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Résister est futile

« Espérer que nos difficultés disparaîtront est vraiment notre principal problème. Nous résistons à notre vie telle qu’elle est parce que, si nous acceptions de la voir ainsi, cela signifierait abandonner nos idées sur ce qu’elle devrait être. (…) Cette résistance est elle-même une réaction conditionnée; c’est l’effort de l’ego pour garder le contrôle, la peur d’abandonner le connu, même si ce connu nous rend malheureux. (…) Quelle que soit la forme qu'elle peut prendre, la résistance n'apporte pas la paix. En réalité, nous donnons de la force aux choses auxquelles nous résistons parce que nous les solidifions, nous leur accordons le pouvoir de s’installer dans notre vie. » – Ezra Bayda, Vivre le Zen , Marabout, 2014, p. 75

Oublier quelqu’un

« L’oubli est un gigantesque océan sur lequel navigue un seul navire, qui est la mémoire. Pour l’immense majorité des hommes, ce navire se réduit à un rafiot misérable qui prend l’eau à la moindre occasion, et dont le capitaine, personnage sans scrupules, ne songe qu’à faire des économies. Savez-vous en quoi consiste ce mot ignoble? À sacrifier quotidiennement, parmi les membres de l’équipage, ceux qui sont jugés superflus. Et savez-vous lesquels sont jugés superflus? Les salauds, les ennuyeux, les crétins? Pas du tout : ceux qu’on jette par-dessus bord, ce sont les inutiles – ceux dont on s’est déjà servi. Ceux-là nous ont donné le meilleur d’eux-mêmes, alors, que pourraient-ils encore nous apporter? Allons, pas de pitié, faisons le ménage, et hop! On les expédie par-dessus le bastingage, et l’océan les engloutit, implacable. »

– Amélie Nothomb, Hygiène de l’assassin, Paris : Albin Michel, 1992, p. 182