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Un cortège de hérons blancs

« Il allait par la campagne au milieu des champs, jeune garçon de seize ans, quand il leva son regard vers le ciel et vit un cortège de hérons blancs traverser le ciel à une grande altitude : et rien d’autre, rien que la blancheur des créatures vivantes ramant sur le ciel bleu, rien que ces deux couleurs l’une contre l’autre; cet ineffable sentiment de l’éternité pénétra à l’instant dans son âme et détacha ce qui était lié, lia ce qui était détaché, au point qu’il tomba comme mort. » – Hugo von Hofmannsthal, cité dans Pierre Hadot, La philosophie comme manière de vivre , Albin Michel, 2001, p. 278‑279

Reprendre la vie là où elle se trouve


Où se trouve-t-elle ?
Le sait-on vraiment?
Se trouve-t-elle tapie dans l’ombre,
Dans ce qui ne se dévoile pas,
Dans ce qui se tait et qui gémit,
Qui pleure peut-être?

Interroger les signes pour le savoir,
Leur donner un sens.
Y a-t-il seulement un sens à donner
Dans la confusion qui règne?

Se terrer et attendre,
Se rendre imperturbable,
Se freiner, se mentir,
Nous ne faisons que cela.

Pourquoi sommes-nous
Si étrangers à nous-mêmes?
Pourquoi sommes-nous
Si étrangers à la vie?

Ce monde des sens,
Celui de la pensée et de l’imaginaire,
Ces mondes finiront-ils un jour
Par s'unir et se réconcilier?

L’amour est-il ce carrefour
Qui rallie les contraires?
Le monde est vaste et complexe,
Mais a-t-il une seule vérité à offrir?

Que pouvons-nous
Contre la marche du temps
Qui fera de nous des ombres
Pas plus tard que demain?

La vie est un grand usurpateur
Dès qu’il y a abandon,
Il y a transgression et rupture.
Derrière l’abdication,
Se cachent fracas et cassures.

La vie est un grand paradoxe
Il y a des voies impossibles
Qui nous font sentir plus vivants
Que tous les possibles
Réunis en une seule voie.
Chartrand Saint-Louis