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Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

Prélude et Fugue BWV 534 en fa mineur - 1. Prélude (Bach)



« Le summum de l'art du silence est le point d'orgue. Il s'agit d'un arrêt sur une note, jusqu'à ce que le son s'éteigne de lui-même. (...)

Les préludes et fugues pour orgue de Bach fournissent les exemples les plus probants de points d'orgue, à la condition toutefois qu'ils soient exécutés dans une église ou un temple dont l'acoustique permet un effet d'écho équilibré.

Une fois parvenu au point d'orge, placé en général par Bach quelques mesures avant la fin du prélude ou de la fugue qui le suit, l'interprète s'interrompt, laissant à l'écho le soin de porter le son jusqu'à son expiration, à laquelle fait suite un silence si assourdissant et si présent qu'il porte le sentiment esthétique à des sommets inégalés. »

– Jacinthe Tremblay, Je suis un lieu, Montréal : PUM, 2016, p. 84