges éternelles ?
Ne vois-tu pas combien, raidi par les ans,
Trop engourdi pour supporter le froid mordant,
Je puis à peine bouger ou exhaler mon haleine ?
Laisse-moi être transi, laisse-moi mourir à nouveau
de froid ! »
(Source Internet : Cours Maintenon)

« Cupidon a réveillé le génie du froid pour mettre à l'épreuve l'amour. » (Denis Lorthiois)

Très belle interprétation du contre-ténor Manuel Brás da Costa.



Lien pour voir l'impressionnante scène de la « mort de Molière » dans le film d’Ariane Mnouchkine (1978). Le baryton Maurice Beavan y interprète cet air d'une manière magistrale.

Cet autre lien pour entendre l'interprétation du baryton Denis Lorthiois (Vauréal, France). Ce chanteur, très déçu de ce qu'il entend sur cet air interprété par les barytons, a décidé de le faire lui-même. C'est une initiative heureuse, puisque le chant est beau, la voix est cristalline et l'effet cathédrale ajouté à la voix est plaisant à entendre. Même chose avec le début en contre-ténor, plus limite avec la voix de baryton Martin (baryton léger) de monsieur Lorthiois.

mercredi 14 avril 2010

Nuit de la poésie (1970)


À l’occasion du Mois national de la poésie, il est intéressant de revoir le film documentaire de Jean-Claude Labrecque et de Jean-Pierre Masse sur cet événement marquant qu’a été la Nuit de la poésie, le 27 mars 1970, au théâtre Gesù à Montréal.

C’est un plaisir de réentendre le poème « Speak White » récité avec fougue par son auteur, Michèle Lalonde. Ce poème a marqué l'inconscient collectif du Québec avec son langage percutant et des mots forts.

Un extrait de ce célèbre poème:

« (...)
speak white
de Westminster à Washington relayez-vous
speak white comme à Wall Street
white comme à Watts
be civilized
et comprenez notre parler de circonstance
quand vous nous demandez poliment
how do you do
et nous entendes vous répondre
we're doing all right
we're doing fine
We
are not alone

nous savons
que nous ne sommes pas seuls. »

Liste des participants de cette mémorable nuit:

Nicole Brossard, Paul Chamberland, Georges Dor, Raoul Duguay, Michel Garneau, Claude Gauvreau, Gérald Godin, Pauline Julien, Michèle Lalonde, Gatien Lapointe, Raymond Lévesque, Gaston Miron, Pierre Morency et Claude Péloquin.

mardi 13 avril 2010

Ultime confession (Henry Miller)

Extrait de l'émission « Un siècle d'écrivains » diffusée sur France 3 et consacrée à Henry Miller (1891-1980).

Certes, il est attristant de voir l'écrivain sur son lit de mort, mais ce n'est pas morbide, car il est vivant « jusqu’au bout », comme il le dit lui-même.

« Les gens m’ont donné leur amour, c’est tout ce qui m’importait en vérité, pas leur admiration. Non, non, seulement leur amour profond et leur compréhension à mon égard. »
Henry Miller

À lire : Vrebos, Pascal. Ultimes entretiens : entretiens de Henry Miller avec Pascal Vrebos. Bruxelles, Le Cri, 1991, 109 p.

dimanche 11 avril 2010

Kamataki

Coproduction Québec-Japon, 2005

Admirable film du réalisateur québécois Claude Gagnon qui a remporté de nombreux prix.

Cet extrait du film illustre une très célèbre histoire bouddhiste dénommée « vider votre tasse ».



Fiche du film « Kamataki » sur Internet Movie Database

samedi 10 avril 2010

Dead Can Dance

J'écoute toujours avec plaisir la musique du défunt groupe britannico-australien Dead Can Dance (1981-1998/2005). J’adore l’originalité de leur musique et les voix des chanteurs du groupe, Lise Gerrard et Brendan Perry. Comme le dit si bien Jean-Louis MILLET, « c'est la chair de poule assurée et un grand frisson tout au long du dos ! »

« Yulunga » permet d'apprécier l'étendue du registre vocal exceptionnel de Lise Gerrard.



J'aime particulièrement cette pièce « The Ubiquitous Mr Lovegrove » où l'on entend la voix grave et profonde de Brendan Perry.



« The Carnival Is Over » est également une pièce originale.

Épuisement de la terre

Dans L'injustice en armes (Lux Éditeur, 2006), Pierre Vadeboncoeur commente l'article de l'astrophysicien français Roland Lehoucq paru dans Le Monde diplomatique en janvier 2005 et intitulé « Compte à rebours ».

Dans cet article, l’astrophysicien propose une image pour illustrer l'épuisement de la terre sous l'effet de la croissance exponentielle que nous connaissons depuis un demi-siècle. Cette image est celle de la reproduction d'une bactérie dans une boîte.

Je vous donne à lire le compte rendu qu'en fait Vadeboncoeur aux pages 67 et 68 de son livre.

