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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

L'idée d'humilité dans le Zen

« Sans le dire toujours d'une façon explicite le Zen est centré sur l'idée d'humilité. Tout au long de la littérature Zen, nous voyons comment les maîtres, dans leur ingénieuse bonté, humilient intensément leurs élèves au moment qu'ils jugent propice. De toutes manières, que l'humiliation vienne d'un maître ou de l'échec ultime éprouvé en soi-même, le satori se déclenche toujours dans un instant où l'humilité de l'homme s'accomplit devant l'absurdité enfin évidente de tous ses prétentieux efforts. Rappelons-nous que la "nature des choses" est pour nous le meilleur, le plus affectueux, et le plus humiliant des maîtres; elle nous entoure de son aide vigilante. La seule tâche qui nous incombe est de comprendre la réalité et de nous laisser transformer par elle.

... l'humilité qui n'est pas acceptation d'infériorité, mais abandon de la conception "verticale" où je me voyais toujours au-dessus ou au-dessous. »

– Hubert Benoit, La doctrine suprême selon la pensée Zen, 4e édition, Paris: Le courrier du livre, 1967, p. 283, 284