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Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

Vie fantasmatique (Joyce McDougall)

« L'être humain crée toujours quelque chose : une névrose, une perversion, une psychose, une œuvre d'art, une production intellectuelle...

« L'homme "normal", lui, ne crée rien, sinon une "carapace" qui le protège de tout éveil à ses conflits névrotiques et psychotiques. Il respecte les idées reçues comme il respecte les règles de la société; et il ne les transgresse jamais, même en imagination. La saveur de la madeleine ne déclenche rien chez lui, et il ne perdra pas son temps à la recherche du temps perdu. Mais il a quand même perdu quelque chose : cette normalité est une carence qui frappe surtout sa vie fantasmatique. »
– Joyce McDougall (« Plaidoyer pour une certaine anormalité », Revue française de psychanalyse, t. XXXVI, mai 1972)