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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Ce que vous êtes, le monde l'est

« Ce que vous êtes, ce que vous pensez et sentez, ce que vous faites dans votre existence quotidienne est projeté au-dehors et constitue notre monde. Si nous sommes malheureux et dans un état intérieur de confusion et de chaos, c'est cela qui, par projection, devient le monde, devient la société, parce que les rapports entre vous et moi, entre « moi et l'autre » sont la société. Celle-ci est le produit de nos relations réciproques, lesquelles étant mal posées, égocentriques, étroites, limitées, engendrent, par projection, un chaos. »

« Il nous faut donc commencer tout près de nous, c'est-à-dire dans notre vie quotidienne, là où nos pensées, nos sentiments et nos actions de tous les jours se révèlent à nous, dans notre manière de gagner notre vie et dans nos relations avec les idées et les croyances.  »

« La société est ainsi construite qu'elle est un processus de conflits perpétuels, d'un perpétuel « devenir ». Elle est basée sur l'avidité, le désir, l'envie du supérieur. »

« Si vous et moi nous nous limitions à gagner de quoi vivre, nous trouverions un moyen d'y parvenir, sans nous laisser entraîner dans les compétitions de l'envie. L'envie est un des facteurs les plus destructeurs des relations humaines, car elle indique un désir de puissance. »

– Krishnamurti, La première et dernière liberté, Éditions Stock, 1994, p. 43-44