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Jouer du violon

« Le violon est, par excellence, l'instrument sur lequel jouer faux est extrêmement aisé, ce qui suscite toujours un extraordinaire malaise chez l'auditeur. Pour un violoniste qui passe ses journées à travailler son instrument, en entendre un autre exécuter les mêmes oeuvres que lui mais avec une précision accrue peut lui farie croire que celui-ci possède une faculté mystérieuse touchant à la magie. » (189-190) « Technique et émotion sont indépendantes, c’est le hasard de l’apprentissage et de l’application dans le travail qui les rassemble ou les désunit. » (190) « Plus le tempérament et la force d’expression sont puissants et incitent à la prise de risques, plus la technique doit être solide pour les encadrer sans que la qualité du jeu n’en souffre. » (190) « Mettre tout à plat, tout entendre, ne rien laisser passer, ne rien se cacher, adopter un rythme extrêmement ralenti, avec une infinie patience. » (191) « La clé réside peut-êtr...

Le rôle du koan

« Imaginez un aveugle négociant son chemin uniquement à l'aide de sa canne et de son intuition. Le rôle du koan sera de lui enlever sa canne sans pitié et de le jeter par terre après l'avoir fait tourner sur lui-même. L'aveugle perdra son unique appui et ne saura plus ni où aller ni comment avancer. Il sera plongé dans l'abîme du désespoir. C'est ainsi que le koan fonctionne. Il réduit à l'impuissance notre intellect, il nous enlève nos connaissances. Bref, le koan n'a pas pour but de nous mener facilement au satori, mais au contraire de nous faire perdre notre orientation et de nous plonger dans le désespoir. »

– Zenkei Shibayama, extrait tiré du livre d'Albert Low, Créer la conscience, Paris : Les Éditions du Relié, 2012, p. 383-384