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Marguerite Yourcenar: Le Labyrinthe du monde

De l’écrivaine Marguerite Yourcenar, Archives du Nord et Souvenirs pieux sont des mémoires autobiographiques tout à fait remarquables, parmi les plus aboutis de son œuvre. Des livres écrits d’une main de maître — on connaît le talent formidable de cette grande écrivaine — et que je recommande chaudement. Ces deux ouvrages constituent d’ailleurs les deux premiers volets du cycle autobiographique intitulé Le Labyrinthe du monde , que Yourcenar devait compléter avec Quoi ? L’Éternité , un dernier volume laissé inachevé à sa mort et publié seulement après sa disparition. C’est une fascinante plongée dans la généalogie de ses deux familles. Bien sûr, tout n’est pas entièrement validé par les faits historiques : certains pans de l’histoire familiale ne sont pas documentés, des hiatus, comme le dit l’écrivaine. Mais Yourcenar s’est très certainement amusée à broder autour des personnages de son passé. Elle a d’ailleurs expliqué l’objectif de cette autobiographie : « Avant tout, toucher à q...

Marguerite Yourcenar: Milieu social

« Marguerite de Crayencour sortait d'une vieille famille du nord de la France. Le berceau de cette famille semble avoir été Caestre, près de Cassel. Les ascendants de Michel de Crayencour s'étaient depuis plusieurs siècles enracinés à Bailleul, puis ses parents s'étaient fixés à Lille peu avant sa naissance. Son père, Michel-Charles, riche propriétaire, avait été longuement conseiller de préfecture, puis président du conseil de préfecture du Nord. Sa mère, Noémi Dufresne, avait pour père Amable Dufresne, président du tribunal de Lille, lui-même fils d'un notaire de Béthune. Fernande de Cartier de Marchienne sortait d'une ancienne famille originaire de Liège, établie au XVIIe siècle dans le Hainaut, dans la localité de ce nom. Son oncle, ou plus précisément le cousin germain de ses parents, à la fois du côté paternel et du côté maternel, Octave Pirmez, surnommé « le solitaire d'Acoz », fut l'un des essayistes marquants de la Belgique du XIXe siècle. »

– Marguerite Yourcenar, Oeuvres romanesques, Paris : Gallimard, 1982, p. XIII