Passer au contenu principal

En vedette

Un cortège de hérons blancs

« Il allait par la campagne au milieu des champs, jeune garçon de seize ans, quand il leva son regard vers le ciel et vit un cortège de hérons blancs traverser le ciel à une grande altitude : et rien d’autre, rien que la blancheur des créatures vivantes ramant sur le ciel bleu, rien que ces deux couleurs l’une contre l’autre; cet ineffable sentiment de l’éternité pénétra à l’instant dans son âme et détacha ce qui était lié, lia ce qui était détaché, au point qu’il tomba comme mort. » – Hugo von Hofmannsthal, cité dans Pierre Hadot, La philosophie comme manière de vivre , Albin Michel, 2001, p. 278‑279

La démarche psychologique du lâcher-prise

« Nous avons accumulé tant de choses, non seulement des livres, des maisons ou des avoirs en banque, mais aussi des objets intérieurs – le souvenir des injures, des flatteries, de nos expériences particulières, de nos succès névrotiques, garants de notre rang social. Il faut mourir à tout cela sans discussion, sans argumentation, sans crainte – il faut juste lâcher prise. »

« Cette démarche psychologique – car il ne s'agit pas d'abandonner votre femme, votre mari, vos enfants, votre maison ou votre garde-robe, il s'agit d'une attitude intérieure – cette démarche consiste à n'être attaché à rien. Il y a en cela une immense beauté. En définitive, c'est cela, l'amour, ne croyez-vous pas ? L'amour, ce n'est pas l'attachement. L'attachement va de pair avec la peur. Et la peur vire fatalement à l'autoritarisme, à la possessivité, à la domination tyrannique. »

– Krishnamurti, Cette lumière en nous : La vraie méditation, Éditions Stock, 2000, p. 35