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Le sacrifice du grand arbre

Je le sais : le sentimentalisme n'a pas sa place dans la marche du progrès social. L'arrivée d'un tramway, symbole de cette avancée, s'impose avec sa logique froide. Pourtant, cet arbre, à l'apogée de sa maturité, dans toute sa magnificence, sera sacrifié sous peu. Je pleure en moi, silencieusement, en sachant sa fin si proche, si loin de son destin naturel... À présent, il ne reste qu'un espace vide, dénudé, parfaitement sans âme. © 2026, Chartrand Saint-Louis , photographies Lien vers la vidéo : Requiem pour les géants abattus

Il ne suffit pas d’avoir une bonne plume pour être écrivain

Pour Amélie Nothomb, il ne suffit pas d’avoir une bonne plume pour être écrivain. Que faut-il alors ? Beaucoup de choses, dit-elle à la page 73 d’Hygiène de l’assassin, son premier roman publié chez Albin Michel en 1992.

Voici, en résumé, les éléments indispensables selon elle :

La capacité de résistance à la mauvaise foi ambiante;

La puissance de création;

Faire de la parole un acte sensuel;

Savoir se taire sur ce qui ne doit pas être dit (inutile d’attendre des explications : ce sont précisément des choses à ne pas dire);

Le gueuloir intérieur : les mots hurlent d’eux-mêmes, il suffit de les écouter en soi;

Écrire, c’est jouir.

Les pages 73 à 79, où l’auteur se livre à un interrogatoire fascinant, approfondissent ces idées. Ce roman — fabuleux, soit dit en passant — offre les clés pour comprendre le talent singulier de cette écrivaine d’exception.