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Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

La notion de l'ego selon le bouddhisme

« Selon le bouddhisme, la notion de l'ego, c'est-à-dire d'un « moi » individuel, est une illusion. Elle naît du fait que, incités par notre intellect dévoyé (le sixième sens) à croire à la dualité du « moi » et du « non-moi », nous en venons à agir et à penser comme si nous étions des entités distinctes confrontées avec un monde extérieur à nous. Il en résulte que, dans l'inconscient, l'idée du « je » ou du « moi » donne naissance à des modes de pensée du genre : « J'aime ceci, je déteste cela; ceci est à moi, cela est à toi ». L'ego en arrive alors à dominer l'esprit, s'en prenant à tout ce qui menace sa suprématie et se saisissant de tout ce qui accroîtra sa puissance. Antagonisme, avidité et aliénation, qui sont des sources de souffrance, sont les conséquences inévitables de ce processus. »

– Philip Kapleau, Les trois piliers du zen (textes rassemblés et présentés par P. Kapleau), Paris : Éditions Almora, 2016, p. 386-387