Passer au contenu principal

En vedette

La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Qu'est-ce que la liberté ?

« Est-ce une idée, une sensation que la pensée entretient parce qu'elle est prise dans une série de problèmes, de soucis, etc. ? La liberté est-elle un résultat, une récompense, quelque chose que l'on trouve à la fin d'un processus ? Se libérer de la colère, est-ce la liberté ? Ou est-ce être en condition de faire ce que l'on veut ? Trouver que la responsabilité est un fardeau et s'en dégager, est-ce la liberté ? La liberté vient-elle lorsqu'on résiste ou lorsqu'on cède ? La pensée peut-elle donner cette liberté, une action quelle qu'elle soit, le peut-elle ? »

« La liberté est-elle le contraire de l'esclavage ? Est-ce la liberté lorsque, étant dans une prison, et sachant qu'on y est, et étant conscient de toutes les servitudes de la prison, on imagine la liberté ? L'imagination ne peut-elle jamais donner la liberté ou n'est-ce qu'un fantasme de la pensée ? (...) »

« Lorsque quelqu'un vous flatte, vous réagissez; et vous réagissez si l'on vous insulte. Ces deux réactions – l'une de plaisir, l'autre de douleur, sont des résistances... et la liberté n'est pas une résistance. »

« Voyez la réalité de « ce qui est », sans réagir, ni avec plaisir, ni avec douleur. »

« Cette lucidité sans option est la liberté. »

– Krishnamurti, La révolution du silence, Éditions Stock, 1990, p. 78-80