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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Vision généalogique de la réalité (décomposition des événements)

« Cherchez toujours comment les choses se sont produites, leur émergence : suivez vos sentiments à la trace, repérez leurs flux et leurs intensités, mais aussi ceux des « autres » que vous croisez dans la vie.

C'est aussi la leçon qu'avait enseignée le Bouddha : il ne suffit pas de se dire que le réel est simple et qu'il suffit de le vivre. Pour arriver à cette fin, il faut sans cesse pister les menées du Moi et du désir de figement de l'être, les débusquer inlassablement, en reconstituant la généalogie de tout vécu. Tel était le pratityasamutpada, deuxième pilier complétant l'attention et invitant à décomposer sans cesse, de manière généalogique et critique, tout ce qu'on vit. »

– Christian Miquel, La quête de l'exil (Pratique de l'exil), Paris : L'Harmattan, 1996, p. 33