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Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

Où méditer ?

« Au début, tout endroit tranquille, entre quatre murs ou dans la nature, où les vibrations vous aident à vous concentrer sur vous-même, est excellent pour zazen; cela inclut les montagnes et le désert. Mais il est bon de ne pas séjourner trop longtemps dans un tel environnement « idéal », car, sans difficultés à affronter, on se bâtit une fausse force, un calme et une fermeté apparents qui s'effondrent face aux exigences de la vie. (...) »

« [Q]uelqu'un qui a appris à concentrer et à unifier son esprit au sein du bruit et de l'activité possède une stabilité et une résistance bien supérieures à celui qui a passé des années seul dans les montagnes, le désert ou ailleurs. (...) »

« [Le] vigoureux effort de transcender la perturbation débloqu[e] des énergies habituellement non disponibles. Lorsque l'on [parvient] à se concentrer sur la pratique, la clameur, par l'effet de quelque mystérieuse alchimie, [devient] un choeur harmonieux. »

– Philip Kapleau, Questions zen, Paris : Éditions du Seuil, 1992, p. 73 et 75 (dernière phrase)