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Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

Vivre sans pourquoi

Livre d’un philosophe dont le titre interpelle : Vivre sans pourquoi. Son auteur, Alexandre Jollien, est un philosophe français dont la quête de sagesse touche par son authenticité.

Sa démarche, bien que parfois hésitante, boiteuse ou imparfaite, sonne juste. On le perçoit comme un être fragile, vulnérable, mais profondément vrai. Il aborde le zen avec une certaine sagesse, même s’il en parle d’une manière un peu trop folklorique, superficielle, peut-être pas suffisamment incarnée. Le zen ne se dit pas — il se vit, ici et maintenant, dans le silence du quotidien.

La lecture de Vivre sans pourquoi est fluide, accessible au grand public. Jollien y expose ses névroses, ses angoisses, ses questionnements, ainsi que ses tentatives pour créer du sens et nourrir la compassion. Ce dévoilement intime est sans doute dans l’air du temps, mais une réelle sympathie pour cet homme se dégage. Il écrit avec sincérité, et cela se sent.

Jollien est un homme bon, un être vrai, attachant. Je garde de lui l’image d’un philosophe sincère, en chemin.

– Alexandre Jollien, Vivre sans pourquoi : itinéraire spirituel d'un philosophe en Corée, Paris: L'Iconoclaste, Éditions du Seuil, 2015