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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Le dépassement de l'égoïsme

« Le développement de l'homme suppose sa capacité de transcender l'étroite prison où son ego, son avidité, son égotisme et sa séparation d'avec autrui le maintiennent, et donc de dépasser sa solitude essentielle. Cette transcendance permet à l'homme d'être ouvert et relié au monde, vulnérable mais conscient de son identité et de son intégrité; elle le rend également capable d'aimer tout ce qui est vivant, d'épanouir ses facultés dans le monde environnant, et d'être « intéressé ». Surmonter l'avidité et l'égocentrisme permet donc à l'homme d'être plutôt que d'avoir et d'utiliser. »

– Erich Fromm, Espoir et révolution : Vers l'humanisation de la technique, essai traduit de l'américain par Gérard D. Khoury, Montréal : Éditions Sélect, 1982, p. 162