Passer au contenu principal

En vedette

La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Le travail intérieur
(lâcher-prise)

« Le travail intérieur laisse l'attention aller vers les pseudo-phénomènes affectifs. Mais il fait plus que la laisser aller passivement dans cette direction, il l'y pousse activement.

Là où j'étais pris par quelque chose d'incompréhensible, et où ce fait d'être pris se traduisait pas la souffrance, maintenant je lance mon attention active pour saisir ce qui me saisissait, pour saisir ce que j'appelais ma souffrance. Maintenant que ma compréhension a neutralisé ma peur, j'ai l'audace de me retourner, avec un esprit d'investigation, vers ces flammes hypothétiques que ma fuite attisait.

Cet effort intérieur pour prendre ce qui me prenait fait lâcher prise à ma souffrance; c'est ainsi que nous devons comprendre le « Lâcher prise » du Zen.

Ce geste intérieur libère l'énergie qui était liée, dissout ce qui était coagulé; (...) il guérit la « maladie de l'esprit », cette maladie qui consiste, selon le Zen, à « opposer ce que nous aimons à ce que nous n'aimons pas ». »

– Hubert Benoit, La doctrine suprême selon la pensée Zen, 4e édition, Paris: Le courrier du livre, 1967, p. 190