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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Lieu de repos où se ressourcer

« Quand j'avais seize ou dix-sept ans, j'aimais bien jouer des chorals de Bach au piano. Un de mes préférés s'appelait « Je me repose entre tes bras », et le texte disait notamment : « Ceux qui me voudraient du mal ne sauraient me trouver ici. » Bien qu'appartenant à une tradition chrétienne souvent dualiste, ce choral parle en fait d'être présent et vigilant. Il existe un lieu de repos dans l'existence, un endroit où il faut savoir se ressourcer si l'on veut bien vivre. Ce havre de paix ... n'est autre qu'ici et maintenant : voir, entendre, toucher, sentir, goûter la vie telle quelle. À cette liste on peut même ajouter « penser », si on prend la chose au sens de fonction mentale (pensée fonctionnelle) et non de pensée égocentrique, fondée sur la peur et l'attachement. « Penser » au sens fonctionnel inclut la réflexion abstraite, la pensée créatrice et l'organisation du quotidien. Mais on y ajoute trop souvent la pensée non fonctionnelle, conditionnée par l'ego, celle qui nous crée des ennuis... »

– Charlotte Joko-Beck, Vivre zen, Pocket, 1996, p. 218-219