Passer au contenu principal

En vedette

Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

Méditation bouddhique

« Celui qui désire obtenir la Voie doit s'asseoir dans un lieu désert et fermé. Tandis qu'il expire et aspire, il observe ce mouvement respiratoire : il sait s'il est court ou long.

Il observe, sans s'y attacher, les formes qui apparaissent et il en est pleinement conscient.

Que l'air soit retenu ou non, il observe, et toutes les formes qui apparaissent, il en est pleinement conscient : il les observe une à une et c'est ainsi qu'il médite.

Quelles que soient les formes qui apparaissent, il les considère extérieurement, il les considère intérieurement.

En observant et méditant ainsi, il éprouve de la joie.

S'il lui arrive d'avoir une pensée étrangère, il ne doit pas s'y attarder.

C'est une perle rare en ce monde que d'avoir un coeur sans désir et suivre la Voie correcte; par conséquent, si, en son coeur, il y a de nouveau le moindre mouvement de désir, il doit l'arrêter avec soin et tout de suite revenir à sa pratique.

Quand il procède ainsi avec son esprit, il ressemble à un homme qui possède un miroir souillé où l'on ne peut voir aucune image; en le frottant, il lui enlève sa crasse et aussitôt l'on peut voir des images.

Celui qui a écarté la convoitise, la haine et la sottise ressemble à un miroir frotté.

Alors, avec attention, il médite : "Sous le ciel, il n'y a rien qui soit stable, rien qui dure à jamais." »

– Bouddha, extrait puisé dans le livre Paroles du Bouddha tirées de la tradition primitive, Textes choisis, présentés et traduits du chinois par Jean Eracle, Paris : Éditions du Seuil, 1991, p. 244