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Marguerite Yourcenar: Le Labyrinthe du monde

De l’écrivaine Marguerite Yourcenar, Archives du Nord et Souvenirs pieux sont des mémoires autobiographiques tout à fait remarquables, parmi les plus aboutis de son œuvre. Des livres écrits d’une main de maître — on connaît le talent formidable de cette grande écrivaine — et que je recommande chaudement. Ces deux ouvrages constituent d’ailleurs les deux premiers volets du cycle autobiographique intitulé Le Labyrinthe du monde , que Yourcenar devait compléter avec Quoi ? L’Éternité , un dernier volume laissé inachevé à sa mort et publié seulement après sa disparition. C’est une fascinante plongée dans la généalogie de ses deux familles. Bien sûr, tout n’est pas entièrement validé par les faits historiques : certains pans de l’histoire familiale ne sont pas documentés, des hiatus, comme le dit l’écrivaine. Mais Yourcenar s’est très certainement amusée à broder autour des personnages de son passé. Elle a d’ailleurs expliqué l’objectif de cette autobiographie : « Avant tout, toucher à q...

Et la laideur commençait

« C'était une matinée pleine de joie tranquille. La pauvreté, la maladie et la douleur ne marchaient pas encore sur la route. Il y avait un pont chancelant à travers le ruisseau – brun sale – et l'endroit où ce petit ruisseau rejoignait le grand fleuve passait pour être très saint; là, les jours de fête, des gens, hommes, femmes et enfants, venaient se baigner. Il faisait froid, mais cela leur était égal apparemment. Le prêtre du temple qui bordait le chemin faisait beaucoup d'argent; et la laideur commençait. »

– Krishnamurti, La révolution du silence, Éditions Stock, 1990, p. 40