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La correspondance numérique

L’instantanéité de la correspondance numérique finira par nous plonger dans une forme de tiédeur, voire de léthargie. À regret, je repense à ce temps où l’échange épistolaire se vivait dans l’attente, et c’était précisément cela qui en faisait tout le charme. On prenait le temps d’écrire, de réfléchir à son message et de le relire. On le peaufinait, et cela devenait presque une œuvre d’art, ou quelque chose qui s’en approchait. Aujourd’hui, on observe un glissement de la correspondance numérique — qui empruntait autrefois la voie du courriel — vers des messages de plus en plus courts, presque des courriels‑textos, réduisant encore l’espace de la pensée et du souffle. Il ne s’agit pas d’être en décalage avec son époque, mais d’avancer à son propre rythme, qui n’est pas nécessairement celui qu’elle nous impose.