« Cette croissance, que pendant longtemps l'on ne suppose pas catastrophique, il la compare à la reproduction d'une bactérie dans une boîte. Le nombre de bactéries double, disons, à toutes les 20 minutes. Supposons que le processus commencé à midi avec une seule bactérie se poursuit jusqu'à minuit et qu'à cette heure-là la boîte est remplie, le nombre de bactéries ayant alors été multiplié par 68 milliards... »

« Contrairement à ce qu'on pourrait penser – faites le calcul –, les bactéries, à 22h, n'occupent que 1,5% du volume de la boîte et donc personne ne prévoit encore la catastrophe qui se prépare. À 23h20, les bactéries commencent seulement à s'inquiéter. C'est qu'à 23h40, la boîte sera à moitié pleine. Vingt minutes avant, donc, grâce à des programmes de recherche, on en arrive à pouvoir ajouter trois nouvelles boîtes, croyant ainsi s'accorder énormément de temps additionnel. Pure illusion, car, à cause de la croissance toujours exponentielle, les bactéries n'auront bénéficié que de 40 minutes de grâce : les quatre boîtes seront pleines à minuit 40 ! »

« Ainsi l'humanité sera surprise. J'interprète. La tragédie fondra sur elle, dans ces « 40 minutes », à une vitesse inimaginable. Le phénomène sera imparable alors, selon toute probabilité, vu la complexité inouïe des réalités en cause. Le temps sera passé où l'on aurait pu encore agir avec un minimum d'efficacité. Chaque « minute » perdue aura accru le danger de manière exponentielle aussi. En termes réels, chaque année ou chaque décennie perdues, comme c'est le cas de nos jours, rapprochent terriblement les échéances. »

Vadeboncoeur conclut ainsi:
« À une certaine échelle, à une certaine profondeur qui devient – qui est déjà – la seule qui compte, il n'y a pas d'autre problème politique que le problème écologique. Il est total, définitif, démesuré. À terme, il se révélera clairement tel, rétrospectivement... »

jeudi 8 avril 2010

Nous, enfants de la tradition

Roman de Gaston-Paul Effa (Anne Carrière, 2008).

Dans ce roman, l’auteur dénonce le poids de la tradition qui pèse sur les Africains qui vivent à l’étranger.

Lire l’entretien avec l'auteur réalisé par Marianne Payot, Le philosophe contre la tribu, L’Express, 10 avril 2008.

Autre article sur ce roman, Nous, enfants de la tradition, La tradition africaine exorcisée par Gaston Paul Effa, La Plume culturelle, 5 Septembre 2008.

M. Effa a déjà publié de nombreux romans, dont Cheval-roi (Monaco : Éditions du Rocher, 2001) et Tout ce bleu (Paris : Grasset, 1996).

mercredi 7 avril 2010

Produits chimiques toxiques dans l’organisme

Extraits puisés dans le livre de David Servan-Schreiber, Anticancer: Prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles, Paris: Laffont, 2007, p. 129 à 132.

« Daniel Richard est le président de la branche française de la première association écologiste au monde, le WWF (World Wildlife Fund). En 2004, le WWF a lancé une campagne insolite : mesurer le taux de différents produits chimiques toxiques dans l'organisme de personnalités. Il s'est proposé comme volontaire. Il a découvert qu'il portait dans son corps près de la moitié des composés testés (42 sur 109). (...) Dans la même étude, 39 députés européens et 14 ministres (...). Treize résidus chimiques (phtalates et composés perfluorés) ont été systématiquement retrouvés chez tous les députés. Quant aux ministres, ils présentaient entre autres 25 traces de produits chimiques identiques: 1 retardateur de flamme, 2 pesticides et 22 PCB (Biphényles polychlorés). Aux USA, les chercheurs du Center for Disease Control ont identifié la présence de 148 produits chimiques toxiques dans le sang et les urines d'Américains de tous âges. »

« La production annuelle de substances chimiques synthétiques est passée de 1 million de tonnes en 1930 à 200 millions de tonnes aujourd'hui (2007). »

« Le Centre international de recherche sur le cancer de l'OMS établit la liste des produits cancérigènes présents dans l'environnement. En trente ans, il en a testé 900 (une infime proportion des plus de 100 000 molécules qui sont répandues à coups de millions de tonnes par an, par l'industrie depuis 1940). »

« Sur ces 900 produits, un seul a été reconnu comme N'ÉTANT PAS cancérigène: 95 ont été classés comme « cancérigènes établis », 307 sont des cancérigènes « probables » ou « possibles », 497 ont été étiquetés comme « inclassables », ce qui signifie, non pas qu'ils ne sont pas dangereux, mais que leurs effets n'ont pas été suffisamment étudiés, souvent faute de moyens. »

« Dans de nombreux cas, ces composantes continuent d'être largement utilisées. Par exemple, le benzène que l'on retrouve dans l'essence, certains plastiques, des résines et colles, certains lubrifiants, teintures, détergents et pesticides. »

« Un grand nombre de polluants sont des perturbateurs hormonaux, c'est-à-dire que leur structure imite celle de certaines hormones humaines. Cela les rend capables de les activer anormalement. »

lundi 5 avril 2010

Esclaves de la vitesse

L'homme trop pressé prend son thé à la fourchette (Sylvie Groulx, 2003, 83 min 45 s)



Ce film de l'Office national du film (ONF) s'attache au parcours de quelques personnes dont la vie est piégée par la vitesse.

« À l'utopie de la civilisation des loisirs semble avoir succédé le temps de la performance et du tout-communication. De nos jours, la technologie s'emballe, le temps s'accélère et paradoxalement, l'homme contemporain n'a jamais été aussi coupé de lui-même. Mais au-delà du constat alarmiste, la réconciliation avec soi et un temps plus personnel reste néanmoins envisageable. »

Nous sommes les citoyens d'une société « mal en point ». Nous sommes tous, à des niveaux divers, incapables de profiter du calme, de rester tout simplement tranquilles et de « ne rien faire ».

Ne peut-on pas réduire la cadence, ce qui rendrait nos vies moins complexes? Un temps qui passe à une lenteur fort agréable peut très certainement être à notre portée.

Madame Rêve (Alain Bashung)

Une envoûtante chanson d'amour du regretté Alain Bashung : « Madame Rêve ».

Un très beau texte, une splendide musique. Sa voix séduit énormément.