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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Sur l'arbre desséché, une fleur s'épanouit

« En vivant chaque instant tel qu'il se présente, l'ego se désintègre peu à peu, laissant apparaître de plus en plus clairement l'étonnante merveille du quotidien. »

« De même la sagesse et la compassion fleurissent-elles chez celui qui a su laisser mourir en lui l'insatiable faim du désir. »

« La pratique est effectivement un processus de mort lente à soi-même : petit à petit, on cesse de s'identifier à tout ce à quoi on était attaché – les gens, les idées, les choses. »

« Remarquez bien : la fleur pousse sur l'arbre desséché, dépouillé, – pas sur un arbre style sapin de Noël, chargé de décorations et de fioritures. En prenant du recul par rapport à ses idéaux pour les observer avec l'oeil du témoin, on renoue avec sa nature essentielle, qui n'est autre que l'intelligence de la vie. »

– Ligne du Shoyo Roku, Recueil de l'égalité, texte écrit par Wansong Xingxiu, commentée par Charlotte Joko Beck, Soyez zen : La pratique du zen au quotidien, Pocket, 1990, p. 15, 77, 83 et 264