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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Le bavardage intérieur

« Le bavardage intérieur est provoqué par la prolifération de simples pensées. Sans les réprimer, tu peux simplement les laisser disparaître au fur et à mesure qu'elles se manifestent. Il ne sert à rien d'essayer d'arrêter les perceptions du monde extérieur, comme d'écouter les oiseaux qui sont en train de chanter dehors. Tu laisses simplement les pensées s'élever et se défaire d'elles-mêmes. Les enseignements bouddhistes donnent l'exemple d'un dessin que l'on trace avec le doigt à la surface d'un lac. Si tu dessines la lettre A, elle disparaît au fur et à mesure que tu l'inscris. C'est totalement différent du fait de la graver sur une pierre. Nous donnons aussi l'exemple d'un oiseau qui traverse le ciel sans laisser de traces. Il est inutile de tenter de bloquer les pensées qui sont déjà là. Par contre, il est certain que nous pouvons les empêcher d'envahir notre esprit. »

– Matthieu Ricard, citation puisée dans le livre de Matthieu Ricard et Wolf Singer, Cerveau et méditation : dialogue entre le bouddhisme et les neurosciences, Allary Éditions, 2017, p. 410