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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

L'apparente permanence

« Ce qui reste semblable, en un être humain, au sein de ses manifestations, est seulement une répétition de phénomènes qui nous donne l'impression d'un « invariant » dans le variant; la similitude n'est pas l'identité; rien de permanent n'existe là, que la vie puisse respecter et que la mort doive respecter également. La mort met fin à une certaine répétition de phénomènes, qui n'était apparente permanence que dans notre mémoire. Si l'on y pense bien, la mort n'est la disparition de rien; une série de phénomènes semblables ne peut pas plus disparaître que les phénomènes eux-mêmes; et un phénomène ne peut pas disparaître puisque, en chaque instant, le monde phénoménal est à la fois apparition et disparition. »

– Hubert Benoit, Lâcher prise : théorie et pratique du détachement selon le Zen, 4e édition, Paris: Le courrier du livre, 1985, p. 145