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Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

Le dépassement de l'égoïsme

« Le développement de l'homme suppose sa capacité de transcender l'étroite prison où son ego, son avidité, son égotisme et sa séparation d'avec autrui le maintiennent, et donc de dépasser sa solitude essentielle. Cette transcendance permet à l'homme d'être ouvert et relié au monde, vulnérable mais conscient de son identité et de son intégrité; elle le rend également capable d'aimer tout ce qui est vivant, d'épanouir ses facultés dans le monde environnant, et d'être « intéressé ». Surmonter l'avidité et l'égocentrisme permet donc à l'homme d'être plutôt que d'avoir et d'utiliser. »

– Erich Fromm, Espoir et révolution : Vers l'humanisation de la technique, essai traduit de l'américain par Gérard D. Khoury, Montréal : Éditions Sélect, 1982, p. 162