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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Prélude et Fugue BWV 534 en fa mineur - 1. Prélude (Bach)



« Le summum de l'art du silence est le point d'orgue. Il s'agit d'un arrêt sur une note, jusqu'à ce que le son s'éteigne de lui-même. (...)

Les préludes et fugues pour orgue de Bach fournissent les exemples les plus probants de points d'orgue, à la condition toutefois qu'ils soient exécutés dans une église ou un temple dont l'acoustique permet un effet d'écho équilibré.

Une fois parvenu au point d'orge, placé en général par Bach quelques mesures avant la fin du prélude ou de la fugue qui le suit, l'interprète s'interrompt, laissant à l'écho le soin de porter le son jusqu'à son expiration, à laquelle fait suite un silence si assourdissant et si présent qu'il porte le sentiment esthétique à des sommets inégalés. »

– Jacinthe Tremblay, Je suis un lieu, Montréal : PUM, 2016, p. 84