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Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

Comment être silencieux ?

« L'esprit qui bavarde, qui sait tant de choses, a appris une nouvelle chose, laquelle est : "Je ne peux voir très clairement que quand je suis silencieux et, par conséquent, il faut que je le sois." Il se dit ensuite : "Comment être silencieux ?" (...) Dès l'instant où l'on exprime l'idée de "comment", cela implique la recherche d'un système, détruisant par là la chose même que l'on examine. (...) Un esprit qui n'est pas contraint au silence est extraordinairement actif, sensitif, en éveil, dégagé de toute habitude physique ou psychologique. Mais dès que vous demandez "comment", il y a une division qui sépare l'observateur de la chose observée. »

– Krishnamurti, Le vol de l'aigle, Neuchâtel-Paris : Delachaux Niestlé, 1971, 1978, 1988, p. 66-67