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La neige : image de l’amour

« La neige, eau éclatée, sable de gel, sel non pas de la terre, mais du ciel, sel non salé, au goût de silex, à la texture de gemme pilée, au parfum de froidure, pigment du blanc, seule couleur qui tombe des nuages. La neige qui amortit tout – les bruits, les chutes, le temps – pour mieux mettre en valeur les choses éternelles et immuables comme le sang, la lumière, les illusions. [...] Au fond, c'est la neige qui a inventé le mystère. Par le fait même, c'est elle qui a inventé la poésie, l'estampe, le point d'interrogation – et ce grand jeu de piste qu'est l'amour. » – Amélie Nothomb, Le sabotage amoureux , Albin Michel, 1993, p. 104 © 2026, Chartrand Saint-Louis , photographie

Le prélude musical

« Chaque fois que l’on prend son instrument, en concert ou chez soi pour pratiquer, on doit le redécouvrir, comme si c’était la première fois qu’on le jouait, en montant et en descendant ses gammes, respectueusement, pendant une vingtaine de minutes. C’est une forme de méditation pour se reconnecter à l’Univers par le son. Et une fois qu’on est prêt, alors on commence à s’exprimer. En Occident, on appelle ce moment le prélude. C’est le moment où le musicien se reconnecte avec son instrument, l’accorde, l’éprouve, se délie les doigts, un peu comme un orateur qui se racle la gorge pour s’éclaircir la voix avant de prendre la parole. »

– André Manoukian, Sur les routes de la musique, Harper Collins, 2021, p. 118-119