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Un temps pour soi

Dans cette photographie prise à contre-jour, on a l’impression que la scène a été photographiée en noir et blanc, alors que ce n’est pas le cas. Ce sont les forts contrastes qui ressortent. On y voit un homme seul, assis sur le banc d’une table de pique-nique, entouré d’arbres et d’un immense espace. Un temps pour soi. © 2026, Chartrand Saint-Louis , photographie

L'échange numérique

L’instantanéité de l’échange numérique finira par nous plonger dans une forme de tiédeur, voire de léthargie. En devenant plus rapide et plus facile, cette communication tend à être moins attentive et plus superficielle, tout en perdant de sa chaleur humaine. 

Lorsque tout devient instantané, l’échange ne se savoure plus de la même manière : il perd en densité et en présence. En somme, la rapidité des échanges numériques risque d’appauvrir nos relations, en les rendant moins sensibles, moins vivantes. Ce n’est pas une condamnation, mais le constat d’un risque : celui de perdre la saveur d’un lien authentique, qui exige temps, attention et présence.

À regret, je repense à ce temps où l’échange épistolaire se vivait dans l’attente, et c’était précisément en cela qu’il avait tout son charme. On prenait le temps d’écrire, de réfléchir à son message et de le relire. Le temps d’envoyer et de recevoir. On peaufinait son texte, et cela devenait presque une petite création, ou quelque chose qui s’en approchait.

De nos jours, on observe un glissement de la correspondance numérique — qui empruntait autrefois la voie de la lettre traditionnelle — vers des messages de plus en plus courts, presque des micro‑textes, réduisant encore l’espace de la pensée et du souffle. Manque‑t‑on à ce point de temps ? D’où vient cette frénésie qui nous pousse à tout accélérer ? 

Il ne s’agit pas d’être en décalage avec son époque, mais d’avancer à son propre rythme, qui n’est pas toujours celui qu’elle impose.