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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Le Koan géant de la vie

« L’expression importante est « lâcher-prise ». En effet, si le Koan est un symbole miniaturisé du gigantesque Koan de la vie, le grand dilemme que tout homme tente de résoudre – si inconsciemment qu’il soit – il ne peut, tout comme la vie, être saisi. […] Ainsi, au moment où le disciple atteint le stade où le Koan esquive de façon catégorique toute tentative de vouloir-saisir, il prend conscience de l’impossibilité de saisir, de posséder et d’immobiliser la vie. Il lâche donc prise et ce lâcher-prise signifie l’acceptation de la vie en tant que vie, c’est-à-dire : insaisissable, libre, spontanée, et illimitée. Le Koan est une façon de présenter le problème essentiel de la vie sous une forme plus intense. L’impasse finale du Koan, c’est-à-dire son expression vivante, amplifie l’impasse à laquelle aboutissent inévitablement ceux dont le désir est de s’emparer d’une chose vivante dans le but de la garder et de soumettre sa vie à la leur. »

– Alan Watts, L’esprit du Zen, Paris, Éditions Dangles, 1976, p. 68